Archives de catégorie : Commentaires déplacés

« Quasiment tous conspis », vraiment ?

[Parmi les plusieurs centaines de sabotages d’infrastructures de télécommunication qui se produisent depuis 2018, il est par nature impossible de savoir qui a pu les commettre, sans compter que n’ayant pas une mentalité policière ce qui ? ne nous intéresse pas, a fortiori lorsqu’ils ont volontairement choisi de ne pas laisser de message derrière eux.
Par contre, sur la petite partie de personnes arrêtées, il y a bien entendu eu plusieurs fachos et réactionnaires comme la personne de l’Isère en avril 2021 ; un quinquagénaire « anti-5G mais pas anti-fibre optique » dans la Drôme en mars 2021 ; les deux moines intégristes du Rhône ce mois-ci ou le récent illuminé parisien carrément conspi, accusé du sabotage de 26 antennes (voir ci-dessous) ; mais également toute une diversité comme les accusés mutiques de Douai en juillet 2020, à part un bref « je suis contre la 5G, qui a des effets néfastes pour la santé et l’environnement », et chez lesquels les flics avaient retrouvé du matos d’agitation « antifasciste et anarchiste » ; un petit groupe de cinq gilets jaunes qui s’en prenait « à tout ce qui touche à l’État » dont une antenne-relais en Dordogne condamnés en mars 2021 ; un autre groupe de quatorze gilets jaunes accusés de l’incendie de neuf antennes en Alsace en septembre 2020 ; deux amis dont l’un a dénoncé «  le côté néfaste de la 5G sur la santé et sur les animaux » au procès et condamnés dans le Jura en juillet 2020 ;  les trois personnes de gôche accusées dans le Limousin en juin 2021 ; les deux amis dont l’un tendance citoyen-écolo arrêtés dans les Alpes-maritimes en juin 2020 ; bien sûr le compagnon anarchiste Boris incarcéré en septembre 2020 suite à un sabotage anonyme dans le Jura dont il a pris la responsabilité après son arrestation, et actuellement dans le coma suite à un incendie de cellule ; un gilet jaune incarcéré en juin 2019 dans le Var pour plusieurs incendies (radars, station service) dont deux antennes et dont on ne sait rien ; les trois personnes incarcérées dans les Alpes-de-Haute-Provence en avril 2019 suite à des sabotages contre des infrastructures d’énergie ou de téléphonie, et dont on ne sait rien ; ou encore ces quatre gilets jaunes de la Nièvre qui avaient cramé quatre armoires et huit pylônes de téléphonie, condamnés en décembre 2019, et dont l’un repassait seul en septembre 2021 pour deux armoires et deux antennes (voir ci-dessous).
Alors assez d’ « ineptie idéologique » qui projette et reprend à bon compte les catégories de l’Etat contre une lutte en cours, et que chacun chacune agisse de la manière qui lui semble la plus adéquate… et pour ses propres raisons, évidemment !]


Un homme de 37 ans jugé coupable d’avoir incendié des installations téléphoniques dans le Cher et la Nièvre avec des cocktails Molotov
Le Berry Républicain, 22 septembre 2021
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Albi (Tarn) : une nouvelle antenne-relais met fin à ses jours [mis à jour]

Le nombre de choses dérisoires qu’on peut  apprendre dans les flash-infos des petites stations locales entre deux tubes à la mode, un spot gouvernemental et une réclame pour la grande surface du coin, a généralement de quoi nous faire regretter le silence.

Tenez, mardi 24 août par exemple, dans le journal régional de 16h de la dénommée 100% radio, qui sévit au sein du triangle Pau-Cahors-Perpignan, on y parlait encore de l’hypermarché Géant Casino. Mais surprise, il ne s’agissait plus de promouvoir le dernier gadget flambant neuf en mode rentrée scolaire. Oh, bien sûr, il a certes encore été question de flambant… mais cette fois plutôt en mode pylône de téléphonie mobile. Car voici la dépêche succincte que le présentateur a débité à ses auditeurs pressés en ouverture du point-info régional, avec quelques jours de retard : « A la Une de l’actualité dans le Tarn, les pompiers mobilisés dans la nuit de samedi à dimanche pour un feu sur une antenne-relais à Albi, route de Millau, près du Géant Casino. L’origine du sinistre serait accidentelle. » Quant au concurrent papier de La Dépêche du Midi, il s’est contenté de rajouter dans un petit entrefilet que l’incendie s’était déclenché « vers 3h du matin ».
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La petite suggestion de Lagertha

