Archives de catégorie : Dans les publications

Publication : Avis de tempêtes n°42 – juin 2021

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Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°42 (juin 2021) vient de sortir.

« Mais ce qui frappe aussi, est que les formes infinies d’auto-organisation qui auraient pu surgir des singularités individuelles pour faire face au virus et continuer d’agir malgré lui, aient été d’emblée comme paralysées par des sables mouvants de recommandations contradictoires et de chiffres assommants : taux de mortalité et de létalité, taux de positivité, taux d’incidence, taux de passage aux urgences et d’occupation en réanimation, taux d’anticorps persistants, taux de réinfection… et ainsi de suite. Cela met à nouveau en évidence qu’en se plaçant sur le terrain de la politique des grands nombres plutôt qu’en partant de soi –avec ses doutes comme avec ses désirs enflammés–, la réflexion finit généralement par s’embourber dans une logique gestionnaire, où le calcul productif prend vite la place de la vie et de ses excès dispersifs. Pour briser le schéma même qui préside à toute réduction statistique de la complexité humaine, faire exister de l’unicité au-delà des moyennes et recréer de la diversité en défaisant les agrégats de données, il n’y a pas trente-six solutions. C’est le terrain même où chaque individu est sommé de s’incliner face à un intérêt supérieur collectif qu’il s’agit de refuser. C’est son propre rapport sensible à la vie, à la mort, à la maladie, aux risques à prendre, à l’entr’aide, aux étoiles à cueillir, qu’il s’agit de défendre face à l’exigence sociale de le sacrifier sur l’autel de la quantité. Que cette dernière se nomme patrie, économie, bien commun… ou même immunité collective. »

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[Tract] : Deux textes en solidarité avec les émeutier-e-s de Beaumont

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Indymedia Nantes, 11 juin 2021

Du 21 juin au 9 juillet 2021, cinq personnes vont passer devant la cour d’assises de Pontoise (95), accusées d’avoir participé aux émeutes de Beaumont-sur-Oise qui ont suivi l’assassinat d’Adama Traoré par les gendarmes. Au procès et dans la rue, ne laissons pas les émeutier-e-s présumé-e-s seul-e-s face aux cirques judiciaires et médiatiques !

Solidarité avec les émeutier-e-s à Beaumont et ailleurs

Du 21 juin au 9 juillet 2021, cinq personnes vont passer devant la cour d’assises de Pontoise (95), accusées d’avoir participé aux émeutes de Beaumont-sur-Oise qui ont suivi l’assassinat d’Adama Traoré par les gendarmes. Ces émeutes avaient enflammé la ville et des communes voisines pendant quatre nuits consécutives en juillet 2016, les révolté-e-s s’en prenant notamment à des bâtiments institutionnels et aux gendarmes. Des tirs au fusil de chasse dans leur direction semblent constituer l’accusation la plus grave dans le dossier, utilisée pour justifier le chef d’inculpation de « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Des dizaines de gendarmes se sont portés parties civiles.
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Brochure : BlablADN

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blablADN. Tout cramer pour brûler plus longtemps : un guide pour ne pas laisser de traces, A5, juin 2021, 52 p.

Pourquoi cette brochure ?

La preuve par l’ADN est aujourd’hui largement utilisée par le système judiciaire comme outil de répression. Dans ce contexte-là, la circulation d’informations pas vérifiées comme « l’acétone détruit les traces ADN » met en danger les personnes face à la répression. Le but de cette brochure est à la fois de comprendre comment les flics identifient une personne avec l’ADN, et de proposer des pistes pour s’en protéger.

On aimerait voir disparaître les taules, les tribunaux et les comicos et toutes celles et ceux qui participent à la machine à réprimer. L’idée ici est de participer à construire une culture de la sécurité autour des empreintes génétiques. On va surtout parler d’ADN, qui n’est qu’une question parmi plein d’autres autour de la sécurité face à la répression.

