Archives de catégorie : Répression

Guadeloupe : l’Etat se venge contre les émeutiers

Plus d’une centaine d’arrestations et de condamnations
depuis le début du conflit

Guadeloupe la 1ere, 27 novembre 2021 (extrait)

Huit jours après le début de l’escalade sociale, le parquet de Pointe-à-Pitre communique sur un premier bilan des procédures judiciaires engagées contre les personnes qui se sont rendues coupables de délits sur le terrain.

Après une « première vague » consacrée aux pillages, le ressort se penche désormais sur les délits commis sur les barrages : 51 personnes dont 9 femmes ont été présentés à ce jour devant la justice et 17 personnes ont été incarcérées. Les autres, pour la plupart ont été condamnées à des peines à domicile.
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Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) : ardoises de toiture vs distributeurs de billets

Saint-Brieuc : il détruit une douzaine de distributeurs de billets « pour s’en prendre au capitalisme »
Le Télégramme/France bleu, 29 octobre 2021 (extraits)

Un Costarmoricain a été interpellé ce jeudi 28 octobre à Saint-Brieuc après avoir détruit « a minima » douze DAB (distributeurs automatiques de billets) entre le 24 et le 28 octobre à Saint-Brieuc, Trégueux et Ploufragan. Le quinquagénaire est également soupçonné d’avoir dégradé une dizaine d’horodateurs. Le tout pour un préjudice de plusieurs milliers d’euros. Pour détériorer ce matériel, le vandale bien connu des services de police, utilisait des ardoises de toiture.

Celui qui revendique « s’en prendre au capitalisme » d’après une source policière, aurait principalement visé des distributeurs du Crédit Agricole… Ce jeudi en fin de soirée, vers 22 heures, les policiers de la BAC nuit de Saint-Brieuc ont arrêté cet homme avant de le placer en garde à vue.  Il a été condamné à sept mois de prison et incarcéré à l’issue de son jugement sur reconnaissance préalable de culpabilité, ce vendredi 29 octobre à Saint-Brieuc,a près avoir expliqué aux enquêteurs avoir voulu « dénoncer des injustices sociales ». Préjudice pour les banques : des factures de réparation allant de 200 € à 2000 € par distributeur.

Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) : la seule folie serait de ne pas le faire

Jugé pour l’incendie de voitures de gendarmes
Ouest France, 20 octobre 2021

Un jeune homme de 26 ans a été condamné, hier, par le tribunal de Saint-Nazaire pour l’incendie de six voitures de gendarmes et de civils à Saint-Brevin-les-Pins et Pornic, en 2020.

Affalé contre l’une des vitres en plexiglass de son box, le prévenu se fait rappeler à l’ordre par la présidente du tribunal de Saint-Nazaire. C’est un homme de 26 ans, le visage fatigué, les cheveux en pagaille, qui se redresse mollement en fixant les juges. À toutes les questions qui lui sont adressées ce mardi, il répond « je ne me souviens pas », « je ne sais pas » ou encore « je réfléchis ». Il est accusé d’avoir incendié six voitures de gendarmes et de civils en 2020.
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« Quasiment tous conspis », vraiment ?

