Archives de catégorie : Propagande policière

Bobigny (Seine-Saint-Denis) : incarcération d’un anarchiste accusé d’incendies

Ultragauche : un activiste interpellé après les incendies de véhicules diplomatiques dans les quartiers chics de Paris
Le Parisien, 16 juin 2022 (extraits uniquement)

Un quadragénaire italien a été interpellé par les policiers de la Sous-direction de la section antiterroriste (SDAT) de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) dans la nuit de vendredi à samedi dernier [11 juin] alors qu’il venait de mettre le feu au véhicule immatriculé corps diplomatique de l’ambassadeur du Guatemala dans le XVIIe arrondissement de Paris.

L’incendiaire, tout vêtu de noir pour se confondre avec la nuit, a été arrêté à 3h25 du matin dans le Val-d’Oise alors qu’il venait de ranger son vélo à l’intérieur de sa voiture pour regagner son domicile
. Un mode opératoire répété des dizaines de fois, toujours le week-end et souvent le samedi soir. Pour ne pas se faire repérer, le résident italien, très précautionneux et discret, agissait toujours seul, laissait ses portables allumés à la maison, utilisait des gants de protection et fréquentait des rues non carrossables échappant aux caméras de surveillance. Des techniques pour échapper à la police bien connues de l’ultragauche, dont les activistes sont souvent difficiles à identifier et à interpeller.

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Montpellier (Hérault) : les autorités s’inquiètent des sabotages contre leur chantier

Montpellier : vandalisme sur le chantier du Lien,
des moyens « de grande ampleur » pour identifier les auteurs
Midi Libre, 14 avril 2022

Engins de chantier incendiés, dégradés : depuis son lancement, le chantier du Lien (Liaison intercommunale d’évitement nord), à Grabels et Saint-Gély-du-Fesc, est la cible d’actes de vandalisme. Chaque fois, des plaintes ont été déposées. Le conseil départemental, maître d’ouvrage, dénonçait en décembre dernier des dégâts s’élevant à « plusieurs centaines de milliers d’euros », tandis que la préfecture réunissait les entreprises et la gendarmerie afin de mettre en place une surveillance renforcée.

Quatre engins détruits, sept autres dégradés       

Le procureur de la République, Fabrice Bélargent, précise que « les gendarmes des unités de la compagnie de Castelnau-le-Lez enquêtent actuellement sur trois séries de faits dont a été victime la même société, l’entreprise Cazal. Il s’agit de faits commis du 14 au 15 décembre, la destruction totale d’un engin de chantier par incendie et dégradation de six autres engins par déversement de terre dans les réservoirs ; le 18 février, la dégradation d’un concasseur ; et entre le 22 et le 23 [mars], la destruction d’un concasseur et de 2 camions. »
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Isère : Ces saboteurs insaisissables depuis cinq ans

Ces saboteurs de l’ultra-gauche insaisissables depuis
cinq ans

Le Dauphiné, 8 avril 2022

Suspectées d’une trentaine d’opérations de destruction dans la région grenobloise depuis 2017, les équipes d’activistes de la mouvance libertaire tiennent en échec les services d’enquête. Pourquoi ces derniers éprouvent-ils les pires difficultés à les identifier ? Éléments de réponse.

Quand, le 26 novembre 2019, 350 policiers et gendarmes investissent les squats libertaires de l’agglomération grenobloise et la ZAD de Roybon, l’objectif est clairement affiché : donner un coup de pied dans la fourmilière de la nébuleuse anarchiste et voir ce qu’il ressortira de l’opération. Il faut dire que dans les semaines qui ont précédé cette démonstration de force, la tension est montée d’un cran dans les bureaux de l’hôtel de la préfecture, place de Verdun : le 30 septembre 2019, la salle du conseil municipal de la mairie de Grenoble a été incendiée , l’attaque ayant été revendiquée sur les habituels canaux de l’ultra-gauche libertaire et anticapitaliste

Cette nuit-là, c’est le symbole de la démocratie (que la doxa libertaire estime définitivement vendue au capitalisme et aux élus de la République, fussent-ils écologistes et [/ou] d’extrême-gauche) qui a été clairement visé. Au mois de janvier de la même année, les studios de France Bleu Isère et l’église Saint-Jacques ont été totalement détruits par les flammes : autant dire qu’il y a urgence à agir. Lire la suite

Haute-Garonne : comment les opérateurs s’organisent face aux sabotages d’antennes

Rangueil (Toulouse), 2 novembre 2020. Le pylône de téléphonie mobile 5G Orange, après avoir lutté en vain contre une chaleureuse hostilité, finit par s’écraser au sol en plein reconfinement.