La preuve par l’ADN est un élément de croyance scientifique. Peu importe notre état de croyance par rapport à la science, les juges, elleux, enferment des personnes sur ces bases. On va utiliser un point de vue scientifique, qui est un point de vue partiel. On ne propose pas ici de réflexion critique sur l’usage des techniques scientifiques autour de l’identification par l’ADN, ni sur la science en général. Et pourtant y’a de quoi.

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Soleil noir n°2 – mai 2021

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Si notre soleil est noir, c’est parce qu’une tâche se pose chaque jour sur notre cornée : là, troublant notre idéal domination, oppression, exploitation. L’ombre pesante du pouvoir et de l’autorité vient obscurcir notre goût insatiable de vivre et notre désir de liberté et d’égalité.

Soleil Noir devient pour ce second numéro une aventure collective. Pour autant, vous ne trouverez ici ni le Nous d’une position – d’un Parti pas si imaginaire que ça par exemple –, ni celui d’une Organisation, mais des textes, des analyses, des infos qu’il semblait important de mettre en circulation. Souvent glané dans des revues amies, ou rédigé par nos soins ou collectivement dans des assemblées ou des collectifs, tout ce « fatras » cherche à « éclairer » les situations que nous vivons, à alimenter nos révoltes et nos désirs de détruire ce vieux monde.

Si Soleil Noir n’est pas écrit à partir d’une position homogène et monolithique, il n’en demeure pas moins que notre « rédaction » partage de réelles affinités. Loin des poses militantes, pragmatiques ou radicales, et du goût consensuel de la composition politique, l’aventure vise à renouer avec un anarchisme autonome des structures politiques et syndicales, participant à son humble mesure à combattre ce monde d’exploitation et de dominations.
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Publication : Avis de tempêtes n°41 – mai 2021

Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°41 (mai 2021) vient de sortir.

« Mais qu’est-il donc passé par la tête de vieilles ganaches galonnées, suivies par des militaires d’active trois semaines plus tard, pour se livrer à un exercice aussi vulgaire que d’adresser une longue plainte au pouvoir en place ? Ah, mais c’est qu’il est plus facile de déployer toute l’étendue de ses talents de bourreau en étant couvert par Papa-Etat face à des villageois insurgés (ou même pas) des quatre coins du monde, voire derrière l’écran meurtrier d’un drone… que lorsqu’il s’agit de lui quémander un peu d’attention comme n’importe quel citoyen imbécile.
Si l’élection présidentielle de l’année prochaine a certainement quelque chose à voir avec ces missives au ton aussi menaçant que leur analyse est réactionnaire, comment ne pas y voir non plus un avatar de ce que le syndicalisme policier compte de plus avilissant ? D’abord on hausse le ton et on frappe du poing sur la table, puis on deale quelques miettes avant de rentrer dans les rangs et de continuer à faire son sale travail. Certes, en la matière, il est évident que la besogne de ces pétitionnaires en treillis n’est pas tout à fait ordinaire, puisqu’elle consiste à mener directement, à appuyer ou à soutenir une infinité de bains de sang sous forme de massacres, d’assassinats « ciblés » et de tortures, le tout au service d’un terrorisme de masse qui s’incarne dans le plus froid des monstres froids. Et plus exactement encore, en service commandé de tout ce qu’un même territoire compte de puissants et de leurs intérêts variés, industriels, financiers, commerciaux, énergétiques ou politiques, afin d’écraser ce qui viendrait les menacer, à l’extérieur comme à l’intérieur des frontières. Et ce, indépendamment du prétexte initial invoqué pour lancer des orages de feu et d’acier ou déployer toutes les armes contre-insurrectionnelles à leur disposition. »

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Publication : Sans détour n°4, journal anarchiste apériodique

Le cinquième numéro du journal anarchiste apériodique Sans Détour vient de sortir.