Érigé sur la pointe nord de l’île danoise de Seeland, le majestueux château d’Elseneur a contrôlé pendant quelques siècles le détroit menant vers la mer baltique. Si ce monument fait aujourd’hui encore la fierté des habitants du coin, d’autres ne manquent pas de rappeler avec malice qu’il reste surtout connu en dehors de l’île pour avoir servi de cadre à une célèbre tragédie, de laquelle on ne retient généralement que le fait qu’ « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Qui plus est, on ne peut même pas compter sur l’actualité récente pour démentir le vieil adage shakespearien, au contraire. N’est-ce en effet pas là que le 3 juin dernier a été votée la loi permettant de dégager en masse les demandeurs d’asile du pays, en sous-traitant désormais leur « accueil » à des pays-tiers hors Union européenne le temps de l’étude du dossier (des discussions sont en cours avec l’Egypte, l’Ethiopie et le Rwanda) ? Et n’est-ce pas ce territoire du vieux continent qui a été pionnier dans l’imposition à la population d’un Coronapas dès le 21 avril, obligatoire pour les plus de 15 ans dans les cinémas, les stades, les bibliothèques, les bars ou encore… les auto-écoles et autres salons de coiffure ?

D’un autre côté, c’est également dans ce pays nordique qu’une petite suggestion anonyme a alors resurgi, offerte à tous les contestataires qui brûlent actuellement d’en finir avec ces nouvelles mesures liberticides. Une petite suggestion qui s’est même répétée par deux fois (au cas où quelqu’un n’aurait pas bien entendu) à une trentaine de kilomètres du château d’Elseneur, en touchant précisément quelque chose de pourri du royaume du Danemark et d’ailleurs. Celle-ci consiste rien moins qu’à perturber les contrôles d’identité de la police et ceux du QR code sanitaire effectués par n’importe quel autre larbin en sabotant les ondes qui connectent smartphones et tablettes à leurs indispensables bases de données en tout genre.
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Wanted interconnectés

Saarlouis, petite bourgade allemande de 35 000 habitants située à une cinquantaine de kilomètres de Metz (Moselle), ne fait pas souvent parler d’elle de ce côté-ci en dehors des manuels d’histoire. Les nostalgiques d’une France expansionniste se souviendront par exemple que cette ville-forteresse fondée par Vauban en 1680 est restée un morne poste frontalier jusqu’à la chute de l’empire napoléonien en 1815, avant de redevenir hexagonale par deux fois lors de l’occupation forcée de la région de la Sarre ayant suivi chaque guerre mondiale (1920-1935, 1945-1956). Quant aux plus autoritaires, ils écraseront certainement une larme en découvrant que Saarlouis fut la ville de naissance de Marx-père, né sujet du Royaume de France et mort sujet du Royaume de Prusse, alimentant peut-être la vindicte de son fameux rejeton contenue dans sa lettre à Engels du 20 juillet 1870 lors de la guerre franco-prussienne, quelques mois avant que la Commune de Paris ne vienne rebattre les cartes : « Les Français ont besoin d’une raclée. Si les Prussiens l’emportent, la centralisation du pouvoir d’Etat favorisera la centralisation de la classe ouvrière allemande… la suprématie allemande déplacerait [enfin] le centre de gravité du mouvement ouvrier ouest-européen en le transférant en Allemagne. »

Oubliée de beaucoup, Saarlouis a pourtant refait parler d’elle le 2 juillet dernier, lorsque le journal Bild a publié deux photos du visage d’un inconnu (masqué) en pleine action, capté par une caméra de vidéosurveillance, sous ce titre retentissant : « Prime de 2000 euros offerte. Qui connaît cet incendiaire d’antennes-relais ? ». Jusqu’alors plutôt discrète sur des faits qu’elle n’avait pu entièrement taire, et certainement lasse de faire chou blanc, c’est donc aux lecteurs d’un torchon populiste que la police a décidé de faire confiance pour l’aider dans ses recherches, n’ignorant pas qu’une bonne partie de son lectorat est justement composé des milliers d’ouvriers et de leurs familles de l’usine automobile Ford-Europe, qui fait vivre la bonne ville de Saarlouis depuis une cinquantaine d’années. Rien de nouveau sous le soleil en tout cas, puisque la pratique délatoire du journal du groupe Springer et son étroite collaboration avec la police remonte aux lointaines et tumultueuses années 60 contre les dits « groupes extraparlementaires », ce qui lui avait d’ailleurs valu de nombreux déboires, y compris explosifs.
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Roberval (Québec) : beau comme un tribunal réduit en cendres

