Beaucoup se souviennent peut-être de l’incendie du data center d’OVH à Strasbourg en mars 2021, avec ses près de quatre millions de sites internet mis à l’arrêt, et certainement un peu moins de celui du data center de Daejong en septembre 2025, qui avait pourtant mis en tilt 647 services de l’État sud-coréen, centralisés dans ce fleuron numérique au goût de cendres. Car oui, les data centers peuvent brûler et, ajouterait une petite souris malicieuse, s’ils le peuvent accidentellement et de l’intérieur, pourquoi ne le pourraient-ils pas aussi volontairement et de l’extérieur ?
Pour alimenter le débat, un nouvel exemple est venu d’Almere, métropole de 230 000 habitant.es située sur la rive opposée de la capitale hollandaise, afin de participer au banquet des imaginaires enflammés. C’est le 7 mai dernier, vers 8h30 du matin, qu’une l’alarme anti-incendie s’est déclenchée dans un des data centers du nord de la ville, provoquant l’évacuation de son personnel, le confinement de la population des alentours gavée de fumées toxiques, et l’arrivée en force des pompiers trente minutes plus tard. L’incendie du centre de données d’Almere, vite classé comme majeur et accidentel, a conduit les soldats du feu à lutter pendant près de 12 heures d’affilée contre les flammes, en affrontant le paradoxe qu’elles sont parties pile à l’endroit qui devait pourtant garantir la continuité des flux : le local technique de refroidissement situé à l’arrière des bâtiments, abritant également les groupes électrogènes de secours et ledit « système d’alimentation sans interruption » (UPS-ASI). Sans compter qu’il s’en est fallu de peu pour que les réservoirs souterrains contenant près d’un million de litres de diesel, afin de pouvoir justement alimenter ces systèmes autonomes de secours en cas de panne ou de sabotage électrique, ne finissent par être touchés à leur tour…
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