[Parmi les plusieurs centaines de sabotages d’infrastructures de télécommunication qui se produisent depuis 2018, il est par nature impossible de savoir qui a pu les commettre, sans compter que n’ayant pas une mentalité policière ce qui ? ne nous intéresse pas, a fortiori lorsqu’ils ont volontairement choisi de ne pas laisser de message derrière eux.
Par contre, sur la petite partie de personnes arrêtées, il y a bien entendu eu plusieurs fachos et réactionnaires comme la personne de l’Isère en avril 2021 ; un quinquagénaire « anti-5G mais pas anti-fibre optique » dans la Drôme en mars 2021 ; les deux moines intégristes du Rhône ce mois-ci ou le récent illuminé parisien carrément conspi, accusé du sabotage de 26 antennes (voir ci-dessous) ; mais également toute une diversité comme les accusés mutiques de Douai en juillet 2020, à part un bref « je suis contre la 5G, qui a des effets néfastes pour la santé et l’environnement », et chez lesquels les flics avaient retrouvé du matos d’agitation « antifasciste et anarchiste » ; un petit groupe de cinq gilets jaunes qui s’en prenait « à tout ce qui touche à l’État » dont une antenne-relais en Dordogne condamnés en mars 2021 ; un autre groupe de quatorze gilets jaunes accusés de l’incendie de neuf antennes en Alsace en septembre 2020 ; deux amis dont l’un a dénoncé «  le côté néfaste de la 5G sur la santé et sur les animaux » au procès et condamnés dans le Jura en juillet 2020 ;  les trois personnes de gôche accusées dans le Limousin en juin 2021 ; les deux amis dont l’un tendance citoyen-écolo arrêtés dans les Alpes-maritimes en juin 2020 ; bien sûr le compagnon anarchiste Boris incarcéré en septembre 2020 suite à un sabotage anonyme dans le Jura dont il a pris la responsabilité après son arrestation, et actuellement dans le coma suite à un incendie de cellule ; un gilet jaune incarcéré en juin 2019 dans le Var pour plusieurs incendies (radars, station service) dont deux antennes et dont on ne sait rien ; les trois personnes incarcérées dans les Alpes-de-Haute-Provence en avril 2019 suite à des sabotages contre des infrastructures d’énergie ou de téléphonie, et dont on ne sait rien ; ou encore ces quatre gilets jaunes de la Nièvre qui avaient cramé quatre armoires et huit pylônes de téléphonie, condamnés en décembre 2019, et dont l’un repassait seul en septembre 2021 pour deux armoires et deux antennes (voir ci-dessous).
Alors assez d’ « ineptie idéologique » qui projette et reprend à bon compte les catégories de l’Etat contre une lutte en cours, et que chacun chacune agisse de la manière qui lui semble la plus adéquate… et pour ses propres raisons, évidemment !]


Un homme de 37 ans jugé coupable d’avoir incendié des installations téléphoniques dans le Cher et la Nièvre avec des cocktails Molotov
Le Berry Républicain, 22 septembre 2021
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Besançon (Doubs) : Y a pas que leurs outils de techno-surveillance dans nos vies, y a les poukaves aussi

Indymedia Lille, 15 septembre 2021

A l’heure du déploiement de la 5G, la lutte contre cette société de contrôle continue de plus belle. Les attaques contre les antennes de télécommunication ou les entreprises qui y participent aussi : en France, plus d’une centaine de sabotages ont été recensés depuis mars 2020.
De quoi foutre en rogne cette société capitaliste et l’Etat qui la protège. La vague répressive ne connaît pas de trêve, et les flics utilisent tous les outils de surveillance technologique à leur disposition pour tenter de réprimer et étouffer tout soupçon de révolte.

Depuis l’année dernière, une trentaine de personnes ont été perquisitionnées, mises en examen ou incarcérées pour des sabotages d’antennes-relais. C’est le cas de Boris, un compagnon anarchiste qui a été envoyé en taule à Nancy en septembre 2020 pour l’incendie de deux d’entre-elles dans le Jura, et se trouve aujourd’hui à l’hôpital suite à un incendie dans sa cellule. Dans une lettre écrite depuis la prison, il évoque les dispositifs utilisés par les flics et les gendarmes pour épier son quotidien lors de l’enquête : valises imsi catcher, cameras devant un domicile, gps sous les voitures de ses proches, écoutes et géolocalisation en direct, civils du GIGN (venus de Versailles) en filature et en planque, demandes de poses de micro dans un domicile et dans le muret d’un parc où il retrouvait régulièrement des amis, saisies discrètes de capsules de bière laissées dans l’espace public,…

A Besançon, quelques mois après l’incarcération de Boris, au moins deux personnes ont été approchées par les flics depuis le début de l’année 2021. Si on ne sait pas ce qu’il en est de la première, la seconde a en tout cas été sollicitée plusieurs fois. Coup classique, un chantage aux papiers combiné comme souvent à l’isolement, la précarité, d’éventuelles casseroles judiciaires, ou simplement le fait que ces personnes gravitent en périphérie des cercles militants anarchistes.
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Le chiffre du jour : + 1,5 milliards d’euros

