
À l’ouest de Reutlingen, ville de quelque 120.000 habitants située à quarante kilomètres de Stuttgart (Bade-Wurtemberg), la sous-station électrique de Betzingen a été sabotée vers 1h45 dans la nuit de dimanche à lundi 8 juin. Le grillage a été découpé, et trois foyers d’incendie ont été volontairement allumés contre des câbles et des transformateurs de haute en moyenne tension, gérés conjointement par les opérateurs Netze BW et FairNetz. Environ 200 pompiers ont été dépêchés sur place, mettant près de cinq heures pour parvenir à éteindre ces brasiers.
Des dizaines de milliers de personnes ont été immédiatement privées d’électricité, avant que ce nombre ne redescende à 7500 foyers dans la journée de lundi, et que l’ensemble ne soit à nouveau rebranché que mercredi 10 juin. Les dégâts sont estimés à plusieurs millions d’euros, et les travaux de réparation mettront de nombreux mois. Mais le plus alarmant pour tout le beau monde qui s’est étalé en torrents d’indignation, c’est qu’un complexe industriel, celui de Bosch employant 10 000 personnes et situé justement dans cette bonne ville de Reutlingen et sa banlieue de Kusterdingen, n’a pu redémarrer ses activités nuisibles que bien plus tard, et ce uniquement dans certains secteurs (comme la logistique), grâce à des générateurs d’urgence. Un complexe d’usines sensibles, au sein desquelles les esclaves salariés travaillent au développement et à la production de semi-conducteurs et d’unités de contrôleurs électroniques…
Rappelons que Bosch, qui se présente comme un leader mondial des puces électroniques, développe et fabrique des semiconducteurs depuis plus de 50 ans sur son site de Reutlingen. Les semi-conducteurs qu’elle y fabrique comprennent des circuits spécifiques (Asics), des capteurs Mems et des semiconducteurs de puissance, tandis que l’espace des salles blanches nécessaires pour fabriquer ces puces est passé d’environ 35 000 mètres carrés à plus de 44 000 mètres carrés entre 2022 et fin de 2025.
Bref, on comprend un peu mieux pourquoi ce sont le bureau d’enquête criminelle (LKA) et le centre de protection et de lutte antiterroriste de la région du Bade-Wurtemberg qui ont été chargés de l’enquête, pour « incendie criminel contre X », tandis qu’aucune revendication n’est sortie à ce jour, plongeant encore davantage les fins limiers dans le noir…
[Synthèse de la presse allemande, 8-10 juin 2026]