Édito de ce numéro:

Qu’est-ce pour nous, Mon Cœur, que les nappes de sang
Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris
De rage, sanglots de tout enfer renversant
Tout ordre ; et l’Aquilon encor sur les débris

Et toute vengeance ? Rien !… – Mais si, toute encor,
Nous la voulons ! Industriels, princes, sénats,
Périssez ! puissance, justice, histoire, à bas !
Ça nous est dû. Le sang ! le sang ! la flamme d’or !
[…]

Arthur Rimbaud (1872)

Cent-cinquante ans se sont écoulés, mais l’épaisseur du temps et le poids de l’oubli ne suffisent pas pour que l’événement que fut la Commune soit définitivement passé. D’autre part, le caractère indéterminé de l’avenir, qui demeure fondamentalement à écrire – compagnons, compagnonnes, tout reste à jouer ! – ne saurait se plier à nos désirs, à nos projections ou à nos cauchemars. Nous savons que nous vivons notre vie à la croisée des possibles, sans être tenus par des comptes d’hier en suspens, des comptes à régler qui nous incitent à revendiquer que le futur est à nous. Nous ne montons pas à bord du train de l’histoire en route – et d’ailleurs aucune place ne nous est réservé à son bord -, dans l’ambition de le remettre dans une prétendue bonne direction, préoccupés par le souci de s’assurer qu’il existe une gare hospitalière à l’horizon. Aucune certitude consolatrice, rien ne doit nous revenir, rien ne nous reviendra tôt ou tard, par la force des choses. Quoi de plus étrange, d’ailleurs, que cette manie de chercher à réveiller les morts pour leur demander où est passé le testament ? Malgré cela, nous éprouvons une vigoureuse satisfaction, bien
qu’éphémère, à l’idée que nous pouvons faire notre possible, et que le faisant, nous le dessinons, sourds aux sirènes du cynisme, de l’attente et du calcul. Nous l’éprouvons aussi quand nous parvenons à conjuguer nos aspirations avec notre engagement, notre réflexion avec notre action, notre éthique et nos principes avec nos moyens et nos façons d’agir, nos imaginaires avec un regard lucide sur la réalité, nos rêves démesurés de liberté avec les différents aspects d’une lutte que nous vivons au jour le jour.
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Publication : Avis de tempêtes n°40 – avril 2021

Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°40 (avril 2021) vient de sortir.

« Peut-être le temps est-il venu pour essayer de revenir sur les hypothèses organisationnelles, le refus ou l’absence de celles-ci, au sein de la petite galaxie d’individus, de petits groupes, de projets divers et variés, de constellations de lutte, qui se reconnaissent dans le combat pour l’anarchie, un combat certes aux méthodes variées, mais qui se livre ici et maintenant. Un combat qui place le problème de la destruction au cœur. Destruction de ce qui fait obstacle à la liberté et à l’anarchie, plutôt que son aménagement.
Cela étant dit, entendons-nous bien. La destruction n’est pas seulement une affaire de feu, de sabotage, d’insurrection ou d’armes. Si d’un côté, la destruction implique la suppression matérielle des structures et des personnes autoritaires, de l’autre, elle implique une critique corrosive des rapports sociaux qui soutiennent, favorisent et reproduisent ces structures, jusqu’à toucher nos propres responsabilités, nos propres compromis, nos propres renonciations, qui sont autant de briques du bâtiment sociétal qu’il s’agit de démolir. La destruction n’est pas tellement une affaire de guerre, où les lignes de démarcations se tracent entre amis et ennemis ; celle dont nous parlons va bien plus loin qu’un tel schéma sans doute trop facile pour expliquer la pérennité de l’oppression et de l’exploitation dans le calvaire de l’histoire humaine. Puis, la destruction, comme fait matériel violent n’est pas réductible au simple acte de la destruction (qu’elle s’exprime contre des choses ou contre des hommes ne fait, de ce point de vue, aucune différence : l’acte de détruire implique toujours l’emploi de la violence – qu’elle soit offensive ou défensive, justifiée ou pas, ce sont, en fin de compte, des débats que chacun et chacune doit résoudre avec soi-même, sans les béquilles qu’une quelconque idéologie, système philosophique ou conviction religieuse peut lui offrir). Il faut non seulement des bras, mais aussi la tête ; pas seulement une préparation mentale, mais aussi le cœur ; pas seulement un effort et une conviction individuelle, mais peut-être aussi un soutien de proches. »