L’argent magique vire au bleu

Après huit mois de concertation et de multiples tables rondes, Emmanuel Macron a clôturé le Beauvau de la sécurité par un discours, mardi 14 septembre à Roubaix. Le président de la République a notamment parlé de la formation des forces de l’ordre, de son souhait de « simplifier drastiquement » la conduite des enquêtes ou encore d’un allongement des moyens en faveur des policiers et des gendarmes. A l’occasion d’un véritable inventaire à la Prévert, il a coché toutes les cases ou presque des revendications policières, jusqu’à susciter l’engouement de Fabien Vanhemelryck, patron du syndicat Alliance, notoirement critique à l’endroit du président de la République. « C’est conforme à nos attentes, il a répondu à toutes nos sollicitations, on dit banco », s’est félicité sans détour le leader syndical, sitôt achevée la déclaration présidentielle.

Pour financer toutes ces mesures prises dans le cadre du Beauvau de la sécurité, le locataire de l’Elysée a annoncé le déploiement d’un budget supplémentaire de 500 millions d’euros en 2022. Au total, le budget du ministère de l’intérieur augmentera de 1,5 milliard d’euros en 2022, a annoncé M. Macron en présentant les conclusions de cette vaste concertation sur la sécurité. Les 500 millions d’euros constituent une rallonge par rapport à la hausse de 900 millions annoncée par le premier ministre Jean Castex à la fin du mois de juillet.
(Le Monde, 14 septembre 2021 – extrait)

Toulouse : Action au siège de l’UMP en 2015, procès en 2021

Action au siège de l’UMP en 2015, procès en 2021
IAATA, 8 septembre 2021

Le 14 avril 2015 le siège de l’UMP était expulsé, en réaction aux expulsions à Calais. Six ans plus tard au terme de 3 ans d’instruction, le 14 septembre 2021 (à 14h au TGI de Toulouse), deux personnes passeront en procès pour cette action. Elles sont accusés de dégradations en réunion. Une présence solidaire sera bievenue.

Il y a plus de six ans, par une belle après-midi d’avril 2015, une dizaine de personne masquées pénétraient dans les locaux de feu l’UMP. En solidarité avec les exilés subissant les violences de l’état et de la mairie UMP à Calais, cette troupe de joyeux lurons expulsait à son tour ce sinistre parti politique. En quelques minutes, du mobilier et des documents se retrouvaient sur le trottoir, deux tags étaient inscrits sur la façade et des tracts distribués. Le lendemain dans la journée un texte relatant l’action et diffusant le tract était diffusé sur internet.
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Hambourg (Allemagne) : une analyse du dossier des « Trois du banc public »

Espionnages et autres désagréments
traduit de l’allemand de de.indymedia, 29 août 2021

Une analyse de la mise sous observation et de la surveillance des trois anarchistes condamné-e-s dans le dit « Procès du banc-public ».

Dans le texte qui suit nous voulons essayer de résumer les surveillances et les mesures d’investigation autour de la « procédure du banc-public » ainsi que d’expliciter certains points qui peuvent être importants pour des personnes grandement intéressées à préserver leur sphère privée.

Nous voulons d’abord souligner que tout ce qui suit est basé sur les dossiers des keufs et sur les conclusions que nous en avons tirées. De par sa nature même, l’appareil sécuritaire ne montre pas volontiers son jeu et même dans les procédures criminelles, il ne présente ouvertement que les éléments de ses rapports qu’il croit absolument indispensables. La publication de tous les procès-verbaux de surveillances demandée par les avocat-e-s a été, comme attendu, refusée. Par conséquent, nos comptes-rendus sont aussi incomplets. Tirez en vos conclusions et vos enseignements, mais ne considérez rien comme des vérités établies – nous racontons ici une histoire que les keufs ont compilée dans un dossier !
Dans un souci de simplification nous caractériserons les accusé-e-s comme personne 1, 2 et 3, dans leur ordre d’apparition en scène.
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Belgique : Retour sur le jugement contre des anarchistes en novembre 2020

