Joseph Déjacque, La Question révolutionnaire, Lutines Séditions, avril 2026, 352 pages, 12 euros
Après avoir réédité « Le moindre mal » en septembre dernier, c’est à présent « La Question révolutionnaire » de Joseph Déjacque (1821-1865) qui ressort dans une version entièrement revue et augmentée chez Lutines Séditions. Ce nouveau recueil contient une trentaine d’articles, pamphlets, lettres, déclarations et poèmes de l’anarchiste, rédigés entre 1851 et 1863, complétés par une vaste introduction biographique.
Poète et ouvrier colleur de papiers peints, le compagnon fut un contemporain de Heine et de Hugo, de Blanqui et de Marx, de Proudhon et de Bakounine, et pourtant personne ou presque n’a entendu parler de lui, y compris du côté des révolutionnaires. Tout juste sait-on au mieux qu’il a forgé le mot « libertaire », dont il fit le titre d’un journal. Mais qu’en est-il de tout le reste, et pourquoi donc relire Déjacque aujourd’hui, à l’heure où les ravages du capitalisme industriel, du totalitarisme démocratique et de la guerre technologisée ne cessent de nous meurtrir ?
Peut-être simplement pour aller au bout de l’idée anarchiste, celle qui entend détruire tout pouvoir (patriarcal, religieux, bourgeois, populaire), telle qu’elle a pu être pensée à l’aune d’une expérience insurrectionnelle, celle de juin 1848. Comme on sort de sa poche une boussole, rouillée par le vent mauvais des civilisés, mais dont les aiguilles pointent toujours vers un horizon foisonnant de liberté.
Pour toute commande, le livre est disponible dans les bibliothèques et distros habituelles, dont l’éponyme Distro Lutines Séditions, site sur lequel on trouvera également la Table des matières et le quatrième de couverture. On peut aussi écrire à commandes[at]lutineseditions.fr
[Trouvé sur Indy Lille, 25 mai 2026]