Category Archives: Dans les publications

Brochure : Face to face. Attacks against power in France

Face à face avec l’ennemi. Un aperçu d’une année d’attaques contre le pouvoir en France (2020-2021), en anglais, 20 pages, avril 2021

Une traduction de l’introduction :

La domination a acquis un rythme de mutation éblouissant. Le voile des avancées technologiques est en train de recouvrir le monde tel que nous le connaissions. Le désastre écologique n’est pas « en train d’arriver », il est déjà là. Tandis que le progrès industriel avance triomphalement, l’instabilité à tous les niveaux (social, politique, économique, écologique) est croissante. Un défi difficile pour ceux qui vont continuer à lutter pour la liberté comme totalité, et pas comme négociation sur la longueur de nos chaînes. Les vieux modèles d’intervention révolutionnaire sont en train de disparaître en même temps que presse l’urgence de nouvelles perspectives.
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Tract : Excursions dans le monde d’après

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Excursions dans le monde d’après

Travaille, consomme et ferme ta gueule !
C’est le propre des technocrates et autres experts et expertes de considérer qu’un désastre est une opportunité. C’est le cas du président fondateur du Forum économique mondial de Davos, Klaus Schwab, qui profite de la pandémie mondiale du coronavirus de 2020 pour promouvoir sa restructuration de l’économie et proclamer la quatrième révolution industrielle. Il le fait aux côtés de Thierry Malleret, conseiller des PDG et des politiques, dans un ouvrage au titre explicite : Covid-19, la grande réinitialisation, publiée en juin 2020 par le Forum économique mondial. Il s’agit d’accélérer le développement du numérique et des nouvelles technologies, pour restructurer l’économie mondiale.

Si la réalité de la vie ne s’épuise pas dans la programmation du devenir par ces visionnaires, le développement de la cybernétique est bel et bien enclenché. Certains processus sont en cours et se sont accélérés avec la crise sanitaire, laissant craindre un nouveau pas vers la soumission à la méga-machine. Jamais n’aura été aussi pertinent cet énoncé de Lewis Mumford dans un chapitre sur le devenir des mégapoles :
« La civilisation moderne n’est plus qu’un véhicule gigantesque, lancé sur une voie à sens unique, à une vitesse sans cesse accélérée. Ce véhicule ne possède malheureusement ni volant, ni frein, et le conducteur n’a d’autres ressources que d’appuyer sans cesse sur la pédale d’accélération, tandis que, grisé par la vitesse et fasciné par la machine, il a totalement oublié quel peut être le but du voyage. Assez curieusement on appelle progrès, liberté, victoire de l’homme sur la nature, cette soumission totale et sans espoir de l’humanité aux rouages économiques et techniques dont elle s’est dotée. L’homme, qui s’est assuré une domination incontestable sur toutes les espèces animales d’une taille supérieure à celle des virus et des bactéries, s’est avéré incapable de se dominer lui-même ».

Les virus, justement, viennent rappeler la fragilité de la civilisation moderne. La crise sanitaire et ses mesures de contrôle ont mis nos sociétés à nu : la priorité est de produire et de consommer « essentiel », le reste étant relégué à des agréments inutiles. Se rencontrer, participer à des collectifs, se balader, profiter d’un spectacle ou d’une exposition sont quelques exemples d’activités support de la vie sociale pourtant considérés comme des ajouts suppressibles selon les circonstances. Les prothèses technologiques sont venues se substituer aux pratiques concrètes, mettant en jeu les corps et la rencontre physique. Jamais le slogan « Travaille, consomme et ferme ta gueule » n’avait été si pertinent.
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Publication : Avis de tempêtes n°39 – mars 2021

Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°39 (mars 2021) vient de sortir.