A force de voir tant d’hommes et de femmes menottés être trimballés sans ménagement à travers d’interminables couloirs, puis partir en taule à la nuit tombée… A force d’assister à tant d’audiences en visioconférence où câbles et écrans empêchent désormais de cracher physiquement à la gueule des juges, ou de réfléchir plein de rage au bon moment pour sauter du box et tenter de prendre la poudre d’escampette… A force de contempler un bel échantillon de ce que le genre humain peut offrir de plus vil – bourreaux en uniforme, crapules en toges, journalistes consciencieux, experts de la raison du plus fort, greffiers je-ne-fais-que-mon-travail, balances repentantes… A force d’entendre les plaintes de beaux parleurs réclamer ce qu’un outil de la domination ne peut structurellement pas leur donner, à savoir la justice ou la vérité, qui plus est inexistantes au ciel comme sur terre… A force même, qui sait ?, de réflexions sur l’incompatibilité absolue entre autorité –celle qu’il incarnait si bien– et liberté… le tribunal de Roberval est parti en fumée dans la soirée du 8 mai 2021. Mais après tout, la célèbre devise du blason de cette petite bourgade québecoise située au bord du lac Saint-Jean ne professe-t-elle pas fièrement « À cœur vaillant, rien d’impossible » ?
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Monologue dans le vide de la grande antenne avant de s’éteindre

« Je veux m’en aller, je n’en peux plus de l’immobilité de ces gens, qui passent en-dessous de moi sans même me remarquer, alors qu’ils se tapent les ondes électromagnétiques que j’émets et restent les yeux fixés sur leurs smartphones comme des automates hagards, smartphones qui ne sont rien d’autre que l’outil qui les contrôle, les anesthésie et les abrutit, à leurs dépens mais pour le bien de l’Etat et des multinationales. A tout moment, de l’usine au petit tour dans le parc avec le chien, ils emmènent avec eux le bâton et la carotte de leur servitude obstinée. Il semble bien qu’ils se fichent d’être devenus complètement soumis à un rectangle de puce électronique et de couleurs à cristaux liquides. Il semble qu’ils se foutent comme de l’an quarante d’être pris pour des cobayes et des pantins, réduits à la portion congrue dans une vie gouvernée, schématisée, happée et violée par un pouvoir schizophrène qui s’érige en plus grand défenseur de la vie même, alors qu’il s’agit de défendre l’économie et les privilèges, avant de démontrer dans les faits que la vie humaine, vraie, libre et complète, vaut pour lui moins que zéro. Ces bien-pensants peu pensants que je vois défiler chaque jour dans la rues de Rome, passent à mes pieds en laissant tout passer.
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Acceptable

Nous nous sommes trompés, nous l’admettons. Mais c’était un réflexe conditionné qui a la peau dure. Ce matin, en lisant les nouvelles, nous n’avons pas pu contenir un élan de joie en apprenant que la nuit dernière, la porte d’entrée de l’Istituto Superiore di Sanità [équivalent de l‘Inserm] a été incendiée à Rome. Quelqu’un l’a aspergée de liquide inflammable et y a mis le feu, avant de disparaître. Les gardes sont aussitôt intervenus en donnant l’alerte et les dégâts sont limités, mais…

Mais ensuite, l’honorable ministre de la Santé Speranza a pensé à nous ramener les pieds sur terre, avec ses paroles admirables : «Les actes d’intimidation contre l’Institut Supérieur de la Santé sont inacceptables. L’ennemi est le virus. Pas ceux qui s’ingénient à le combattre ». Oui, c’est vrai, comment avons-nous pu l’oublier? L’ennemi est le virus – et dire que nous le savions ! Nous faisons donc amende honorable en public, et en guise de pénitence nous rappelons à nos lecteurs que :
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Suisse : des antennes flambent sous le ciel alpin