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(avec un peu de retard : Bulletin #3 – Avril 2021)

À partir de 2008, l’État belge a mené une vaste enquête visant les luttes multi-formes – mais toujours sans concessions – qui s’attaquaient aux centres fermés, aux frontières, aux prisons et ce monde basé sur l’autorité et l’exploitation. Dans son collimateur : la bibliothèque anarchiste Acrata, des publications anarchistes et anti-autoritaires (Hors Service, La Cavale et Tout doit partir), des dizaines de tracts et affiches, une bonne centaine d’actions, d’attaques et de sabotages… bref, la lutte contre le pouvoir sous ses différentes expressions.

Dans un premier temps, une douzaine de compagnons étaient poursuivis pour « participation à un groupe terroriste ». Après des années d’errance dans le vide juridique, c’est finalement en 2020 que la Cour d’Appel a condamné 8 inculpés à des peines de prison avec sursis et des suspensions des peines. Un autre procès est en suspens. Il concerne 7 compagnons et l’inculpation principale est « incitation à commettre des crimes et des délits ».

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Nancy : quelques infos sur la situation de Boris et procès en appel

Nancy/Besak : quelques infos sur la situation de Boris
Indymedia Nantes, 7 juillet 2021

Le 10 avril 2020 pendant le premier confinement, le compagnon anarchiste Boris a incendié dans le Jura deux antennes de téléphonie mobile des quatre opérateurs télécoms, hébergeant aussi les communications de la police et de la gendarmerie. Comme il l’a lui-même expliqué depuis la prison où il est maintenant incarcéré depuis dix mois : « L’heure est à l’accélération des flux et des données, à la connectivité des objets du quotidien pour contrôler, écouter, tracer, et espionner toujours plus, rendre l’être humain sans cesse plus esclave de la machine. C’est tout cela que la domination appelle « progrès », « civilisation ». En réalité, ce projet de société a tout de dystopique. Face à ce quadrillage du numérique, il n’y a pas 36000 solutions. Il me semble nécessaire de dépasser le stade de la critique et d’agir ici et maintenant, en reliant les idées aux actes (…). Je fais partie de celles et ceux qui, au premier retentissement de l’ordre étatique et sanitaire, ont refusé de s’enfermer chez elle/eux et sont sorti-e-s pour s’attaquer directement à un des piliers de la domination » (Pourquoi j’ai cramé les deux antennes du Mont Poupet, juin 2021).

Incarcéré depuis septembre 2020 à la prison de Nancy-Maxéville après des mois d’enquête et sur la base d’un ADN retrouvé sur place, Boris est passé en procès le 19 mai dernier dans cette ville. Jugé à quasi huis clos, sans son avocate qui avait demandé un report et sans les compagnons solidaires interdits de tribunal au prétexte des normes covid, les ordures en toge l’ont condamné à 4 ans de prison, dont 2 fermes, plus une centaine de milliers d’euros de dommages et intérêts. Il a immédiatement fait appel de ce jugement, dont la date vient de tomber.

Boris repassera donc en procès devant la Cour d’appel de Nancy le 20 septembre 2021 à 14h, et chacun peut d’ores et déjà continuer à lui exprimer sa solidarité, de la manière chaleureuse qu’il estimera la plus adéquate…
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Beveren (Belgique) : l’Etat investit pour son futur

La police inaugure son plus grand centre d’entraînement
du pays

RTL Belgique, 6 juillet 2021

La police a inauguré ce mardi son plus grand centre d’entraînement du pays. Il est situé à Beveren, près d’Anvers et fait 50 hectares. Cela correspond à environ 70 terrains de football. Toute cette étendue va permettre aux polices locales et fédérales de réaliser des exercices en taille réelle. A cette occasion, des démonstrations d’exercice ont été effectuées devant des responsables de la police, ainsi que les ministres et la presse.