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[Tract] : Contre la construction d’une nouvelle prison en Seine-Saint-Denis (et partout ailleurs…)

Contre la construction d’une nouvelle prison en Seine-Saint-Denis (et partout ailleurs…), 8 pages, A5, mars 2021

Extrait de la conclusion :

La construction d’une prison révèle tout un pan de ce qui est nécessaire à son existence. En effet, un lieu d’enfermement ne sort pas de nulle part, il ne peut voir le jour que par le travail d’un ensemble de personnes et d’entreprises. Certaines sont déjà connues pour avoir mené les études d’impact du projet (Egis, Technosol, Even conseil, CDVIA, B&L évolution, cabinet Earth avocats). D’autres vont bientôt être choisies pour la conception et la construction, peut-être parmi les entreprises du BTP comme Bouygues, Eiffage ou Vinci qui continuent de construire de nombreux lieux d’enfermement. À cela s’ajoutent celles qui fourniront les éléments spécifiques comme les portes, les serrures, les barreaux, les meubles, les barbelés, les systèmes de surveillance et de brouilleurs d’ondes, etc. Avant le début du chantier, il est possible de saboter la machine qui se met en branle. Car ces entreprises ont des bureaux, des lieux de productions, des entrepôts, des véhicules, ainsi que du matériel, des données informatiques et du personnel circulant entre ces différents sites. Autant de cibles disséminées sur le territoire qui offrent des prises concrètes et accessibles pour enrayer le processus de construction.
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Brochure : Face to face. Attacks against power in France

Face à face avec l’ennemi. Un aperçu d’une année d’attaques contre le pouvoir en France (2020-2021), en anglais, 20 pages, avril 2021

Une traduction de l’introduction :

La domination a acquis un rythme de mutation éblouissant. Le voile des avancées technologiques est en train de recouvrir le monde tel que nous le connaissions. Le désastre écologique n’est pas « en train d’arriver », il est déjà là. Tandis que le progrès industriel avance triomphalement, l’instabilité à tous les niveaux (social, politique, économique, écologique) est croissante. Un défi difficile pour ceux qui vont continuer à lutter pour la liberté comme totalité, et pas comme négociation sur la longueur de nos chaînes. Les vieux modèles d’intervention révolutionnaire sont en train de disparaître en même temps que presse l’urgence de nouvelles perspectives.
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Tract : Excursions dans le monde d’après

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Excursions dans le monde d’après

Travaille, consomme et ferme ta gueule !
C’est le propre des technocrates et autres experts et expertes de considérer qu’un désastre est une opportunité. C’est le cas du président fondateur du Forum économique mondial de Davos, Klaus Schwab, qui profite de la pandémie mondiale du coronavirus de 2020 pour promouvoir sa restructuration de l’économie et proclamer la quatrième révolution industrielle. Il le fait aux côtés de Thierry Malleret, conseiller des PDG et des politiques, dans un ouvrage au titre explicite : Covid-19, la grande réinitialisation, publiée en juin 2020 par le Forum économique mondial. Il s’agit d’accélérer le développement du numérique et des nouvelles technologies, pour restructurer l’économie mondiale.

