Munich (Allemagne) : le procès contre les compagnon.nes tombe (provisoirement) à l’eau !

Nouvelles surprenantes : le procès prévu contre Zündlumpen
ne s’ouvrira pas

(traduit de l’allemand de de.indymedia, 27 décembre 2025]

Zündlumpen n°80, Munich, janvier 2021

Mais enfin, que se passe-t-il ? C’est la deuxième fois en peu de temps que nous n’en croyons pas nos yeux. D’abord la remise en liberté de Nathalie et Manuel. Et voilà qu’à présent la commission judiciaire Himmelstoß § Co refuse de faire passer en jugement sous sa tutelle l’affaire Zündlumpen [journal anarchiste publié entre 2019 et 2021]. Mieux encore : elle refuse complètement l’ouverture de la procédure à l’encontre du troisième accusé. Par conséquent une procédure pour constitution d’une organisation criminelle [association de malfaiteurs] n’est plus à l’ordre du jour. En effet, une telle association nécessite au moins l’inculpation de trois personnes. Il semble qu’aux yeux du tribunal régional il n’y ait pas suffisamment d’indices pour prouver la participation du troisième anarchiste au journal Zündlumpen. Ne se déclarant plus compétent, il délègue donc désormais la procédure contre deux personnes à un simple tribunal d’instance. En Bavière, il s’en passe des choses ! … que nous n’aurions jamais cru possibles, en incorrigibles  anarchistes que nous sommes.

Écumante de rage, la procureure générale Eva Firozzi n’est bien sûr pas prête à accepter ça aussi facilement. La chasse aux anarchistes ayant fini par devenir une vocation pour elle, elle a au plus vite fait appel contre la décision de ne pas ouvrir ce procès.
Mais ce n’est pas tout. L’ensemble du spectacle répressif peut encore prendre une tournure plus bizarre. Pourquoi donc ne pas tenter de prélever l’ADN d’un supposé anarchiste pour des prétextes absurdes ? C’est ainsi que messieurs Obermeier et Meyer se sont à nouveau retrouvés dans une coloc’ supposément anarchiste, afin d’assouvir leur soif de fluides corporels anarchistes : une trace d’ADN masculin inconnu aurait en effet été retrouvée sur un « feuillet incendiaire », et elle correspondrait à une autre trace ADN relevée il y a plus de quatre ans dans une station de lavage auto en libre service fracturée dans la région d’Altötting. Raison suffisante pour eux de prélever l’ADN d’une personne sortie il y a deux mois de la procédure « Hetzblatt » pour manque de preuves, tout ça  » parce qu’elle aurait de la famille dans le coin« . Puis, tandis qu’ils repartaient avec leur précieux butin, une convocation de police « sur ordre du Parquet général » a atterri chez une autre personne, en raison d’une lettre que Manuel lui avait écrite de prison. On lui enjoint désormais de se présenter comme témoin, car dans sa lettre Manuel lui aurait donné pour mission de commettre un incendie. Le harcèlement ne cesse donc pas.

En ce qui concerne l’affaire « Zündlumpen« , c’est désormais la cour d’appel régionale qui doit décider si le procès s’ouvrira en 2026. Cela veut dire qu’il faut encore attendre puisqu’elle n’a pas de délais imposés pour prendre cette décision.
Certes ces nouvelles surprenantes sont un soupir de soulagement, pourtant nous ne devrions pas oublier qu’avec la répression qui dure déjà depuis des années contre des anarchistes et leurs projets, l’État a déjà pas mal réussi son coup à Munich : d’innombrables perquisitions, une détention préventive de 7 mois contre les compagnon-n-e-s Manuel et Nathalie, la fermeture de la bibliothèque anarchiste Frevel, la saisie de plusieurs machines d’impression, de nombreux journaux, de livres et d’une grande quantité de papier, et finalement beaucoup, beaucoup de stress. Les procédures pour l’article 129 sont en fin de compte toujours un parfait prétexte pour des surveillances, des écoutes et des filatures à large échelle.

Même si la procédure 129 devait faire flop et si les faits spécifiques (apologie et incitation à la commission de délits, menace) devaient être traités par le tribunal d’instance, lors de ce procès notre hostilité envers toute autorité, nos idées et nos attitudes anarchistes seront poursuivies et mises en accusation. Le harcèlement en cours suivant directement le rejet (partiel) de la mise en accusation, montre que l’État n’a de cesse de détruire les projets anarchistes et qu’il continue à mettre la pression sur tout un entourage.

Il nous revient de montrer que notre passion pour la liberté est plus forte que toute censure et que les murs de prison.
Sans aucune affection pour les serviteurs de l’État.

Liberté pour toutes et tous.