« On a pu voir ici des reconstitutions impressionnantes de manifestations qui tournent mal avec des jets de pierre, des cocktails Molotov, des fumigènes et l’intervention de la brigade canine, mais aussi une fausse prise d’otages avec l’intervention très spectaculaire des unités spéciales. Des hélicoptères, des coups de feu. Bref, un terrain comme celui-ci est essentiel puisqu’il est vaste et à l’abri des regards », a expliqué Hanan Harrouch en direct dans le RTL INFO 13h. Deux hélicoptères étaient mobilisés à cette occasion, ainsi que des véhicules blindés et un sniper.
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Limousin : un point sur l’opération antiterro du 15 juin

Arrestations du 15 juin : synthèse et nouveau rendez-vous
La Bogue, 24 juin 2021 (extrait)

Selon la sale petite habitude qui s’est installée depuis quelques années, l’État et ses sbires ont monté une nouvelle opération avec les moyens de l’antiterrorisme et du renseignement pour procéder à de nombreuses interpellations et/ou perquisitions ce mardi 15 juin. Au bout de quelques jours, ce sont trois personnes qui sont mises en examen pour « association de malfaiteurs », et pour certaines, « destruction en bande organisée ». Un comité de soutien s’est créé officiellement ce samedi 19 juin. Il se réunira à nouveau ce samedi 26 au jardin d’Orsay à Limoges.

Une semaine plus tard, on peut résumer les événements ainsi :

  • Des perquisitions ont été menées mardi 15 juin dès 6h du matin dans au moins six lieux différents en Creuse et Haute-Vienne, avec l’intervention de plusieurs dizaines de policiers et gendarmes armés assistés du personnel et des moyens (y compris de surveillance) de la sous-direction de l’anti-terrorisme. On apprendra dans la journée que l’enquête est liée à des dégradations matérielles ne mettant pas en danger les vies humaines : l’incendie de véhicules d’Enedis en janvier 2020 et l’incendie d’antennes de télé, radio et téléphonie aux Cars (sud de Limoges) en janvier 2021.
  • Six ou sept personnes ont été interpellées (la septième ayant peut-être « seulement » été convoquée pour audition dans la journée), et cinq autres perquisitionnées et entendues pendant l’intervention. Pour toutes, du matériel a été saisi : ordinateurs, téléphones portables, documents, objets personnels…
  • Six personnes ont été placées en garde-à-vue mardi 15 juin, à Nieul, Saint-Junien, Bellac, Aixe-sur-Vienne et Limoges (gendarmerie et commissariat central).
  • Trois personnes ont été libérées sans poursuites jeudi 17 juin.
  • Les trois autres ont été présentées à une juge d’instruction au tribunal de Limoges vendredi 18 juin. Elle les a mis en examen : pour deux d’entre elles pour destructions en bande organisée par moyen dangereux (dont destruction de biens relevant d’ »intérêts fondamentaux de la nation ») ; et, pour la troisième, pour association de malfaiteurs en lien avec ladite bande organisée.
  • Cette juge d’instruction a demandé un placement en détention provisoire pour les deux premières, et un contrôle judiciaire pour la troisième. Le juge des libertés a refusé, ce qui est assez rare, ces deux placements en détention provisoire demandés par la juge d’instruction et le procureur. Les deux personnes sont aussitôt sorties du tribunal, sous contrôle judiciaire, vendredi 18 juin. Cependant nous apprenons au moment de publier cet article que le parquet a fait appel de ces deux remises en liberté : cela signifie qu’une audience d’appel se tiendra bientôt sur cette question, dont l’issue sera peut-être une décision de placement en détention. Notons par ailleurs que les trois mis en examen ont interdiction de voir les autres mis en examen et/ou les autres gardé.e.s-à-vue.
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Limousin : trois mises en examen pour les interpellés du 15 juin

Trois personnes mises en examen pour les incendies des Cars et d’Enedis en Haute-Vienne
Le Populaire, 18 juin 2021

Le parquet de Limoges a communiqué, ce vendredi soir, sur les suites données aux six interpellations réalisées mardi 15 juin, en Haute-Vienne et en Creuse, dans le cadre des enquêtes sur les incendies criminels des véhicules d’Enedis à Limoges (février 2020) et du relais TDF des Cars (janvier 2021).