Si la réalité de la vie ne s’épuise pas dans la programmation du devenir par ces visionnaires, le développement de la cybernétique est bel et bien enclenché. Certains processus sont en cours et se sont accélérés avec la crise sanitaire, laissant craindre un nouveau pas vers la soumission à la méga-machine. Jamais n’aura été aussi pertinent cet énoncé de Lewis Mumford dans un chapitre sur le devenir des mégapoles :
« La civilisation moderne n’est plus qu’un véhicule gigantesque, lancé sur une voie à sens unique, à une vitesse sans cesse accélérée. Ce véhicule ne possède malheureusement ni volant, ni frein, et le conducteur n’a d’autres ressources que d’appuyer sans cesse sur la pédale d’accélération, tandis que, grisé par la vitesse et fasciné par la machine, il a totalement oublié quel peut être le but du voyage. Assez curieusement on appelle progrès, liberté, victoire de l’homme sur la nature, cette soumission totale et sans espoir de l’humanité aux rouages économiques et techniques dont elle s’est dotée. L’homme, qui s’est assuré une domination incontestable sur toutes les espèces animales d’une taille supérieure à celle des virus et des bactéries, s’est avéré incapable de se dominer lui-même ».

Les virus, justement, viennent rappeler la fragilité de la civilisation moderne. La crise sanitaire et ses mesures de contrôle ont mis nos sociétés à nu : la priorité est de produire et de consommer « essentiel », le reste étant relégué à des agréments inutiles. Se rencontrer, participer à des collectifs, se balader, profiter d’un spectacle ou d’une exposition sont quelques exemples d’activités support de la vie sociale pourtant considérés comme des ajouts suppressibles selon les circonstances. Les prothèses technologiques sont venues se substituer aux pratiques concrètes, mettant en jeu les corps et la rencontre physique. Jamais le slogan « Travaille, consomme et ferme ta gueule » n’avait été si pertinent.
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Publication : Avis de tempêtes n°39 – mars 2021

Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°39 (mars 2021) vient de sortir.

« Si nous nous éloignons un peu de la vie quotidienne de tous les jours, et que nous cherchons à réfléchir à un niveau macroscopique, l’extension du moloch techno-industriel qu’on pourrait nommer à l’instar de Lewis Mumford, la « Mégamachine », semble aussi aller de pair avec une augmentation de sa vulnérabilité. Plus les systèmes sont complexes, plus les techniques se complexifient, plus ils sont vulnérables à une simple panne, à un incident, à un imprévu qui n’affecte dès lors plus seulement un composant isolé, mais l’ensemble du système. Günther Anders le résumait ainsi : « Plus la grande machine est vaste, plus ses éléments qui, avant de fusionner en elles, fonctionnaient comme des machines individuelles, sont sérieusement en danger », avant de déduire logiquement que « plus le complexe est vaste, plus la catastrophe sera grande lorsque le complexe tombera en panne. » Il s’agit bien sûr d’une thèse – ou plutôt, d’une constatation – qui est depuis longtemps prise à cœur par les ingénieurs du système. La fragilité des réseaux informatiques, la dépendance d’un réseau électrique centralisé, la production à flux tendu qui vise à limiter les stocks, l’interconnexion des systèmes (même les plus « vitaux » tel que la distribution de l’eau potable qui dépend du bon fonctionnement de pompes électriques) : cela ne cesse d’inspirer des milliers d’études, de projets et de stratégies visant à augmenter la « résilience » des systèmes – non sans constater amèrement que, face au progrès technologique, c’est un peu comme chercher à colmater une fuite en ouvrant le robinet. »

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Affiche : Ils nous ont volé la nuit

traduit de l’italien de infernourbano, 20 février 2021

Ils nous ont volé la nuit.
Nous avons oublié la date du début du couvre-feu, et nous sommes peut-être en train d’oublier lentement nos nuits en compagnie de la lune, des amis, des amants, des étoiles. Quelqu’un d’autre nous dit comment les passer entre les murs de chez soi. Ils tentent à présent de tout discipliner avec l’excuse du virus : comment nous relationner les uns aux autres, qui voir, où aller, les horaires… Et nous nous retrouvons à vivre des journées rythmées par le travail, la télé, l’ordinateur, le supermarché et la famille. Ils choisissent la couleur des lieux où nous vivons, et sur cette base construisent sur notre dos l’une ou l’autre cage. Et chaque jour ils inventent une nouvelle incohérence qui finit par nous façonner l’existence.

