Bourges et alentours (Cher) : triple sabotage contre l’industrie de guerre

[Le 7 avril vers 4h du matin, dans la ville de Bourges (Cher) et ses vertes campagnes, se sont produits trois sabotages incendiaires contre les nœuds électriques qui alimentent l’industrie de guerre dont la région est infestée :
– plusieurs installations partent en fumée à l’intérieur du poste-source à Haute-Tension « Orchidée », situé avenue de l’Europe à l’entrée de la commune de La Chapelle-Saint-Ursin. Ce dernier est situé à quelques centaines de mètres du fabricant de munitions KNDS.
– un transformateur électrique est incendié à Saint-Florent-sur-Cher, non loin du Subdray où est implanté le constructeur de missiles MBDA.
– les câbles haute tension sont incendiés le long d’un pylône électrique installé à Bourges, à l’entrée de la voie verte, chemin de Villeneuve. Il est situé près de l’autre usine MBDA, et un tag « Actions contre la guerre » a été retrouvé sur place.

La préfecture du Cher évalue le coût des réparations de ce sabotage coordonné à « plusieurs millions d’euros », avec des travaux de remise en état s’étendant « sur plusieurs mois », mais se garde bien d’évoquer les retards de production de ces chaînes de production militaire qui fonctionnent à flux tendu, en mode « économie de guerre ». Le courant n’a été rétabli que vers 7 heures du matin pour les 4.000 foyers adjacents privés d’électricité.

Enfin, c’est le parquet de Paris qui a été saisi du dossier, le confiant à la SDAT, au motif que ces faits pourraient constituer « une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ». On trouvera ci-dessous le communiqué de revendication paru le lendemain.]


Face aux guerres entre États : insoumission et sabotage !
Indymedia Lille, 8 avril 2026

Dans la nuit du 6 au 7 avril nous avons saboté à Bourges et dans ses alentours le réseau électrique qui alimente ce « bastion de la défense terrestre nationale » où écoles militaires, Direction Générale de l’Armement Techniques Terrestres, centres de formations techniques y côtoient « le premier pôle de concentration d’industriels de la Défense en Europe » : Missilier MBDA, canonnier KNDS (Nexter), équipementiers Roxel, Michelin, Mécachrome, Auxitrol Weston, ASB Aerospatiale, etc, et leurs dizaines d’entreprises sous-traitantes.

Les guerres sont les actes de naissance des États, leurs arsenaux et leurs armées sont leurs cartes vitale et leurs cartes de visite.
Pour les États, la course à la puissance militaire est une question de survie où l’attaque et la défense se confondent et où ce sont toujours les populations qui trinquent. On ne produit pas des armes pour les parades du 14 juillet mais pour les vendre et les utiliser. Ce pays de merde est quand même le second exportateur de technologies de mort au monde, qu’il fournit à une soixantaine d’États. Cette militarisation engendre partout obéissance, conquêtes, massacres, viols, enfermements, destructions.
Guerres et Paix sont les fausses alternances d’une continuité stratégique de tous les pouvoirs : asservir et s’approprier tout ce qu’ils peuvent réduire à l’état de ressources. Cette réalité crue est quotidiennement voilée par une propagande aussi subtile que grossière. Chaque camp manipule les mêmes ficelles : « l’autre est une menace », « l’autre est un monstre », « nos valeurs et notre cause sont les seules justes », « nous ne faisons que répondre à une agression ».

Nous sommes de celles et ceux qui veulent déchirer les mythes qui solidarisent les opprimés avec leurs oppresseurs. Du front à l’arrière, l’effort de guerre repose sur notre adhésion et notre mobilisation massive comme dans ce bassin militaro-industriel.
Ici et ailleurs, chacun-e, activement ou passivement, a sa part de responsabilité dans le fait que continue de tourner cette machine de guerre.
Pourtant, loin des hiérarchies viriles et de leur puanteur disciplinaire, qu’est ce qui nous empêcherait un beau matin de s’élancer dans une lutte d’usure contre toutes les guerres et leurs causes, les dominations ?

S’opposer aux faiseurs de guerres est toujours possible et absolument nécessaire, alors désertons tous les rangs et en avant !