Toulouse : la vidéosurveillance par la 4G et 5G

Toulouse : comment la ville renforce son arsenal de
vidéoprotection

La Dépêche, 14 juillet 2021 (extrait)

La Ville de Toulouse va diversifier son arsenal de vidéoprotection. Le maillage de 454 caméras fixes, installées depuis 2014 par l’équipe de Jean-Luc Moudenc, va accueillir dix caméras « mobiles ». Le boîtier en lui-même sera le même qu’une caméra fixe, mais c’est la connectique qui va changer. Pour une caméra fixe, il faut tirer la fibre et le réseau électrique, et souvent installer un mât.

Les démarches administratives peuvent prendre plusieurs semaines, et les travaux tout autant. Pour les caméras dites « mobiles », les images seront transmises par les réseaux 4G et 5G, directement au PC vidéo de la police municipale. Les installations se feront donc en quelques jours. Aucune connectique lourde ne sera nécessaire. Les caméras pourront être placées sur un mât déjà existant, un équipement public. Et ces caméras pourront aussi être enlevées et placées dans une autre rue, un autre quartier, en fonction des besoins. Autre différence entre les deux, et pas des moindres : le coût. Une caméra classique coûte en moyenne 30 000 €, contre à peine 10 900 € pour une caméra « légère », prix auquel il faut ajouter l’abonnement annuel au réseau 4G.

Une première implantation de ces caméras est connue. Ce sera place Marius Pinel, dans le quartier Bonhoure-Guilheméry, près du parc Pinel de l’école élémentaire Bonhoure et du cercle laïque Jean-Chaubet. (…) La municipalité ne s’arrêtera pas là, puisqu’elle a prévu d’installer une centaine de caméras nouvelles pendant le mandat . Une trentaine l’ont déjà été en 2020 et 2021.

Pour faire baisser les prix, plusieurs villes de Toulouse Métropole ont rejoint Toulouse, pour commander des caméras de vidéoprotection. Il s’agit des villes de Blagnac, Seilh, Cugnaux, Aucamville, Aussonne, Colomiers, Beauzelle et Cornebarrieu. « Cette convention permettra à la fois de générer des économies d’échelle pour l’acquisition, l’installation et l’entretien des caméras, et d’harmoniser les dispositifs de vidéo protection sur le territoire », note Emilion Esnault, adjoint au maire de Toulouse et élu à la Métropole. La convention, soumise au vote du conseil municipal de Toulouse le 18 juin dernier, désigne la mairie de Toulouse comme coordinatrice du groupement, et prévoit que chaque collectivité passe un marché distinct. « Toulouse joue un rôle moteur, et fait partager son expertise technique dans le cadre de cet achat groupé », ajoute Emilion Esnault, en faisant remarquer que la vidéoprotection fait désormais consensus parmi les villes, et « transcende les sensibilités politiques ».


Mal garé : à Toulouse, des PV grâce à la caméra
La Dépêche, 14 juillet 2021

Caméras piétons sur le torse des policiers municipaux, caméras infrarouges qui alertent les secours en cas de chute dans la Garonne, caméras qui permettent de relever les plaques de véhicules mal garés… Toulouse possède désormais une large palette de vidéoprotection. En 2019, dernière année complète hors Covid, les caméras consacrées à la vidéo verbalisation ont permis de dresser 11 000 PV de stationnement « à distance ». Le périmètre retenu est celui de l’anneau des boulevards. Environ 150 caméras peuvent être utilisées à la vidéo verbalisation. « Les zones les plus vidéo verbalisées pour stationnement gênant, voire très gênant, sont les rues classées en zones de rencontre de l’hypercentre », précise Emilion Esnault, adjoint au maire de Toulouse en charge de la Sécurité. L’élu cite ainsi les rues Pargaminières, Gambetta, la rue des Lois. « Les enjeux de partage de l’espace publics sont forts en ces lieux très fréquentés, et nous portons une attention particulière au respect des règles en matière de stationnement. »

Les caméras piétons, elles, équipent les agents de la police municipale depuis 2019. Un équipage de trois policiers dispose d’une caméra. Elle est constamment en veille, et peut être déclenchée par l’agent à tout moment. « Cela permet de calmer beaucoup de situations. Quand l’agent prévient qu’il déclenche sa caméra, en général les choses se détendent assez rapidement », assure Emilion Esnault. Les images sont conservées pendant 30 jours, puis elles sont détruites. Les agents qui les ont tournées n’y ont pas accès directement, seule leur direction en dispose, ou éventuellement un officier de police judiciaire.

Le réseau de 454 caméras de la ville de Toulouse – la quasi-totalité posées depuis 2014 sous le mandat de Jean-Luc Moudenc – a permis de déclencher 5 367 interventions de la police municipale, et de soutenir les enquêtes de la police nationale : 1 834 réquisitions judiciaires ont été effectuées en 2020. « Ces caméras permettent de sécuriser l’intervention des forces de l’ordre, appuie l’élu du Capitole. Lorsqu’elles arrivent sur place on peut savoir ce qu’il se passe, combien de personnes sont présentes et dimensionner l’intervention. Il y a une vraie relation de complicité, c’est un travail d’équipe entre les opérateurs du centre de contrôle et les agents sur le terrain. Les caméras sont également utiles à la police nationale, sur les manifestations, pour connaître les déplacements de certains groupes, savoir combien de personnes sont à tel endroit.«