Antennes 5G incendiées en Haute-Garonne :
comment les opérateurs s’organisent

La Dépêche, 7 mars 2022

La semaine dernière, dans la nuit de vendredi à samedi, une antenne 5G et TNT a été incendiée à Lacroix-Falgarde au sud de Toulouse. La diffusion des chaînes a été interrompue pour environ 2 000 foyers qui reçoivent la télévision par une antenne-rateau. En quelques mois, plus d’une dizaine d’antennes de relais mobile ont été la proie des flammes. Une antenne avait été incendiée à Labège le 30 septembre 2021. En mai dernier, dans la même commune, les sapeurs-pompiers étaient intervenus pour éteindre deux incendies simultanés sur deux antennes-relais. En janvier 2021, à Fonbeauzard et Donneville dans le Lauragais, une antenne 5G et une antenne 2 G/3 G/4 G avaient pris feu. Le 18 septembre 2021, les pompiers étaient également intervenus pour l’incendie d’un boîtier d’une antenne relais à proximité du stade Ernest-Wallon à Toulouse.

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Le chiffre du jour : 250

Entre mars 2020 et janvier 2021, comme l’avait révélé le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, Laurent Nuñez, dans un entretien au Figaro, les services avaient recensé pas moins de 170 actions de sabotage contre des pylônes de téléphonie (environ 60 % des cibles), des biens appartenant à des grandes entreprises (transport, énergie, communication), des collectivités locales, une sous-préfecture, trois gendarmeries, des véhicules de l’Administration pénitentiaire ou de police. Un dernier bilan porté à la connaissance du Figaro, fait désormais état de 250 actions de sabotage recensées, sachant que seule une partie est attribuée à la nébuleuse.
«Nous travaillons sur des structures gazeuses et atomisées sur lesquelles il est difficile d’avoir une prise», glisse un policier de terrain, obligé de travailler avec des « sources ». «Nous déployons nos capteurs à travers tout le territoire pour détecter les problèmes avant qu’ils ne s’enkystent», ajoute un cadre du renseignement, qui suit avec une acuité particulière l’activité des groupuscules depuis le début de la présidence française de l’Union européenne.

(Avant la présidentielle, l’ultragauche plus surveillée que jamais, Le Figaro, 18 février 2022 – extrait)

« Les destructions visant des antennes de téléphonie ou les réseaux Internet grimpent en flèche »

Albi (Tarn), 14 septembre 2021

Réseaux télécoms : les actes de vandalisme se multiplient
La Tribune, 14 septembre 2021

Depuis environ un an, les dégradations et destructions visant des antennes de téléphonie mobile ou les réseaux Internet fixe grimpent en flèche, privant à chaque fois des milliers de foyers et d’entreprises de moyens de communiquer. Les opérateurs et le gouvernement se mobilisent pour enrayer ce fléau. Décryptage.

C’est presque devenu monnaie courante. Pas une semaine ne se passe sans que les réseaux télécoms, mobiles et Internet fixe, essuient des sabotages, incendies volontaires, dégradations ou vols. Ce week-end, des habitants du Tarn en ont fait les frais. Dans la journée de samedi, une antenne-relais a été incendiée près d’Albi. Résultat : pas moins de 52.000 abonnés de Bouygues Telecom et de SFR se sont retrouvés, en un éclair, dépourvus de téléphonie mobile. S’il y a du mieux, « la situation n’est toujours pas totalement rétablie », explique à La Tribune ce lundi Arthur Dreyfuss, le secrétaire général de SFR et président de la Fédération française des télécoms (FFT), le lobby du secteur.

