Quelques notes sur « La poussière, la pourriture et le mouvement. Contribution aux débats sur la question révolutionnaire et quelques mots sur le « nihilisme » » (Ravage éditions, avril 2019)
Il faut reconnaître les efforts de nouvelles tendances au sein du communisme
contemporain visant à abolir toute forme de transition ou de gestion « révolutionnaire »…
Aviv Etrebilal
Est-il encore possible d’être marxiste aujourd’hui sans produire de l’idéologie,
comme l’a brillamment réussi, à l’occasion, Marx lui-même ?
Certainement que oui, mais les conditions ne sont peut-être pas
encore réunies pour un tel dépassement…
Aviv Etrebilal
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Distribuer bons et mauvais points aux communistes, aux nihilistes et aux anarchistes contemporains avec pour prétexte trois vieux articles signés Le Rétif, alias Viktor Kibaltchitch alias Victor Serge, voilà comment se traduisent les obsessions du compilateur de la brochure La poussière, la pourriture et le mouvement parue chez Ravage. Quant à la volonté de dépoussiérer un des plus vils exemples historiques de cheminement de l’anarchisme vers le communisme, de l’individualisme vers le bolchévisme (puis le trotskisme), cela touche certainement à une dimension introspective qu’on se gardera bien d’explorer. Mais pourquoi pas, après tout, si on apprécie les contorsionnistes de la politique.
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Il n’aura pas échappé à certains que les Champs-Elysées en flammes de samedi dernier peuvent être considérés comme une magnifique commémoration de la Commune de Paris. Qui sait combien y ont pensé. « Paris respirait !… Partout s’agitait une vie intense… Adieu au vieux monde et à la diplomatie » écrivait Louise Michel à propos des événements qui ont débuté le 18 mars 1871 à Paris. « La Commune a été la plus grande fête du XIXe siècle » – commentèrent un siècle plus tard les situationnistes. « Ça a été fantastique, d’une joie impressionnante » – nous a écrit un anonyme compagnon à propos du 16 mars 2019 à Paris. L’ivresse de la révolte, dans l’assaut contre le pouvoir et ses petites mortifications quotidiennes, est un plaisir qui n’a pas besoin de chefs… Ah oui, au fait, et les chefs ?
Plus d’une centaine de milliers de personnes en colère qui occupent depuis bientôt quatre semaines ronds-points et péages, qui tentent de bloquer et ralentir le fonctionnement des plate-formes logistiques de supermarchés, de dépôts pétroliers ou à l’occasion d’usines, qui se rassemblent tous les samedis dans les villes moyennes comme dans les métropoles pour prendre d’assaut préfectures et mairies, ou tout simplement détruire et piller ce qui les environne, voilà que l’automne accouche à l’improviste d’un énième mouvement social. De quoi faire accourir tous ceux qui aiment l’odeur des troupeaux, pour tenter de le chevaucher ou simplement être là où ça se passe en suivant l’odeur des lacrymos. Comme lors du mouvement syndical contre la Loi Travail de 2016 (mars-septembre) et ses suites contre les ordonnances en 2017 (septembre-novembre), ou celui contre la réforme de la SNCF cette année (avril-juin) en somme.