Kiesen, 22 février 2021

Quand on peut lire ici ou là qu’il existe nombre de bonnes raisons de s’en prendre aux antennes de téléphonie mobile pour les empêcher de nuire avec le monde qu’elles produisent, chacun peut bien sûr penser à toutes les variations d’idées à l’intérieur du spectre révolutionnaire (ou pas), comme au vaste marécage qui va des citoyennistes de proximité aux démocrates radicaux, jusqu’aux différents ennemis de la surveillance policière ou aux amoureux de la nature. Mais on peut surtout facilement imaginer qu’il existe autant de raisons que d’individus déterminés à passer à l’action. En Suisse comme partout ailleurs.

Le 22 février à Kiesen par exemple, c’est ainsi qu’une antenne 5G de l’opérateur Swisscom située le long du poteau d’une ligne électrique (comme souvent chez les Helvètes) a flambé vers 1h30, après que des inconnus aient mis le feu aux câbles. Les dégâts sont estimés à 30 000 francs suisses. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois, puisque cet incendie est le cinquième de ce type en trois ans dans ce canton de la capitale fédérale Berne : les antennes-relais des communes de Grosshöchstetten, Langenthal, Burgdorf, Thoune y avaient déjà été sabotées, tandis qu’en juin 2019 c’était un émetteur qui avait été soufflé à Denens dans celui voisin de Vaud.
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Même les data-centers peuvent brûler…

Une info échappée à grand’peine au milieu de l’insoutenable pesanteur quotidienne faite d’urgences et de dispositions décrétées par les autorités.

Mercredi 10 mars à 00h47, un incendie s’est déclaré à Strasbourg au sein de l’un des quatre énormes data-centers de OVH, multinationale française de web hosting (c’est-à-dire de services télématiques). Malgré le déclenchement immédiat de l’alarme et malgré que soient intervenus sur place plus d’une centaine de pompiers — avec l’aide de moyens arrivés jusque de l’Allemagne voisine —, quelques heures plus tard il ne restait plus rien du data-center SBG2. Du silicium aux cendres. Les flammes, avant d’être domptées, ont aussi durement frappé le bâtiment de SBG1, dévastant plus de la moitié de ce dernier.

Le data center totalement détruit occupait un bâtiment de 500 mètres carrés divisé en cinq étages. C’est là qu’étaient hébergés des milliers et des milliers de serveurs, qui stockaient des milliards de données (dont celles relatives à la campagne vaccinale organisée par le gouvernement français contre le covid19). Tout, ou presque, est parti en fumée, perdu pour toujours, y compris les fichiers de millions de clients. Il semble que l’incendie ait mis hors service 3.600.000 sites, pas seulement en France mais aussi en Belgique, provoquant des dégâts littéralement incalculables et irréversibles.
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Technomonde : une nouvelle cible débarque dans l’Hexagone

Comme si le déploiement en cours de la 5G ne suffisait pas, ni celui de milliers d’antennes 4G d’ici 2026 pour boucher les zones dites blanches, ou encore la multiplication des réseaux de fibre optique avec 2025 pour horizon d’une couverture totale, voici qu’un nouveau projet est en train de débarquer. Cette énième nuisance dont l’objectif est rien moins que fournir un accès à internet à haut débit sur l’ensemble de la planète jusqu’aux zones rurales les plus reculées, est en train d’être mis en œuvre à travers plus d’un millier de petits satellites artificiels lancés à 550 km d’altitude. Il est porté par Starlink, une filiale de SpaceX, l’entreprise spatiale du milliardaire américain Elon Musk. Pour donner une idée, Starlink en est déjà à son dix-huitième lancement de minisatellites depuis 2018, avec 60 supplémentaires qui devaient être mis en orbite ce 1er mars depuis Cap Canaveral en Floride.