« Si nous nous éloignons un peu de la vie quotidienne de tous les jours, et que nous cherchons à réfléchir à un niveau macroscopique, l’extension du moloch techno-industriel qu’on pourrait nommer à l’instar de Lewis Mumford, la « Mégamachine », semble aussi aller de pair avec une augmentation de sa vulnérabilité. Plus les systèmes sont complexes, plus les techniques se complexifient, plus ils sont vulnérables à une simple panne, à un incident, à un imprévu qui n’affecte dès lors plus seulement un composant isolé, mais l’ensemble du système. Günther Anders le résumait ainsi : « Plus la grande machine est vaste, plus ses éléments qui, avant de fusionner en elles, fonctionnaient comme des machines individuelles, sont sérieusement en danger », avant de déduire logiquement que « plus le complexe est vaste, plus la catastrophe sera grande lorsque le complexe tombera en panne. » Il s’agit bien sûr d’une thèse – ou plutôt, d’une constatation – qui est depuis longtemps prise à cœur par les ingénieurs du système. La fragilité des réseaux informatiques, la dépendance d’un réseau électrique centralisé, la production à flux tendu qui vise à limiter les stocks, l’interconnexion des systèmes (même les plus « vitaux » tel que la distribution de l’eau potable qui dépend du bon fonctionnement de pompes électriques) : cela ne cesse d’inspirer des milliers d’études, de projets et de stratégies visant à augmenter la « résilience » des systèmes – non sans constater amèrement que, face au progrès technologique, c’est un peu comme chercher à colmater une fuite en ouvrant le robinet. »

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Affiche : Ils nous ont volé la nuit

traduit de l’italien de infernourbano, 20 février 2021

Ils nous ont volé la nuit.
Nous avons oublié la date du début du couvre-feu, et nous sommes peut-être en train d’oublier lentement nos nuits en compagnie de la lune, des amis, des amants, des étoiles. Quelqu’un d’autre nous dit comment les passer entre les murs de chez soi. Ils tentent à présent de tout discipliner avec l’excuse du virus : comment nous relationner les uns aux autres, qui voir, où aller, les horaires… Et nous nous retrouvons à vivre des journées rythmées par le travail, la télé, l’ordinateur, le supermarché et la famille. Ils choisissent la couleur des lieux où nous vivons, et sur cette base construisent sur notre dos l’une ou l’autre cage. Et chaque jour ils inventent une nouvelle incohérence qui finit par nous façonner l’existence.

Depuis des mois, nous sommes enfermés à domicile, des dizaines de millions de personnes enfermées par peur ou résignation. Et même la police ne semble plus nécessaire pour dompter ces peurs. Nous nous découvrons silencieux et obéissants.
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Publication : avis de tempêtes n°38 – février 2021

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°38 (février 2021) vient de sortir.

« Un peu moins de deux ans ont passé depuis le bel incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, et beaucoup gardent peut-être un souvenir ému des flammes iconoclastes dansant sur ses charpentes, jusqu’à provoquer l’effondrement de sa flèche, qui pour une fois illuminait quelque chose. L’immonde édifice religieux incarnant si bien la continuité de l’oppression à travers les siècles, avait certes échappé de peu au courroux des communards armés de barils de pétrole, mais n’avait rien pu faire face à la modernité trompeuse de la fée électricité.

En ce mois de février boueux, quelque part dans le massif de Conches-Breteuil (Eure), à la lisière des communes de La Vieille-Lyre et des Baux-de-Breteuil, une poignée d’experts forestiers et d’architectes bottés arpente les sentiers en quête d’arbres singuliers. Ils scrutent, mesurent, inspectent, sélectionnent, poinçonnent puis marquent d’un point rouge une vingtaine de géants. Ces arbres dont le pourtour affiche jusqu’à 90 centimètres de diamètre sont tous des chênes remarquables âgés de cent à deux cents ans. Ils doivent être abattus d’ici fin mars avec un millier de leurs semblables sur tout le territoire (de l’Orne au Jura), afin que la charpente de la nef et du chœur de l’odieuse cathédrale puisse être reconstruite à l’identique, selon la promesse du monarque de service aux bigots éplorés. Ah, mais c’est que la notion de patrimoine – cette invention étatique destinée à trier ce qui peut être démoli du reste, est sacrée. Et qu’importe si cette flèche n’était qu’un ersatz ajouté au XIXe siècle ou que la fameuse charpente médiévale avait été façonnée avec les moyens du bord, soit avec de jeunes et ordinaires porteurs de glands. Désormais, la Rrrépublique exige au contraire du grain fin, du sans-nœud, du bien droit, du pluricentenaire même, pour tenter de redorer le blason calciné du crapaud de Nazareth. »

