La technopolice de Google Maps…

Google Maps : le mafieux Gioacchino Gammino intercepté près de Madrid
France Info, 7 janvier 2022

Un chef de la mafia italienne a été arrêté en Espagne après 20 ans de cavale. Il avait refait sa vie sous un faux nom. Il s’était évadé d’une prison de Rome, et ce sont des photos de Google Maps qui ont permis de l’identifier.

Gioacchino Gammino, 61 ans, un ancien chef de la mafia sicilienne en cavale depuis 20 ans, a été capturé aux portes de Madrid. Frappé d’un mandat d’arrêt pour meurtre, il a été appréhendé de la façon la plus inattendue qu’il soit, grâce à une image du site Google Maps, d’une rue de Galapagar, au Nord de Madrid, où on le voit en train de discuter devant une épicerie. Son visage est flouté, mais les enquêteurs parviennent à reconnaître un signe distinctif, une cicatrice sur le côté gauche du menton.

La photo de Google Street View repérée en Espagne puis utilisée par les flics italiens

Evadé de la prison de Rebibbia à Rome vingt ans plus tôt, il s’était aussi marié. Il était à la tête d’un salon de coiffure, d’un restaurant et d’une épicerie. Les enquêteurs siciliens avaient déjà des doutes sur sa présence dans la ville. Et en allant faire un tour sur Google Maps, ils ont obtenu une confirmation déterminante. « La photo nous a permis de confirmer l’investigation que nous développions de manière traditionnelle », a confié Nicola Atiero, directeur adjoint de l’unité de police anti-mafia italienne.

Gioacchino Gammino a été interpellé le 17 décembre dernier. « Comment m’avez-vous retrouvé ? Ça fait dix ans que je n’ai pas même appelé ma famille au téléphone », aurait-il lâché, stupéfait. « Nous vous avons vu sur Google Maps », aurait simplement rétorqué l’un des policiers.

Condamné en 1989 en Italie pour assassinat, Gioacchino Gammino s’évade de sa cellule 13 ans plus tard et se réfugie à Galapagar. Dès son retour en Italie, il purgera sa peine de prison à perpétuité.

Cherbourg (Manche), août 2020
Uzès (Gard), février 2021

Dans les Alpes-Maritimes, Google aide les impôts à traquer les piscines non déclarées
France Bleu, 23 août 2021 (extrait)

Au service départemental des impôts des Alpes-Maritimes, il y a un nouveau super-contrôleur fiscal. Et son nom est surprenant… c’est Google. Comme l’indique Le Canard enchaîné dans son édition du 11 août, les agents du fisc utilisent le géant du net pour traquer les bâtis non déclarés. Le tout dans le cadre d’un contrat avec Capgemini, qui sous-traite certaines missions à l’entreprise américaine. Selon Bercy, les Alpes-Maritimes, la Charente-Maritime et la Drôme étaient les trois premiers département à utiliser ce système. 

Concrètement, il s’agit d’un programme d’intelligence artificielle, basé sur le développement d’un algorithme qui permet de détecter, grâce aux images aériennes de l’IGN, les abris de jardin, les extensions, les vérandas ou les piscines. Une partie de ces constructions, en fonction des caractéristiques, fait augmenter la taxe foncière.

Alors, cet algorithme développé avec la technologie de Google permet aux impôts d’obtenir une liste « d’anomalies » qu’il a détecté, en fait des endroits où il y a une piscine alors qu’il n’est pas censé y en avoir. Charge aux agents des impôts de repasser derrière, et de vérifier qu’il s’agit bien d’une piscine et non pas d’une simple bâche tendue dans le jardin.


Google Maps publie des données de 131 pays, dont la France, pour montrer les effets du confinement
Le Monde, 3 avril 2020 (extrait)

Des données anonymisées, issues de la géolocalisation des utilisateurs de Google Maps issues des téléphones Android et iPhone, sont publiées par Google à partir de vendredi 3 avril, pour « aider les autorités à comprendre comment des mesures de distanciation sociale telles que le télétravail ou le confinement peuvent aider à aplanir la courbe de l’épidémie de coronavirus », annonce l’entreprise américaine. Les données affichées montrent notamment dans quelle mesure la fréquentation de certains endroits (commerces, lieux touristiques…) a évolué ces dernières semaines.

La fonctionnalité n’est pas techniquement nouvelle : Google Maps l’utilise depuis des années pour indiquer à ses utilisateurs les horaires d’affluence des magasins ou la formation d’un embouteillage, par exemple. Mais elles n’étaient pas disponibles de manière synthétique pour un pays ou une région, ce qui est désormais le cas : « Nous afficherons les tendances sur plusieurs semaines, les informations les plus récentes datant de quarante-huit à soixante-douze heures. Nous afficherons une augmentation ou une diminution du pourcentage des visites, mais nous ne partagerons pas le nombre absolu de visites. »

Le moteur de recherche affirme avoir été sollicité par « des responsables de la santé publique » qui souhaitaient avoir accès à ces données, pour mesurer notamment les effets – et le respect – des mesures de confinement qui touchent désormais trois milliards de personnes.