Le technomonde interconnecté qui nous promet une survie toujours plus appauvrie et contrôlée, après avoir colonisé la mer pour ses câbles inter-continentaux, le sol pour ses dizaines de milliers d’antennes-relais, puis le sous-sol pour la fibre optique, entend donc à présent s’emparer massivement d’un des derniers espaces manquant à l’appel : le ciel. Et tant pis pour les amateurs d’étoiles dont les yeux déjà partiellement aveuglés par les lumières de la ville ne seront bientôt plus capables de distinguer les astres de ces milliers de machines électroniques qui infestent la nuit.
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Munich (Allemagne) : une évasion à la prison de Stadelheim

traduit de l’allemand de Zündlumpen, 18 février 2021

Mardi 9 février, un détenu s’est évadé de la prison munichoise de Stadelheim. Selon les médias, il s’est caché dans un camion de livraison qui avait livré des marchandises à l’intérieur, puis a quitté la prison en matinée malgré la surveillance des porcs des forces de la justice. Malheureusement, il a été repris quelques heures plus tard près du domicile familial.

En 1986, six prisonniers avaient réussi à s’évader de Stadelheim avec de fausses clés en utilisant les points faibles des portes, puis à travers un puits d’alimentation souterrain qui menait au réseau des égouts. Au début des années 90, deux prisonniers s’étaient évadés en franchissant le mur de la prison de six mètres de haut. La situation avait été favorisée par une cabane de chantier dont les prisonniers avaient su profiter. Malheureusement, l’un des deux s’était blessé au pied en sautant dans le vide, et ils avaient été repris. Selon le porc-en-chef de la taule de Stadelheim, la méthode la plus répandue pour sortir de cette prison reste toutefois de s’évader lors des « extractions », quand on est baluchoné pour se rendre par exemple au tribunal, chez le médecin, à l’hôpital, etc.
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Allemagne : les mystérieuses auto-combustions d’antennes-relais

[synthèse de la presse régionale allemande du début de l’année]

Keltern, 31 décembre 2020. Dans le Bade-Wurtemberg, une antenne-relais de 50 mètres de haut située dans la carrière de Keltern s’est enflammée vers 19h40 sur la Regelbaumstrasse, comme l’a constaté une patrouille de la brigade de maîtres-chiens de la police de Pforzheim, qui avait été appelée pour cet incendie. Il est rapidement devenu évident que le feu s’est propagé jusqu’à la partie supérieure.
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Le chiffre du jour : 170

Au cours d’une longue interview insérée dans la double-page spéciale « ultra gauche » du Figaro d’hier, le plus en plus loquace Laurent Nuñez – Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme  – s’est largement épanché sur ses fantasmes en la matière.

Dans les lunettes bornées du renseignement, ce fameux qualificatif ne se réfère bien sûr plus au conseillisme marxiste des débuts qui faisait bondir Lénine, mais constitue le grand chapeau policier utilisé pour désigner toute une frange auto-organisée contre l’État et le capital (une «mouvance»), partisane d’une méthode de lutte que les assassins en uniforme qualifient de «violente».

Employée à tout va par le pouvoir et ses perroquets en fonction des intérêts du moment (après la mode «anarcho-autonomes», «black blocs» ou «ultra-jaunes»), la catégorie d’ « ultra-gauche » a pour double fonction de nommer pour effrayer et isoler, mais aussi de disqualifier pour réprimer. Dans la petite case des gratte-papier de l’État, se trouve ainsi rentré de force quiconque serait d’après eux « à gauche de la gauche de la gauche de l’extrême-gauche », comme le disait la chanson, parce qu’il entendrait en finir radicalement avec le vieux monde en s’attelant sans attendre à cette œuvre de démolition urgente.
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Québec : contre le couvre-feu

Montréal contre-information, 11 janvier 2021

Samedi soir [9 janvier], un couvre-feu a été instauré dans les rues du Québec. C’est la restriction de mouvement la plus large et la plus intense depuis la crise d’octobre 1970. Le gouvernement Legault a donné à la police le pouvoir d’intercepter toute personne qui se trouve à l’extérieur après 20 heures et de lui imposer une amende pouvant aller jusqu’à 6 000 dollars si elle ne peut fournir une raison que les policiers jugent valable. Dans les semaines à venir, le COVID continuera de se répandre. Pendant ce temps, les sans-papiers, les sans-abri, les personnes confrontées à des situations de vie dangereuses, les travailleuses et travailleurs de l’économie souterraine et les personnes qui veulent simplement se promener la nuit – entre autres – seront harcelé.e.s par la police tous les soirs sans fin déterminée. Tout cela pour protéger le statu quo d’une économie qui nous tue, nous et la planète. Cette évolution brutale dans une ère d’expérimentation du contrôle social ne peut rester sans réponse. Il n’est pas seulement possible, il est nécessaire, de riposter.
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Paris : couper les veines de la domination, après-midi solidaire

