Archives de catégorie : Lettres de prison

Malandrinos (Grèce) : sur la situation de Giannis Mihailidis & une lettre de prison

Thessalonique (Grèce), 3 juin : blocage de rue en solidarité avec Giannis Mihailidis

[reçu par mail, 3 juin 2022]

Solidarité avec Giannis Mihailidis, en grève de la faim
depuis le 23
mai !

Lundi le 23 mai, l’anarchiste Giannis Mihailidis détenu à la prison de Malandrinos en Grèce, entame  une grève de la faim pour obtenir sa libération conditionnelle. Dans une lettre qui annonce sa grève de la faim, il souligne, entre autres, que cette lutte pour sa liberté s’inscrit dans la lutte élargie contre l’État et le Capital, de laquelle son long emprisonnement l’a coupé.

Afin de soutenir cette initiative dans les rues, de nombreuses actions variées sont organisées sur tout le territoire grec. Pour que cet énième épisode de la lutte de notre compagnon ne soit pas passé sous silence, un appel à la solidarité internationale est lancé. Bien que nous sommes convaincus que la meilleure solidarité sera toujours de poursuivre et d’approfondir nos combats, nous pensons qu’il est utile d’observer de plus près l’histoire de la lutte de Giannis, l’hostilité avec laquelle il voit l’existant et les idées de liberté qu’il a toujours porté en lui des deux côtés des murs de la prison. Nous nous reconnaissons dans les réflexions de son parcours turbulent de révolte.  C’est l’occasion d’accompagner notre compagnon de manière plus franche pour un fragment de son combat, en utilisant les moyens que chacun choisit pour soi-même.

Vous trouverez ci-dessous un bref résumé de l’histoire de Giannis avec les autorités, ainsi qu’un lien vers sa lettre initiale annonçant sa grève de la faim, traduite vers l’anglais, l’allemand, l’italien, le français et l’espagnol. Nous encourageons la diffusion de cet appel à la solidarité auprès d’autres camarades et espaces.
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Libre Flot sort de prison !

Libre Flot a mis fin à sa grève et est libéré « pour raison médicale »
soutien812.blackblogs.org, 7 avril 2022

Deux lettres de Libre Flot des 4 et 7 avril :

« Alors que ces presque 16 mois de détention en isolement m’ont laissé beaucoup plus de séquelles à la fois physiques mais surtout mentales et psychologiques que 10 mois de guerre en Syrie,

Alors même que j’ai survécu à la libération de Raqqa, face aux troupes de Daesh défendant bec et ongles la capitale de leur califat,

Je reste estomaqué, non seulement de la censure qui est faite autour de ma situation, mais surtout devant le silence vis-à-vis de ma légitime et raisonnable requête, de la part du gouvernement français, du Parquet National Anti-Terroriste, du juge d’instruction Jean-Marc Herbaut, démontrant ainsi leur choix de me laisser mourir !

Pourtant en ce jour d’anniversaire, après 36 jours de grève de la faim, au moment où mon état de santé devient plus hasardeux que jamais, je fais le choix de la vie comme une renaissance, une nouvelle vie qu’accompagne ce printemps et tourne le dos à un potentiel dénouement fatal. Ce 4 avril 2022, à 18h, j’ai décidé de me réalimenter.
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Bois d’Arcy (Yvelines) : Libre Flot en grève de la faim

Des nouvelles de la grève de la faim de Libre Flot
soutienauxinculpeesdu8decembre, 11 mars 2022

Libre Flot a démarré la grève de la faim dimanche 27 février 2022, on peut lire ses revendications ici [voir ci-dessous].

Depuis il ne consomme que de l’eau et du thé, il a cantiné des kubor et des jus de fruits pour compléter et avoir des apports nutritionnels. Il refuse systématiquement les plateaux repas qui lui sont apporté chaque jour. Nous avons pu lui transmettre des conseils pour tenir.