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Tract : Adresse à celles et ceux qui veulent filmer en paix (mis à jour)

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Adresse à celles et ceux qui veulent filmer en paix

Le 22 février 2014, une manif traverse les rues nantaises en opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Des affrontements ont lieu avec les flics, des sabotages et dégradations ont lieu, notamment d’engins de chantier, d’un magasin Vinci et d’un commissariat. Juste après, Ouest-France livre spontanément ses images à la police afin de faciliter l’arrestation des personnes les plus déterminées à empêcher le bétonnage et la réalisation d’un projet capitaliste. Ce n’est qu’un exemple particulièrement explicite du rôle des journalistes et des images.

Le 18 mai 2016, une voiture de flics brûle quai de Valmy à Paris, alors que des flics réacs défilent sur l’une des places devenue un symbole de la contestation sociale. Des tas de gens s’empressent de filmer la scène sous tous les angles. Quelques heures après et les jours suivants, 9 personnes sont interpellées, notamment sur la base de ces images. L’avocat d’un des accusés verse même au dossier une vidéo incriminante pour d’autres co-accusés dans le but de dédouaner son client. Une fois encore, les images servent à de lourdes condamnations.

Pendant toute la lutte dite des gilets jaunes, un grand nombre de personnes sont tombées à cause d’images, parfois issues de vidéosurveillance ou de flics, d’autres fois provenant de journalistes, très souvent de manifestants et manifestantes eux mêmes. Beaucoup ont fini en prison. D’autres gens viennent en manif en se faisant officiellement porter pâle auprès de leur employeur, ou tout simplement risquent des répercussions de la part de leur employeur si celui-ci les voit dans des luttes sociales. Que les choses soient claires : défendre le fait de filmer en manif, ce n’est ni plus ni moins défendre le fait d’être une balance !
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Brochure : Et son monde?

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Et son monde ? Contributions anarchistes sur la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, juin 2019, 24 pages, A5

« On a retrouvé cette brochure critique sur l’ex-lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au fond de nos tiroirs, en pensant qu’elle pourrait vous intéresser. Elle contient trois textes différents de compagnons parus en 2013, 2018 et 2019. Soit de la tentative étatique d’expulsion de la ZAD lors de l’opération César  (automne 2012), jusqu’à la contestation de la tournée « victorieuse » d’une partie des vendus au pouvoir (juin 2019), contestation à laquelle cette brochure entendait alors contribuer. »
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Brochure : J’irai cracher sur vos masques (Caen)

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J’irai cracher sur vos masques. Contraintes sanitaires et soumission durable au temps de l’épidémie de Covid-19 (Caen), décembre 2020, 80 pages, A5

« J’irai cracher sur vos masques est une version brochure du texte parut dans le numéro 1 de notre bulletin, Soleil noir. Le texte y est précédé de l’avant-propos reproduit à la suite. Rien de fondamentalement nouveau malheureusement sous le soleil noir dans cette seconde parution, sinon ces quelques précisions préalables. Vous pouvez bien évidemment vous emparez de cette brochure si elle vous cause et la diffuser pour alimenter vos infokiosks et vos caisses. »
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Publication : Avis de tempêtes n°37 – janvier 2021

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°37 (janvier 2021) vient de sortir.

« Il existe évidemment une différence de degrés entre ouvrir soi-même une porte et être soumis à l’arbitraire d’un bourreau en uniforme, entre un isolement où pénètre à peine la lumière du jour et les rues désertées sur décret, entre privation de sens et substitution du contact humain par celui des machines, mais force est de constater que la vieille métaphore qui disait que la taule n’est pas une extension de la société mais que c’est plutôt cette dernière qui en constitue le prolongement, n’a pas perdu de sa pertinence. Au contraire, même. Alors, si on ne peut s’évader d’une prison sociale qui a désormais colonisé tout espace, si ses différentes cages en poupées russes s’imbriquent et se confondent, quelle autre possibilité nous reste-t-il, sinon de la détruire de l’intérieur ? En cultivant précieusement un monde qui nous soit propre, en repoussant les assauts d’une domination qui mutile chaque jour notre sensibilité, tout en saccageant sans pitié les barreaux et les murs qui nous retiennent prisonniers. Autant d’obstacles vers la liberté, qui ne s’incarnent plus seulement dans la pierre et l’acier, mais tout autant dans des réseaux diffus de fibre de verre et de cuivre qui courent sous nos pieds et volent au-dessus de nos têtes. Si près d’une centaine d’antennes-relais ont été sabotées en 2020 malgré les différents confinements, le fait que ces structures constituent un anneau supplémentaire de nos chaînes n’y est peut-être pas tout à fait étranger. »