Indymedia Nantes,
3 janvier 2021

Le 22 septembre 2020, un compagnon anarchiste, B., a été arrêté à Besançon pour avoir incendié deux antennes-relais d’opérateurs de téléphonie mobile, mais aussi de la police et de la gendarmerie, sur les hauteurs de Salins-les-Bains (Jura) le 10 avril. Depuis bientôt quatre mois, il se trouve en détention préventive à la prison de Nancy-Maxéville pour cet acte généreux, accusé en plus par une juge d’instruction d’ «association de malfaiteurs» et soupçonné de la chaleureuse destruction d’un local technique qui avait fait taire deux semaines plus tôt une autre antenne dans la capitale franc-comtoise.
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Le chiffre du jour : 159

Ne nous demandez pas pourquoi, mais l’Office of communications (Ofcom), c’est-à-dire l’autorité régulatrice des télécommunications du Royaume-Uni qui regroupe l’équivalent du CSA et de l’ARCEP hexagonaux, boucle son rapport annuel fin novembre sans attendre l’arrivée du nouvel an.

Sorti donc le 17 décembre pour vanter les merveilleux progrès du déploiement de la toile numérique et fêter l’arrivée de la 5G, ce rapport ne pouvait cette fois pas passer à côté des nombreuses destructions d’antennes-relais qui sont aussi montées en flèche outre-Manche à partir du premier confinement. Il faut dire que le fameux pragmatisme britannique n’a pas besoin comme ailleurs de se planquer derrière une fausse pudeur policière pour fournir à ses lecteurs le nombre officiel de sabotages contre ces structures particulières de la domination.
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Traverser la place, dégonfler ballon et rentrer à la maison

Indymedia Nantes, 3 décembre 2020

Point de vue sur l’après-midi d’un 28 novembre à Paris.

Samedi 28 novembre à Paris, on manifestait. Pour un monde sans keufs ? Ou bien : Pour un monde où c’est légal de filmer les keufs ? C’est-à-dire : pour un monde où les mauvais keufs sont désignés comme mauvais — donc pour un monde où en faisant la part du bon et du mauvais, on sauve la survie de ce monde avec une police dedans ? Perso, on était là pour chasser du monde tous les keufs, ce qui est la moindre des choses, la vengeance étant action minimale quand on veut vivre un monde désinfecté de toutes les milices qui prétendent agir pour nous protéger des maux qu’elles ont choisi de définir comme tels, au nom d’un bien qu’elles prétendent garantir. Bref.
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Paris : quelle liberté ?

Beau comme la Banque de France réchauffée par des flammes de la colère

De nouveaux rassemblements et « marches des libertés » se sont déroulés samedi 28 novembre un peu partout contre la proposition de loi « sécurité globale » (adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 24 novembre), notamment à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Reims, Rouen, Toulouse, Brest, Caen, Rennes, Limoges, Périgueux, Strasbourg. Soit entre 130 000 et 500 000 manifestants en tout selon le bord des petits comptables de masse. Dans la capitale, la manifestation de dizaines de milliers de personnes, initialement interdite au prétexte du covid puis autorisée sur le parcours convenu des défilés de gôche entre les places de la République et de Bastille, était à l’initiative du collectif « Stop loi sécurité globale », composé de syndicats de journalistes, d’ONG droitsdelhommistes et autres crapules politiciennes. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu, au grand dam des organisateurs.
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La santé, à vos ordres !

« Aucun peuple, aussi docile soit-il par nature et aussi habitué qu’il puisse être à obéir aux autorités, ne se résignera volontiers à s’y soumettre; pour cela, une contrainte permanente est nécessaire; cela veut dire que sont nécessaires la surveillance policière et la force militaire. »
— Michel Bakounine

S’il est vrai que le langage crée le monde où nous vivons, et aide à le comprendre, alors ce qui nous attend est un monde terrible, comme peut l’être un monde dans lequel le militarisme –et par conséquent la guerre– sont les aspects prépondérants.
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Chili : Souder les chaînes en temps de ruptures

Souder les chaînes en temps de ruptures
Une perspective anarchiste face au processus constituant au Chili
traduit de l’espagnol de Indymedia Barcelone, 22 octobre 2020