Le dirigeant précise que c’est un pylône de TDF qui a subi d’importants dégâts. « Or celui-ci irrigue des pylônes d’autres opérateurs, détaille-t-il. Au total, une soixantaine de sites mobiles ont été impactés. » Cette attaque n’a rien d’un cas isolé. Aux côtés de SFR et de Bouygues Telecom, Orange et Free voient régulièrement leurs installations vandalisées dans tout l’Hexagone. Tous sont confrontés à des dégradations d’antennes. « Chez Orange, en moyenne, environ une antenne par semaine est la cible de vandalisme, précise Cyril Luneau, le directeur des relations avec les collectivités locales de l’opérateur historique.Nous déplorons également des actes de malveillance sur le réseau fixe, dont des vols de câbles en cuivre [essentiels pour apporter la téléphonie et l’ADSL, Ndlr], à hauteur de dix actes par mois. »Il arrive aussi, chez tous les opérateurs, que les points de mutualisation, des installations critiques pour apporter l’Internet fixe à un grand nombre de foyers, soient attaqués.
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La poulaille armée prendra le train gratos

Les voyages en train gratuits pour les policiers à partir
de 2022, annonce Darmanin

Le Parisien, 3 septembre 2021 (extrait)

C’était une vieille demande des fonctionnaires de police. S’il l’avait déjà promis lors d’un déplacement en Moselle au printemps dernier, le ministre de l’Intérieur a annoncé, ce vendredi, que les policiers pourront voyager gratuitement dans les trains du réseau SNCF à partir du 1er janvier 2022. L’accord a été conclu cette semaine avec l’entreprise de transport ferroviaire.

Le ministre s’est félicité sur Twitter d’un « partenariat gagnant/gagnant permettant de mieux sécuriser les trains et faciliter la vie de nos policiers ». L’accord conclu avec la SNCF prévoit que « le trajet domicile-travail soit gratuit pour les policiers, s’ils sont armés et s’ils se signalent au chef de bord », a détaillé l’entourage de Gérald Darmanin. Le prix du billet sera pris en charge par le ministère, a-t-on poursuivi de même source.
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Limousin : trois mises en examen pour les interpellés du 15 juin

Trois personnes mises en examen pour les incendies des Cars et d’Enedis en Haute-Vienne
Le Populaire, 18 juin 2021

Le parquet de Limoges a communiqué, ce vendredi soir, sur les suites données aux six interpellations réalisées mardi 15 juin, en Haute-Vienne et en Creuse, dans le cadre des enquêtes sur les incendies criminels des véhicules d’Enedis à Limoges (février 2020) et du relais TDF des Cars (janvier 2021).

Sur les six personnes interpellées, trois ont été libérées sans aucune charge, trois autres ont aussi été relâchées, mais placées sous contrôle judiciaire. Après avoir été déférées devant les magistrats, deux d’entre elles ont été mises en examen pour destructions et dégradation par moyen dangereux en bande organisée, association de malfaiteurs et destruction de biens de nature à porter atteinte aux intérêts de la Nation. La troisième a été mise en examen uniquement pour association de malfaiteurs.
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Limousin : le terrorisme d’Etat au travail

Haute-Vienne : 6 arrestations en lien avec l’incendie d’une
tour-relais TDF et de véhicules d’Enedis
La Provence, 15 juin 2021

Six personnes « appartenant à l’ultragauche » ont été arrêtées [dans des villages de la Haute-Vienne et en Creuse] et placées en garde à vue mardi en lien avec l’incendie d’une tour-relais de TDF en janvier dernier et avec la destruction de véhicules de la société Enedis en février 2020, a indiqué le parquet de Limoges dans un communiqué. Ces arrestations ont été menées dans une information judiciaire ouverte notamment pour « destructions et dégradation par moyen dangereux en bande organisée, association de malfaiteurs et destruction de biens de nature à porter atteinte aux intérêts de la nation », a précisé le parquet.

Cette information judiciaire a été ouverte, à une date non précisée, et deux juges d’instruction co-saisis après qu’un lien eut été établi entre deux affaires de destruction par incendie volontaire qui ont eu lieu en Haute-Vienne depuis l’an dernier. La première concerne des faits commis le 11 janvier dans la commune des Cars, où plusieurs antennes avaient été volontairement incendiées, privant « plus d’un million de personnes de radio FM et de TNT » selon le parquet. « Le ou les auteurs » avaient pénétré sur les trois sites visés en découpant le grillage et un tag « Ni 5G Ni T.V. la voix du vent et les chants d’oiseaux » avait été découvert sur place.
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Quelques infos sur la convention Etat/opérateurs pour défendre les antennes-relais [mis à jour]

Vandalisme sur les réseaux télécoms : opérateurs et préfets se mobilisent autour de conventions départementales
La gazette des communes, 2 juin 2021

Dégradation, incendies, vol de cuivre et de batteries… Les pylônes de téléphonie mobile subissent de nombreux actes de vandalisme, en recrudescence depuis le début de la pandémie. Comme cet incendie sur un site de Télédiffusion de France (TDF), près de Marseille, qui a privé plus de trois millions et demi de personnes de radio et de télévision en décembre 2020.

