Mérignac (Gironde) : saccage en règle du chantier du centre de rétention


Les bâtiments du futur centre de rétention administrative
de Mérignac vandalisés

Sud-Ouest/France Info, 19/20 janvier 2026

Grillage découpé, système de vidéosurveillance anéanti, vitres étoilées, câbles électriques arrachés, canalisations d’eau endommagées, carrelage brisé, murs dégradés, mousse expansive déversée dans des siphons, etc. Le ou les auteurs qui ont vandalisé les bâtiments du futur centre de rétention administrative (CRA) de Mérignac ont dévasté une grande partie du site.

Selon les premières constatations faites lundi matin, la quasi-totalité des panneaux vitrés, de type pare-balles, et du carrelage du bâtiment ont été fissurés. Plusieurs gaines électriques ont été également sectionnées, détaille le parquet. Le préjudice est estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Le saccage a été découvert ce lundi 19 janvier, en début de matinée, par les ouvriers qui s’apprêtaient à attaquer leur journée de travail. Plusieurs responsables du groupement d’entreprises œuvrant à la construction se sont déplacés pour constater l’ampleur des dégradations et ont immédiatement alerté la police.

Les experts de la police technique et scientifique ont passé les lieux au peigne fin pour tenter de relever de précieux indices. L’enquête a été confiée à la Division de la criminalité territoriale (DCT).

Du retard à prévoir ?

Les investigations s’annoncent difficiles. Le futur CRA a fait polémique dès la désignation du site, fin 2022. D’abord prévu dans la commune de Pessac, c’est finalement Mérignac, dans le Bioparc, allée Charles-Darwin, entre la rocade et le parc cimetière, qui accueillera le centre disposant de 140 places, dont 14 réservées aux femmes, sur un terrain de 2,4 hectares. Y seront hébergés des étrangers en situation irrégulière faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. Ils seront retenus dans l’attente de leur expulsion définitive du territoire national.

Dès 2023, des collectifs de citoyens ont manifesté leur désapprobation à plusieurs reprises, évoquant des craintes environnementales, bien que le chantier soit accompagné par un écologue garant « de l’aspect vertueux écologiquement et de sa bonne insertion dans le Bioparc », rassurait la préfecture en février 2025.

Le futur CRA devait être livré et mis en service initialement début 2026. La préfecture a ensuite retardé l’échéance au 2e trimestre. Les événements survenus au cours du week-end dernier n’ont pas modifié le calendrier officiel, si on s’en tient aux dernières déclarations de la préfecture.

Le préfet condamne avec la plus grande fermeté cet acte et indique que « l’évaluation des dégradations et leur coût sont en cours ». Il serait, semble-t-il, d’ores et déjà estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros. Une plainte a été déposée auprès du parquet de Bordeaux par l’entreprise attributaire du marché.