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Nouvelle parution des éditions l’assoiffé

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Du feu ! Du sang ! Du Poison ! Pacte avec la mort.
Anarchistes à Marseille à la fin du XIX° siècle

À la fin du xixe siècle, à Marseille comme ailleurs en France et en Europe, la pensée et l’action de certains anarchistes s’attaquaient farouchement aux régimes de toutes sortes qui, ces années-là, allaient se restructurer afin de maintenir l’ordre établi et de réduire au silence leurs ennemis déclarés.

Les histoires racontées ici n’ont rien à voir avec l’Histoire tracée par la domination et par l’académie qui la représente. Elles ne sont pas non plus un hommage fétichiste aux hommes et aux femmes qui en ont été les acteurs.

Ces histoires sont avant tout un message dans la bouteille qui a été cueillie et elles sont retranscrites avec une conviction ferme : le seul risque que nos idéaux ne peuvent pas se permettre de courir est celui de l’oubli. Un hommage donc, mais aussi un serment de feu et de sang avec ces compagnons d’antan pour que, voilà l’intention, d’autres perpétuent la pensée et l’action anarchistes, au-delà de notre présent.
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Publication : Avis de Tempêtes n°36 – décembre 2020

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°36 (décembre 2020) vient de sortir.

« Face à la misère de l’existant, on peut répéter à foison que l’ordre ne joue jamais tout seul, que les seuls combats perdus d’avance sont ceux qui ne sont jamais livrés, que ce ne sont pas les révolutionnaires qui font les révolutions, ou que lorsque s’accumule l’insatisfaction et le mécontentement, une étincelle suffit parfois à faire exploser la poudre des rapports sociaux (que ce soit une guerre perdue par l’État, la hausse du prix des transports, la gestion contestée d’une épidémie, l’immolation d’un vendeur à la sauvette, un nouveau plan drastique d’économies budgétaires, un énième assassinat policier…). Tout cela est très juste, mais au-delà des manifestations de colère que le pouvoir entend à présent enterrer sous le poids de l’urgence sanitaire, un autre mouvement est également en train de se développer, devenant même de moins en moins invisible tout en étant essentiel, malgré ce que pourrait en dire le renard du conte.
Il s’agit de celui d’individus et de petits groupes qui ont acté que face à la catastrophe climatique, le désastre était le système industriel lui-même et qu’il convenait de s’en occuper à la source (énergétique). Que face à l’aliénation ou au contrôle technologique, le problème devait être réglé à la racine en lui coupant les veines. Que face au moloch étatique et à sa militarisation croissante contre les émeutiers, il était temps de prendre l’initiative selon ses propres temporalités de façon asymétrique, sans plus attendre des mouvements sociaux qui déborderaient les cadres institués avant de s’éteindre. »

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Publication : Avis de Tempêtes n°35 – novembre 2020

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°35 (novembre 2020) vient de sortir.

« Lors des manifestations ponctuelles de fin octobre en Espagne et en Italie, comme lors de celles devant les lycées ici, c’est au fond un mouvement défensif qui a servi de déclencheur, afin de réclamer à l’État des aides ou encore une gestion sanitaire de l’épidémie plus comme ceci et moins comme cela dans différents domaines (l’école, le travail, la police). Mais nous, nous qui voulons détruire ce monde avec l’école, le travail et la police, nous qui ne voulons ni revenir à la normalité antérieure ni l’appuyer vers une nouvelle toute aussi désastreuse ? Sommes nous à ce point chacun dépourvus de perspectives qui nous soient propres face une situation inédite qui nous dépasse ? Tenter de déstabiliser de façon imprévisible et en ordre dispersé un système lui-même déjà en pleine restructuration serait par exemple certainement une gageure un peu effrayante. Mais qui a dit que l’inconnu de la liberté pour lequel nous nous battons devait offrir des garanties rassurantes ? »

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Rien n’est fini ! Quelques réflexions depuis le Chili…

[traduit de l’espagnol du numéro spécial de Confrontación, périodique anarchiste apériodique (Chili), octobre-novembre 2020, 4 p.]