Il a eu dés le premier jour la visite du directeur de la prison, depuis il a des rendez vous régulier avec une médecin qui prend sa tension, vérifie son poids etc… son rythme cardiaque a diminué de moitié, il a donc décidé d’arrêter de faire du sport (c’est à dire marcher sur un tapis) depuis le 9 mars et de sortir en « promenade » (une cage de 20m2 sur les toits de la taule) à cause du froid. Lire la suite

Une lettre de Boris depuis la prison : « Pourquoi j’ai cramé les deux antennes du Mont Poupet »

Pourquoi j’ai cramé les deux antennes du Mont Poupet

Salut, moi c’est Boris. Cela fait maintenant 9 mois que je suis incarcéré au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville pour l’incendie de deux antennes-relais dans le Jura en avril 2020.

Si je me décide seulement maintenant à écrire quelques mots publics autour de mon affaire, c’est notamment lié au fait que l’État vient de me juger et il me semble vital de coucher sur le papier mes impressions et mes rages contre ce techno-totalitarisme qui ne s’estompent absolument pas depuis que je suis enfermé. Bien au contraire.

Alors que les États s’accordaient pour museler la population en la sommant de rester sagement chez elle sous prétexte d’endiguer la pandémie de covid-19, des vagues de sabotages ont déferlé en France et en Europe (Pays-Bas, Angleterre, Italie,..) contre les infrastructures de la domination technologique (antennes-relais, réseaux souterrains de fibre optique, centrales électriques…) D’Est en Ouest, du Sud au Nord de l’hexagone, des pylônes ont été abattus, leurs câbles sectionnés et pour la plupart carbonisés par dizaines, interrompant les télécommunications, la géolocalisation des téléphones portables et l’espionnage de celles et ceux dans le viseur des organes de la répression.

Au moment de rédiger ces quelques lignes, ces sabotages contre les réseaux télécom continuent de plus belle, même si la domination a tout intérêt à les dissimuler ou les minimiser. Parfois, l’ampleur des destructions est telle qu’il leur est impossible de les mettre en sourdine comme l’incendie d’un relais TDF dans les Bouches-du-Rhône début décembre 2020 ou encore le sabotage incendiaire revendiqué à coté de Limoges pour commencer l’année 2021 avec de bonnes résolutions.

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Petrou Ralli (Grèce) : une première lettre d’Errol depuis le centre de rétention

[Errol a été arrêté le 6 décembre dans le quartier d’Exarcheia à Athènes, suite à un rassemblement pour les 12 ans de l’assassinat policier d’Alexis Grigoropoulos et du soulèvement qui en a suivi (2008), rassemblement interdit à plus de quatre personnes au prétexte du covid. Anarchiste de nationalité française qui vit en Grèce, il se trouve actuellement incarcéré à Tavros, dans le centre de pré-expulsion pour étrangers de Petrou Ralli]

Lettre d’Errol depuis Petrou Ralli
Indymedia Athènes, 10 décembre 2020

Ces derniers temps, l’État montre un visage plus agressif et autoritaire avec la création de nouvelle unités de police (Drasi/Delta, Mavri Panthires) et la répression s’intensifie (expulsion de squats, opération anti-terroriste, loi interdisant les manifestations, augmentation à 18 mois de la durée de rétention des migrants, etc.).
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Hambourg (Allemagne) : une lettre des trois compagnon.ne.s du Banc public

[reçu par mail, revu et corrigé à partir de l’original]

En septembre 2020 nous avons organisé à Marseille une discussion autour d’une affaire répressive à Hambourg, dans laquelle trois anarchistes sont accusés du transport de matériel incendiaire et de préparer plusieurs attaques. L’arrestation a eu lieu en juillet 2019 et depuis lors, deux d’entre eux sont incarcérés, tandis que la troisième compagnonne est en liberté conditionnelle. Leur procès a commencé en janvier 2020 et devrait se terminer début novembre 2020. (Pour plus d’informations, voir ce site web. Ndlr : Le procureur a demandé 3 ans et demi pour l’un et 3 ans pour les deux autres. Le verdict est prévu pour le 5 novembre). L’événement que nous avons organisé ne visait pas seulement à échanger des informations sur l’opération répressive, puisqu’il voulait surtout retracer le parcours de lutte – les interventions, les perspectives, les projets et les publications – avec lequel les anarchistes de Hambourg ont approfondi le conflit social au cours des dix dernières années. Nous avons demandé à ces trois compagnons d’écrire une contribution à cet événement, que vous trouverez ci-dessous.