Depuis des mois, nous sommes enfermés à domicile, des dizaines de millions de personnes enfermées par peur ou résignation. Et même la police ne semble plus nécessaire pour dompter ces peurs. Nous nous découvrons silencieux et obéissants.
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Publication : avis de tempêtes n°38 – février 2021

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°38 (février 2021) vient de sortir.

« Un peu moins de deux ans ont passé depuis le bel incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, et beaucoup gardent peut-être un souvenir ému des flammes iconoclastes dansant sur ses charpentes, jusqu’à provoquer l’effondrement de sa flèche, qui pour une fois illuminait quelque chose. L’immonde édifice religieux incarnant si bien la continuité de l’oppression à travers les siècles, avait certes échappé de peu au courroux des communards armés de barils de pétrole, mais n’avait rien pu faire face à la modernité trompeuse de la fée électricité.

En ce mois de février boueux, quelque part dans le massif de Conches-Breteuil (Eure), à la lisière des communes de La Vieille-Lyre et des Baux-de-Breteuil, une poignée d’experts forestiers et d’architectes bottés arpente les sentiers en quête d’arbres singuliers. Ils scrutent, mesurent, inspectent, sélectionnent, poinçonnent puis marquent d’un point rouge une vingtaine de géants. Ces arbres dont le pourtour affiche jusqu’à 90 centimètres de diamètre sont tous des chênes remarquables âgés de cent à deux cents ans. Ils doivent être abattus d’ici fin mars avec un millier de leurs semblables sur tout le territoire (de l’Orne au Jura), afin que la charpente de la nef et du chœur de l’odieuse cathédrale puisse être reconstruite à l’identique, selon la promesse du monarque de service aux bigots éplorés. Ah, mais c’est que la notion de patrimoine – cette invention étatique destinée à trier ce qui peut être démoli du reste, est sacrée. Et qu’importe si cette flèche n’était qu’un ersatz ajouté au XIXe siècle ou que la fameuse charpente médiévale avait été façonnée avec les moyens du bord, soit avec de jeunes et ordinaires porteurs de glands. Désormais, la Rrrépublique exige au contraire du grain fin, du sans-nœud, du bien droit, du pluricentenaire même, pour tenter de redorer le blason calciné du crapaud de Nazareth. »

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Tract : Adresse à celles et ceux qui veulent filmer en paix (mis à jour)

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Adresse à celles et ceux qui veulent filmer en paix

Le 22 février 2014, une manif traverse les rues nantaises en opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Des affrontements ont lieu avec les flics, des sabotages et dégradations ont lieu, notamment d’engins de chantier, d’un magasin Vinci et d’un commissariat. Juste après, Ouest-France livre spontanément ses images à la police afin de faciliter l’arrestation des personnes les plus déterminées à empêcher le bétonnage et la réalisation d’un projet capitaliste. Ce n’est qu’un exemple particulièrement explicite du rôle des journalistes et des images.

Le 18 mai 2016, une voiture de flics brûle quai de Valmy à Paris, alors que des flics réacs défilent sur l’une des places devenue un symbole de la contestation sociale. Des tas de gens s’empressent de filmer la scène sous tous les angles. Quelques heures après et les jours suivants, 9 personnes sont interpellées, notamment sur la base de ces images. L’avocat d’un des accusés verse même au dossier une vidéo incriminante pour d’autres co-accusés dans le but de dédouaner son client. Une fois encore, les images servent à de lourdes condamnations.