Rien n’est fini !
Nous restons en révolte contre toute autorité

À un an du début de la révolte qui s’est déchaînée au Chili depuis le 18 octobre 2019, nous continuons à diffuser Confrontación.

Saluant toutes celles et ceux qui sont resté-e-s actifs et actives dans la lutte contre l’ordre établi avant, pendant et après la dite «explosion sociale» nous restons dans la rue avec un nouveau numéro sur papier.
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Parution : Franchir le seuil, de Alfredo M. Bonanno

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« Le problème de la qualité n’est pas une question philosophique, il relève de la vie et, partant de là et du fourmillement sauvage de tourments urticants qui l’accompagne, il trouve ensuite une systématisation et un apaisement dans la réflexion.
Vivre est donc un problème qualitatif. Quel sens aurait la vie en dehors de cette perspective ? Elle ne serait qu’une mort à crédit, le cheminement vers une chose considérée comme future, bien que déjà arrivée sans presque provoquer la moindre sensation. Celui qui reste immergé dans la quotidienneté du quantitatif, surmontant les uns après les autres les divers problèmes qui le font paraître vivant, celui-là est un fantôme qui s’ignore. »
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Parution : Métropolis, de Jack Déjean

Un nouvel ouvrage vient d’être publié : Jack Déjean, Métropolis, autoed. (Caen), octobre 2020, 200 p.

Les métropoles qui poussent selon les délires de technocrates sont un terrain privilégié de la guerre sociale en cours, de la domination qui s’exerce comme des résistances et des révoltes qui donnent des bouffées de liberté. L’artificialisation continue du monde à grands renforts de capitaux, de décrets, de pelleteuses, de flics et de technologies ravage les milieux de vie, et par la même occasion dégrade les possibilités de liberté.

Après un détour historique sur le développement de l’urbanisme, l’ouvrage évoque plusieurs réalisations des technocrates aujourd’hui à Caen, Cherbourg, Lille, Saclay et Grenoble. Il s’agit d’en tirer des leçons, des noms et des adresses, pour mieux s’y confronter.
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Le pire des virus… l’autorité

[Un tract sorti le 13 mars dernier à Paris, quatre jours avant le premier confinement du printemps. A (re)lire en cette veille du second prévu pour durer jusqu’au 1er décembre minimum.]

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Le décompte macabre des décès augmente de jour en jour, et dans l’imaginaire de chacun prend place la sensation, d’abord vague puis toujours un peu plus forte, d’être toujours plus menacé par la Grande Faucheuse. Pour des centaines de millions d’êtres humains, cet imaginaire n’est certainement pas nouveau, celui de la mort qui peut s’abattre sur n’importe qui, n’importe quand. Il suffit de penser aux damnés de la terre sacrifiés quotidiennement sur l’autel du pouvoir et du profit : ceux et celles qui survivent sous les bombes des États, au milieu de guerres infinies pour le pétrole ou pour les ressources minières, ceux et celles qui cohabitent avec la radioactivité invisible provoquée par des accidents ou des déchets nucléaires, ceux et celles qui traversent le Sahel ou la Méditerranée et qui sont enfermés dans des camps de concentration pour migrants, ceux et celles qui sont réduits à des morceaux de chair et d’os par la misère et la dévastation générées par l’agro-industrie et l’extraction de  matières premières… Et même dans les terres que l’on habite, à des époques pas très lointaines, on a connu la terreur des boucheries à échelle industrielle, les bombardements, les camps de mort… toujours créés par la soif de pouvoir et de richesse des États et des patrons, toujours fidèlement mis en place par des armées et des polices…

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Enchaînés à la couronne

[Un texte sorti le 14 mars dernier, trois jours avant le premier confinement du printemps. A (re)lire en cette veille du second prévu pour durer jusqu’au 1er décembre minimum.]