Chers compagnons,

Nous sommes heureux de vous envoyer quelques mots de salutations et de réflexions. Nous apprécions l’initiative de parler des luttes et des interventions anarchistes de ces dernières années à Hambourg. Celles-ci sont importantes pour nous, et c’est aussi le contexte dans lequel la répression nous a frappés : en tant qu’anarchistes, nous sommes actuellement emprisonnés et accusés dans un procès toujours en cours.
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Toulouse : lettre de deux personnes de la MAF de Seysses

Toulouse- Lettre de 2 personnes de la MAF de Seysses
Indymedia Nantes, 20 octobre 2020

Le 26 septembre 2020,
à la MAF (Maison d’arrêt des femmes) de Seysses

Salut le dehors,

On vient d’achever une semaine de flou, d’inquiétude et d’incertitude, par rapport à nos choix (avoir tenu les identités, nié les faits, accepté la compa, refusé l’adn et la signalétique…)

Mais aussi en partie grâce au précieux soutien de l’extérieur, nous tenions à réaffirmer ces choix qui ont été difficiles à prendre à 7 sans communications ni avocat.

Nous ne sommes pas là JUSTE pour des tags et des affiches.
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Carla extradée, une première lettre

Indymedia Nantes, 25 août 2020 (extrait)

Mardi 25 août 2020, Carla, arrêtée le 26 juillet dernier, a finalement été extradée en Italie. Elle est désormais incarcérée à la prison de Vigevano, près de Milan, en module AS3 (alta sicurezza 3).
Cette section d’isolement haute sécurité était initialement réservée aux détenu-es accusé-es d’appartenir à la mafia. Depuis la fermeture de [la section AS2 de la prison de] l’Aquila, les sections AS2, réservées aux détenu-es considéré-es comme politiques par l’État, n’existent quasiment pas pour les femmes, hormis Rebbibia (Rome) où sont Flavia et Anna. Cette dernière n’y est que pour quelques semaines car le choix de l’État Italien est de dispatcher les compagnonnes, c’est pourquoi la plupart, dont Carla, se retrouvent en AS3.
Carla a écrit une lettre depuis la prison de Fresnes que nous reproduisons ci-dessous.
Continuons à lui écrire et à lui exprimer notre solidarité !

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Chili : une lettre de Mónica depuis la prison de San Miguel (mis à jour)

traduit de l’espagnol de Contrainfo, 2 août 2020

Santiago du Chili, début août 2020

Prison de San Miguel,
31 juillet 2020

Compagnon.ne.s, ami.e.s et proches,

Je vous écris à nouveau depuis une cellule. Je suis enfermée dans la prison de San Miguel, et resterai isolée pendant 14 jours selon le protocole de prévention de la contagion de la Covid-19, ensuite ils décideront dans quel régime me classer et me placeront dans un module définitif.
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Fresnes/Op. Bialystok : une lettre de Roberto avant son extradition

[Roberto a été arrêté le 12 juin dernier à Saint-Victor-sur-Loire dans le cadre de l’opération anti-terroriste italienne Bialystok. Cinq personnes avaient été arrêtées simultanément dans le squat Bencivenga à Rome, une personne à Almeria en Espagne et Roberto à Saint-Étienne. Voici sa deuxième lettre publique, écrite depuis le Centre pénitentiaire de Fresnes (94), quelques jours avant son extradition le 28 juillet vers la prison de Rebibbia à Rome.

Opération Bialystok : une lettre de Roberto depuis le centre pénitentiaire de Fresnes
Le Numéro zéro, 24 juillet 2020
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