Pendant toute la lutte dite des gilets jaunes, un grand nombre de personnes sont tombées à cause d’images, parfois issues de vidéosurveillance ou de flics, d’autres fois provenant de journalistes, très souvent de manifestants et manifestantes eux mêmes. Beaucoup ont fini en prison. D’autres gens viennent en manif en se faisant officiellement porter pâle auprès de leur employeur, ou tout simplement risquent des répercussions de la part de leur employeur si celui-ci les voit dans des luttes sociales. Que les choses soient claires : défendre le fait de filmer en manif, ce n’est ni plus ni moins défendre le fait d’être une balance !
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Brochure : Et son monde?

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Et son monde ? Contributions anarchistes sur la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, juin 2019, 24 pages, A5

« On a retrouvé cette brochure critique sur l’ex-lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au fond de nos tiroirs, en pensant qu’elle pourrait vous intéresser. Elle contient trois textes différents de compagnons parus en 2013, 2018 et 2019. Soit de la tentative étatique d’expulsion de la ZAD lors de l’opération César  (automne 2012), jusqu’à la contestation de la tournée « victorieuse » d’une partie des vendus au pouvoir (juin 2019), contestation à laquelle cette brochure entendait alors contribuer. »
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Brochure : J’irai cracher sur vos masques (Caen)

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J’irai cracher sur vos masques. Contraintes sanitaires et soumission durable au temps de l’épidémie de Covid-19 (Caen), décembre 2020, 80 pages, A5

« J’irai cracher sur vos masques est une version brochure du texte parut dans le numéro 1 de notre bulletin, Soleil noir. Le texte y est précédé de l’avant-propos reproduit à la suite. Rien de fondamentalement nouveau malheureusement sous le soleil noir dans cette seconde parution, sinon ces quelques précisions préalables. Vous pouvez bien évidemment vous emparez de cette brochure si elle vous cause et la diffuser pour alimenter vos infokiosks et vos caisses. »
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Publication : Avis de tempêtes n°37 – janvier 2021

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°37 (janvier 2021) vient de sortir.

« Il existe évidemment une différence de degrés entre ouvrir soi-même une porte et être soumis à l’arbitraire d’un bourreau en uniforme, entre un isolement où pénètre à peine la lumière du jour et les rues désertées sur décret, entre privation de sens et substitution du contact humain par celui des machines, mais force est de constater que la vieille métaphore qui disait que la taule n’est pas une extension de la société mais que c’est plutôt cette dernière qui en constitue le prolongement, n’a pas perdu de sa pertinence. Au contraire, même. Alors, si on ne peut s’évader d’une prison sociale qui a désormais colonisé tout espace, si ses différentes cages en poupées russes s’imbriquent et se confondent, quelle autre possibilité nous reste-t-il, sinon de la détruire de l’intérieur ? En cultivant précieusement un monde qui nous soit propre, en repoussant les assauts d’une domination qui mutile chaque jour notre sensibilité, tout en saccageant sans pitié les barreaux et les murs qui nous retiennent prisonniers. Autant d’obstacles vers la liberté, qui ne s’incarnent plus seulement dans la pierre et l’acier, mais tout autant dans des réseaux diffus de fibre de verre et de cuivre qui courent sous nos pieds et volent au-dessus de nos têtes. Si près d’une centaine d’antennes-relais ont été sabotées en 2020 malgré les différents confinements, le fait que ces structures constituent un anneau supplémentaire de nos chaînes n’y est peut-être pas tout à fait étranger. »

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Nouvelle parution des éditions l’assoiffé

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Du feu ! Du sang ! Du Poison ! Pacte avec la mort.
Anarchistes à Marseille à la fin du XIX° siècle

À la fin du xixe siècle, à Marseille comme ailleurs en France et en Europe, la pensée et l’action de certains anarchistes s’attaquaient farouchement aux régimes de toutes sortes qui, ces années-là, allaient se restructurer afin de maintenir l’ordre établi et de réduire au silence leurs ennemis déclarés.