« La tyrannie la plus redoutable n’est pas celle qui prend figure d’arbitraire, c’est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité. »
A. Libertad, 1907

Avec l’épidémie passagère de Covid-19 qui se propage à travers le monde et les mesures drastiques qui s’enchaînent les unes après les autres de la Chine à l’Italie, une des premières réflexions qui vient en tête est de se demander qui de la poule de l’autorité ou de l’œuf de la soumission est actuellement en train de faire le plus de dégâts. Cette brusque accélération étatique de contrôles, d’interdictions, de fermetures, de militarisation, d’injonctions, de bombardements médiatiques, de zones rouges, de priorisation des morts et des souffrances, de réquisitions, de confinements en tous genres –typiques de n’importe quelle situation de guerre ou de catastrophe–, ne tombe en effet pas du ciel. Elle prospère sur un terrain largement labouré par les renoncements successifs des braves sujets de l’État à toute liberté formelle au nom d’une sécurité illusoire, mais aussi sur la dépossession généralisée de chaque aspect de notre vie et la perte d’une capacité autonome des individus à penser un monde complètement différent de celui-ci.
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Y a t-il une vie avant la mort ?

[Un tract sorti le 23 mars dernier à Marseille, une semaine après le premier confinement du printemps. A (re)lire en cette veille du second prévu pour durer jusqu’au 1er décembre minimum.]

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Ces derniers mois, un virus contre lequel n’existe pas de vaccin se propage, atteignant des organismes humains affaiblis notamment par les pollutions industrielles, la misère, les conditions de survie éprouvantes. Il contamine des centaines de milliers de personnes et tue des milliers d’autres. Ce virus et le traitement médiatique qui en est fait viennent activer une terreur ancienne, celle des différentes « pandémies » de peste noire et leurs dizaines de millions de mort-es au fil des siècles, terreur confirmée et amplifiée par les mesures spectaculaires et coercitives se répandant comme traînée de poudre. La mort et la peur qu’elle inspire, tenues à distance la plupart du temps dans « nos » sociétés occidentales (ou « normalisé-e » à renfort de protocoles médicaux), semble prendre sa revanche en envahissant l’espace social et incitant chacun.e à regarder l’autre comme un facteur de risque potentiel.
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Publication : Avis de Tempêtes n°34 – octobre 2020

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°34 (octobre 2020) vient de sortir.

« « L’homme ne peut construire à l’extérieur de lui-même ce qu’il n’a pas avant tout déjà conçu à l’intérieur de lui-même », mettait en garde un poète rêveur de l’impossible. Pour faire surgir un monde sans autorité, il faut le concevoir. Pas le programmer, ni le schématiser ou le mesurer. Non, juste le concevoir, dans le double sens du mot : le penser, c’est le féconder. Mais pour concevoir un monde, il faut disposer en nous d’autre chose que du reflet de celui-ci. Et c’est précisément cet aspect de l’humain qui est à présent aussi la cible, assaut après assaut, du monde technologisé.
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La guerre du sous-sol, cahier Hourriya n°6

Un nouveau numéro de Hourriya, cahiers anarchistes internationalistes, vient de sortir. Il a pour titre « La guerre du sous-sol. Le champ de bataille des matières premières».

L’exploitation des matières premières révèle peut-être l’aspect le plus matériel du pouvoir au vue de la dévastation qu’elle provoque, mais trahit d’autant plus profondément les rapports qui sont à la base de « cette marche du progrès ». Ces pages se focalisent en effet sur ses nerfs à vif, sur les racines par lesquelles coulent des substances dont la domination se nourrit pour continuer à s’étendre et à accroître sa puissance. Ces racines qui pénètrent profondément dans le ventre de la terre, qui chambardent la planète, l’intoxiquent, la surchauffent, la ravagent. D’innombrables êtres humains et non humains sont sacrifiés chaque jour – réduits en esclavage, empoisonnés, exterminés, tués par des armes toujours plus puissantes et sophistiquées – pour la possession de ces éléments du sous-sol, piliers fondamentaux de l’édifice mondial de l’exploitation. Si la machine dévastatrice est fortement dépendante de l’extraction du charbon, du gaz, du pétrole, des minerais,… cela donne lieu à des guerres, des conflits sanguinaires, mais aussi à des luttes et des révoltes aux quatre coins du globe.
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