« Les maires sont confrontés à de réelles difficultés, explique Ariel Turpin, délégué général de l’Avicca (Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel). Les délinquants ne sont pas toujours des hurluberlus anti-5G ou des marginaux, ce sont plutôt des individus anti-système au profil assez dangereux, pour qui les opérateurs représentent le mal » . De surcroît, ils n’hésitent pas à mettre en danger le personnel qui intervient sur ces ouvrages de plus de 40 mètres, en mettant le feu ou en démontant les boulons, ce qui les fragilise.

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Sabotages d’antennes : ça grimpe !

Appels à dégrader les équipements de télécoms : 174 faits
recensés en un an

FranceInter, 1er avril 2021

« À l’heure où tout le monde ou presque travaille/étudie/partage/se détend/s’instruit/s’insurge/fais du sexe/… face à un écran, que ce passerait-il si quelques câbles de fibres optiques sous une trappe faciles d’accès étaient saboté (sic) ? », interroge l’une des tribunes relayées en avril 2020, intitulée « En mai, fais ce qu’il te plaît : un appel au conflit ». Ses auteurs poursuivent : « Nous ne savons absolument pas ce que cela pourrait produire. Et c’est précisément pour cela qu’il faudrait impérativement le tenter« . Un an après le premier de ces appels, qui invitaient à « renouer avec l’Action directe » en s’en prenant à des infrastructures liées aux télécommunications (antennes-relais, câbles de fibre optique,…), 174 de ces équipements ont été pris pour cible en France, selon les informations de France Inter.

Ces textes, attribués par le ministère de l’Intérieur à la mouvance d’ultragauche, sont accompagnés de manuels et fascicules détaillant les moyens techniques à mettre en œuvre pour dégrader ou détruire le matériel (dans 52% des cas, les auteurs ont eu recours à des incendies). Ils prodiguent également des conseils afin d’éviter toute interpellation, le premier d’entre eux étant d’agir sur des infrastructures isolées, peu protégées et donc facilement accessibles (là aussi, des guides détaillent les endroits sous vidéosurveillance, ainsi que la localisation des postes de police ou des gendarmeries les plus proches). Cette stratégie explique la forte proportion d’infrastructures visées en milieu rural : 137, soit plus du trois quarts des cibles, alors que seules deux l’ont été dans l’agglomération parisienne. Les départements les plus touchés sont la Haute-Garonne, l’Isère, l’Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône. Ce bilan du ministère de l’Intérieur dit avoir recensé d’importants préjudices liés à ces actions, notamment des coupures de réseau dans de nombreuses communes, ainsi que des conséquences sur le fonctionnement des services jugés d’utilité publique.
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Sabotages d’antennes : TDF lâche ses chiens

Dordogne : à l’ombre des antennes-relais, l’obscure guérilla des anti-5G
Sud ouest, 23 mars 2021

Après les incendies criminels de Limoges et Marseille, et tandis que des centaines d’antennes-relais sont également prises pour cibles, les supers émetteurs de TDF se transforment en camps retranchés. Reportage en Dordogne, où l’on redoute cette nouvelle guerre du feu.

Voici quelques jours, les gendarmes ont vite été prévenus qu’une drôle de lumière balayait cette forêt profonde du Périgord noir. Vérifications faites, il ne s’agissait que de la lampe frontale d’une joggeuse préparant nuitamment le retour des courses à pied. Depuis, les caméras à déclenchement automatique installées par les chasseurs des environs auraient pourtant capturé d’autres images bien plus suspectes. Bienvenue à Audrix, 286 habitants, son église du XIIe siècle, le fameux gouffre de Proumeyssac, et cet émetteur perché 240 mètres au-dessus des vallées de la Dordogne. L’un des plus grands de France, désormais aussi l’un des mieux protégés. Fin janvier, quelques semaines après le spectaculaire incendie criminel du site TDF (ex-TéléDiffusion de France) de Marseille, celui des Cars (Haute-Vienne) partait à son tour en fumée. Et avec lui les chaînes radio et télé d’un million et demi d’habitants du Limousin, de Corrèze, Charente et Dordogne.
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Les chiffres du jour : 90 et 31