Les histoires racontées ici n’ont rien à voir avec l’Histoire tracée par la domination et par l’académie qui la représente. Elles ne sont pas non plus un hommage fétichiste aux hommes et aux femmes qui en ont été les acteurs.

Ces histoires sont avant tout un message dans la bouteille qui a été cueillie et elles sont retranscrites avec une conviction ferme : le seul risque que nos idéaux ne peuvent pas se permettre de courir est celui de l’oubli. Un hommage donc, mais aussi un serment de feu et de sang avec ces compagnons d’antan pour que, voilà l’intention, d’autres perpétuent la pensée et l’action anarchistes, au-delà de notre présent.
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Publication : Avis de Tempêtes n°36 – décembre 2020

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°36 (décembre 2020) vient de sortir.

« Face à la misère de l’existant, on peut répéter à foison que l’ordre ne joue jamais tout seul, que les seuls combats perdus d’avance sont ceux qui ne sont jamais livrés, que ce ne sont pas les révolutionnaires qui font les révolutions, ou que lorsque s’accumule l’insatisfaction et le mécontentement, une étincelle suffit parfois à faire exploser la poudre des rapports sociaux (que ce soit une guerre perdue par l’État, la hausse du prix des transports, la gestion contestée d’une épidémie, l’immolation d’un vendeur à la sauvette, un nouveau plan drastique d’économies budgétaires, un énième assassinat policier…). Tout cela est très juste, mais au-delà des manifestations de colère que le pouvoir entend à présent enterrer sous le poids de l’urgence sanitaire, un autre mouvement est également en train de se développer, devenant même de moins en moins invisible tout en étant essentiel, malgré ce que pourrait en dire le renard du conte.
Il s’agit de celui d’individus et de petits groupes qui ont acté que face à la catastrophe climatique, le désastre était le système industriel lui-même et qu’il convenait de s’en occuper à la source (énergétique). Que face à l’aliénation ou au contrôle technologique, le problème devait être réglé à la racine en lui coupant les veines. Que face au moloch étatique et à sa militarisation croissante contre les émeutiers, il était temps de prendre l’initiative selon ses propres temporalités de façon asymétrique, sans plus attendre des mouvements sociaux qui déborderaient les cadres institués avant de s’éteindre. »

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Publication : Avis de Tempêtes n°35 – novembre 2020

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°35 (novembre 2020) vient de sortir.

« Lors des manifestations ponctuelles de fin octobre en Espagne et en Italie, comme lors de celles devant les lycées ici, c’est au fond un mouvement défensif qui a servi de déclencheur, afin de réclamer à l’État des aides ou encore une gestion sanitaire de l’épidémie plus comme ceci et moins comme cela dans différents domaines (l’école, le travail, la police). Mais nous, nous qui voulons détruire ce monde avec l’école, le travail et la police, nous qui ne voulons ni revenir à la normalité antérieure ni l’appuyer vers une nouvelle toute aussi désastreuse ? Sommes nous à ce point chacun dépourvus de perspectives qui nous soient propres face une situation inédite qui nous dépasse ? Tenter de déstabiliser de façon imprévisible et en ordre dispersé un système lui-même déjà en pleine restructuration serait par exemple certainement une gageure un peu effrayante. Mais qui a dit que l’inconnu de la liberté pour lequel nous nous battons devait offrir des garanties rassurantes ? »

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Rien n’est fini ! Quelques réflexions depuis le Chili…

[traduit de l’espagnol du numéro spécial de Confrontación, périodique anarchiste apériodique (Chili), octobre-novembre 2020, 4 p.]

Rien n’est fini !
Nous restons en révolte contre toute autorité

À un an du début de la révolte qui s’est déchaînée au Chili depuis le 18 octobre 2019, nous continuons à diffuser Confrontación.

Saluant toutes celles et ceux qui sont resté-e-s actifs et actives dans la lutte contre l’ordre établi avant, pendant et après la dite «explosion sociale» nous restons dans la rue avec un nouveau numéro sur papier.
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