À un an de la révolte qui a secoué octobre [2019], nous nous rebellons contre tout début et toute fin, nous rejetons l’idée d’une date commémorative qui se dissoudrait dans les eaux de l’Histoire et dont on ferait périodiquement usage comme d’un trophée que l’on dépoussière pour rappeler et vivre, toujours au passé, l’aspect supposément ponctuel de la subversion et la segmentation d’un antagonisme réel. Loin des options du pouvoir et de sa voie institutionnelle pour se relégitimer, la seule chose qui reste, qui n’a pas de prix et n’est pas quantifiable, c’est l’expérience de projeter et de se projeter dans des chemins de négation antagonique à un monde de mensonges, de domination, de misère et de lois.
Face à la révolte, le référendum et la situation judiciaire: Communiqué de prisonnier-e-s de la guerre sociale pour la destruction de la société carcérale
Octobre 2020/Prison de Haute Sécurité, Prison de Santiago 1, Prison de San Miguel.

Une esquisse du contexte

Le 18 octobre 2019, sur le territoire dominé par l’État chilien, a commencé l’une des révoltes les plus étendues et catégoriques que l’on ait vue ait vue au cours des dernières décennies. Tout débute dans le contexte d’un ensemble de protestations contre la hausse du billet de métro. Ces mobilisations, réalisées principalement par des lycéen-ne-s, ont été brutalement réprimées dès le début.
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Le pire des virus… l’autorité

[Un tract sorti le 13 mars dernier à Paris, quatre jours avant le premier confinement du printemps. A (re)lire en cette veille du second prévu pour durer jusqu’au 1er décembre minimum.]

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Le décompte macabre des décès augmente de jour en jour, et dans l’imaginaire de chacun prend place la sensation, d’abord vague puis toujours un peu plus forte, d’être toujours plus menacé par la Grande Faucheuse. Pour des centaines de millions d’êtres humains, cet imaginaire n’est certainement pas nouveau, celui de la mort qui peut s’abattre sur n’importe qui, n’importe quand. Il suffit de penser aux damnés de la terre sacrifiés quotidiennement sur l’autel du pouvoir et du profit : ceux et celles qui survivent sous les bombes des États, au milieu de guerres infinies pour le pétrole ou pour les ressources minières, ceux et celles qui cohabitent avec la radioactivité invisible provoquée par des accidents ou des déchets nucléaires, ceux et celles qui traversent le Sahel ou la Méditerranée et qui sont enfermés dans des camps de concentration pour migrants, ceux et celles qui sont réduits à des morceaux de chair et d’os par la misère et la dévastation générées par l’agro-industrie et l’extraction de  matières premières… Et même dans les terres que l’on habite, à des époques pas très lointaines, on a connu la terreur des boucheries à échelle industrielle, les bombardements, les camps de mort… toujours créés par la soif de pouvoir et de richesse des États et des patrons, toujours fidèlement mis en place par des armées et des polices…

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Enchaînés à la couronne

[Un texte sorti le 14 mars dernier, trois jours avant le premier confinement du printemps. A (re)lire en cette veille du second prévu pour durer jusqu’au 1er décembre minimum.]

« La tyrannie la plus redoutable n’est pas celle qui prend figure d’arbitraire, c’est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité. »
A. Libertad, 1907

Avec l’épidémie passagère de Covid-19 qui se propage à travers le monde et les mesures drastiques qui s’enchaînent les unes après les autres de la Chine à l’Italie, une des premières réflexions qui vient en tête est de se demander qui de la poule de l’autorité ou de l’œuf de la soumission est actuellement en train de faire le plus de dégâts. Cette brusque accélération étatique de contrôles, d’interdictions, de fermetures, de militarisation, d’injonctions, de bombardements médiatiques, de zones rouges, de priorisation des morts et des souffrances, de réquisitions, de confinements en tous genres –typiques de n’importe quelle situation de guerre ou de catastrophe–, ne tombe en effet pas du ciel. Elle prospère sur un terrain largement labouré par les renoncements successifs des braves sujets de l’État à toute liberté formelle au nom d’une sécurité illusoire, mais aussi sur la dépossession généralisée de chaque aspect de notre vie et la perte d’une capacité autonome des individus à penser un monde complètement différent de celui-ci.
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