Sur les six personnes interpellées, trois ont été libérées sans aucune charge, trois autres ont aussi été relâchées, mais placées sous contrôle judiciaire. Après avoir été déférées devant les magistrats, deux d’entre elles ont été mises en examen pour destructions et dégradation par moyen dangereux en bande organisée, association de malfaiteurs et destruction de biens de nature à porter atteinte aux intérêts de la Nation. La troisième a été mise en examen uniquement pour association de malfaiteurs.
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Limousin : le terrorisme d’Etat au travail

Haute-Vienne : 6 arrestations en lien avec l’incendie d’une
tour-relais TDF et de véhicules d’Enedis
La Provence, 15 juin 2021

Six personnes « appartenant à l’ultragauche » ont été arrêtées [dans des villages de la Haute-Vienne et en Creuse] et placées en garde à vue mardi en lien avec l’incendie d’une tour-relais de TDF en janvier dernier et avec la destruction de véhicules de la société Enedis en février 2020, a indiqué le parquet de Limoges dans un communiqué. Ces arrestations ont été menées dans une information judiciaire ouverte notamment pour « destructions et dégradation par moyen dangereux en bande organisée, association de malfaiteurs et destruction de biens de nature à porter atteinte aux intérêts de la nation », a précisé le parquet.

Cette information judiciaire a été ouverte, à une date non précisée, et deux juges d’instruction co-saisis après qu’un lien eut été établi entre deux affaires de destruction par incendie volontaire qui ont eu lieu en Haute-Vienne depuis l’an dernier. La première concerne des faits commis le 11 janvier dans la commune des Cars, où plusieurs antennes avaient été volontairement incendiées, privant « plus d’un million de personnes de radio FM et de TNT » selon le parquet. « Le ou les auteurs » avaient pénétré sur les trois sites visés en découpant le grillage et un tag « Ni 5G Ni T.V. la voix du vent et les chants d’oiseaux » avait été découvert sur place.
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Bois d’Arcy (Yvelines) : lettre d’un inculpé du 8 décembre depuis le quartier d’isolement

Lettre du QI de Bois d’Arcy – Libre Flot
soutienauxinculpeesdu8decembre, 3 juin 2021

Une lettre de Libre Flot, incarcéré dans le cadre de la procédure anti-terroriste du 8 décembre 2020, et transmise depuis le quartier d’isolement (QI) de la prison de Bois d’Arcy, où il est placé en isolement depuis le 11 décembre dernier :

Pour moi qui ai vécu la majeure partie de ma vie de manière collective, j’avais pourtant récemment accepté les bienfaits de courtes périodes de solitude. En disant cela, j’ai comme un arrière goût âpre dans la bouche tant mes semblables me manquent. Ce sentiment n’est pourtant pas justifié mais provient de l’amalgame dont, dans ce contexte, j’ai du mal à me séparer, entre solitude et régime d’isolement. Il m’est pourtant simple de constater que l’isolement est à la solitude ce que la lobotomie est à la méditation.

L’être humain étant un animal grégaire, le lien social est pour lui-elle un besoin vital. L’isolement s’apparente donc à de la torture. Non pas une torture physique existant par un fait ou un acte, mais une torture plus pernicieuse, invisible, permanente existant par cette absence continue. Les seules personnes que l’on entrecroise brièvement, avec qui on se dit réciproquement des « bonjour », des « tenez », des « merci » sont les surveillant.es. Tout est dans l’énoncé ! Aussi cordiales, polies et arrangeantes que peuvent être ces personnes (ce qui n’est pas forcément le cas partout et tout le temps), les surveillant.es, comme le nom l’indique, ne sont pas nos pair.es, ielles sont nos preneur.euses d’otage dont les seules revendications sont vénales (les salaires). S’attacher à cet ersatz de rapports sociaux, que je ne puis et ne veux me résigner à abandonner, soit dit en passant, se rapproche plus du syndrome de Stockholm qu’autre chose.
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