Dimanche 7 mars à 13h – moment privilégié s’il en est, où beaucoup rotent en famille devant le journal télévisé de TF1 –, les porte-parole du pouvoir ont tenu à faire connaître au monde les chiffres du jour lors d’un reportage sur une fumeuse question policière : « Destructions d’antennes téléphoniques 5G : qui sont les incendiaires ? ».

Fin janvier, on se souvient que lors d’un petit concours de calculettes, des « enquêteurs en charge de ces dossiers » avaient décidé de décrisper un peu leur mâchoire pour lancer le chiffre de 121 antennes-relais « vandalisées » en 2020. Un mois plus tard, donc, peut-être pour rentabiliser ce laborieux reportage tourné à l’aide de drones survolant antennes et répartiteur cramés en présence d’un idiot de service parti interroger riverains et autorités de la Haute-Garonne à la Drôme en passant par le Jura, c’est rien moins que le colonel sous-directeur de la police judiciaire à la Direction générale de la gendarmerie nationale qui a délivré en personne le sermon dominical : selon lui, au cours des dix derniers mois, 90 sites d’antennes auraient été « dégradés » et 31 personnes interpellées par ses services.
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Le nouveau chiffre du jour : 121

Dans le petit concours de calculettes auquel se livrent depuis une semaine les larbins du pouvoir pour dénoncer le nombre d’antennes-relais sabotées depuis un peu moins d’un an, le coordinateur national anti-terroriste avait balancé au Figaro le chiffre de 102, puis les journaflics d’Europe 1 l’avaient redescendu à 70, et voici que ce 22 janvier 2021, « les enquêteurs en charge de ces dossiers » ont décidé de décrisper un peu leur mâchoire pour livrer le leur à la radio la plus écoutée du pays (RTL), tout en pointant le caractère hétérogène des saboteurs soupçonnés. Selon eux, ce sont ainsi  « 121 antennes-relais [qui] ont été vandalisées depuis mars dernier et le premier confinement».

Bon, au-delà du fait qu’ils se sont bien gardés de les livrer à chaque fois à une publicité certainement trop incitative à leur goût afin de ne pas donner de mauvais exemple, l’important reste tout de même ailleurs pour qui se fiche de l’identité supposée de tous ces saboteurs anonymes, un exercice dont les cerveaux policiers sont naturellement friands. Comme cela a déjà été dit, « qu’importe, au fond, pour qui sait qu’un tel nombre de sabotages subversifs réel ou à rectifier cache quelque chose de bien plus important : la dimension qualitative de l’agir, celle que chaque individu qui les a menés a pu effleurer l’espace d’un instant en reprenant sa vie en main… »
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Le chiffre du jour : 170

Au cours d’une longue interview insérée dans la double-page spéciale « ultra gauche » du Figaro d’hier, le plus en plus loquace Laurent Nuñez – Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme  – s’est largement épanché sur ses fantasmes en la matière.

Dans les lunettes bornées du renseignement, ce fameux qualificatif ne se réfère bien sûr plus au conseillisme marxiste des débuts qui faisait bondir Lénine, mais constitue le grand chapeau policier utilisé pour désigner toute une frange auto-organisée contre l’État et le capital (une «mouvance»), partisane d’une méthode de lutte que les assassins en uniforme qualifient de «violente».

Employée à tout va par le pouvoir et ses perroquets en fonction des intérêts du moment (après la mode «anarcho-autonomes», «black blocs» ou «ultra-jaunes»), la catégorie d’ « ultra-gauche » a pour double fonction de nommer pour effrayer et isoler, mais aussi de disqualifier pour réprimer. Dans la petite case des gratte-papier de l’État, se trouve ainsi rentré de force quiconque serait d’après eux « à gauche de la gauche de la gauche de l’extrême-gauche », comme le disait la chanson, parce qu’il entendrait en finir radicalement avec le vieux monde en s’attelant sans attendre à cette œuvre de démolition urgente.
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