Archives de catégorie : Dans les publications

Nouveau site : le Centre de documentation sur la contre-surveillance

[reçu par mail, et publié ici à titre informatif, au-delà de ce qu’on peut penser de tel ou tel texte qui réfléchit plus à comment s’adapter aux nuisances technologiques qu’à comment s’en débarrasser…]

Il y a quelques mois on a créé un nouveau site web, qu’on a appelé le Centre de documentation sur la contre-surveillance ou Counter-Surveillance Resource Center (CSRC) en anglais.

Le but du site est de rassembler au même endroit différentes ressources (surtout des brochures, mais pas que) à propos de surveillance et de comment s’opposer à la surveillance. On veut privilégier les ressources pratiques sur plein de sujets différents : surveillance physique, surveillance numérique, ADN, drones, clandestinité… On accepte les contributions dans toutes les langues – le site web lui-même est traduit dans neuf langues pour l’instant.

Le CSRC fournit une base de données de ressources sur le thème de la contre-surveillance, en mettant l’accent sur la surveillance ciblée contre les personnes qui ont des choses à cacher. Nous voulons aider les anarchistes et autres rebelles à acquérir une compréhension pratique des menaces de surveillance auxquelles ielles peuvent être confronté.e.s dans leurs luttes et dans leurs vies. On préfère les ressources rédigées par des ami.e.s et compréhensibles sans connaissances techniques préalables.

L’adresse du site : https://csrc.link/fr

Brochure solidaire : Burning the centres of the technological virus

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« Incarcéré depuis son arrestation le 24 septembre 2020 pour avoir incendié deux antennes-relais dans le Jura pendant le premier confinement, B. a été condamné à 4 ans de prison, dont deux avec sursis. En solidarité avec Boris, nous avons traduit en anglais la publication que la police a trouvé à son domicile lors de la perquisition, et utilisée comme un élément [supplémentaire] à charge contre lui : Brûler les foyers du virus technologique. » En complément a aussi été rajoutée la traduction de sa lettre de prison, Pourquoi j’ai cramé les deux antennes du Mont Poupet.

Burning the centres of the technological virus. On the necessity of cutting the networks of domination, (en anglais), 24 pages A5, juillet 2021

Brochure : La rage contre la vidéo-surveillance (avril 2020 – mai 2021)

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Indymedia Lille, 23 juin 2021

La rage contre la vidéosurveillance (avril 2020 – mai 2021), A6, juin 2021, 32 p.

Depuis quelques temps, les actions contre les antennes-relais se multiplient, en France et ailleurs. De beaux actes de sabotage qui marquent un refus diffus, hétérogène et déterminé des technologies de communication et de contrôle, notamment contre le déploiement de la 5G qui accompagne le rouleau compresseur techno-capitaliste qui n’en finit pas d’écraser tout ce qui reste de sauvage et de libre dans ce monde… Alors un peu partout ça s’organise pour (essayer de) vivre autrement et attaquer leur monde de soumission généralisée, ça sabote avec divers moyens, des plus basiques aux plus imaginatifs.

De son côté, la vidéosurveillance, comme toutes les technologies de contrôle, en se généralisant et en envahissant aussi bien les rues des grandes villes que celles des villages, rentre de plus en plus dans les mœurs et force une acceptation sociale recherchée activement par les tenants du marketing du contrôle social. Pourtant, elle continue de susciter des résistances et des actes de sabotage. Tant qu’il y aura des moyens de contrôle policier sur nos vies, que ceux-ci soient massifs ou non, il y aura des gens pour tenter de les empêcher de nuire. Les raisons de se débarrasser du contrôle de l’État et de la domination capitaliste sont nombreuses, ici le propos n’est pas de les développer et d’argumenter, mais de montrer qu’il continue d’y avoir des actes de sabotage et d’auto-défense qui méritent d’être connus, et de recevoir de la solidarité et de la complicité de toutes parts. Parce qu’il y a encore des gens qui préfèrent cent fois un monde de liberté plutôt qu’un monde de sécurité.
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Publication : Avis de tempêtes n°42 – juin 2021

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Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°42 (juin 2021) vient de sortir.

« Mais ce qui frappe aussi, est que les formes infinies d’auto-organisation qui auraient pu surgir des singularités individuelles pour faire face au virus et continuer d’agir malgré lui, aient été d’emblée comme paralysées par des sables mouvants de recommandations contradictoires et de chiffres assommants : taux de mortalité et de létalité, taux de positivité, taux d’incidence, taux de passage aux urgences et d’occupation en réanimation, taux d’anticorps persistants, taux de réinfection… et ainsi de suite. Cela met à nouveau en évidence qu’en se plaçant sur le terrain de la politique des grands nombres plutôt qu’en partant de soi –avec ses doutes comme avec ses désirs enflammés–, la réflexion finit généralement par s’embourber dans une logique gestionnaire, où le calcul productif prend vite la place de la vie et de ses excès dispersifs. Pour briser le schéma même qui préside à toute réduction statistique de la complexité humaine, faire exister de l’unicité au-delà des moyennes et recréer de la diversité en défaisant les agrégats de données, il n’y a pas trente-six solutions. C’est le terrain même où chaque individu est sommé de s’incliner face à un intérêt supérieur collectif qu’il s’agit de refuser. C’est son propre rapport sensible à la vie, à la mort, à la maladie, aux risques à prendre, à l’entr’aide, aux étoiles à cueillir, qu’il s’agit de défendre face à l’exigence sociale de le sacrifier sur l’autel de la quantité. Que cette dernière se nomme patrie, économie, bien commun… ou même immunité collective. »

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[Tract] : Deux textes en solidarité avec les émeutier-e-s de Beaumont

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Indymedia Nantes, 11 juin 2021

Du 21 juin au 9 juillet 2021, cinq personnes vont passer devant la cour d’assises de Pontoise (95), accusées d’avoir participé aux émeutes de Beaumont-sur-Oise qui ont suivi l’assassinat d’Adama Traoré par les gendarmes. Au procès et dans la rue, ne laissons pas les émeutier-e-s présumé-e-s seul-e-s face aux cirques judiciaires et médiatiques !

Solidarité avec les émeutier-e-s à Beaumont et ailleurs

Du 21 juin au 9 juillet 2021, cinq personnes vont passer devant la cour d’assises de Pontoise (95), accusées d’avoir participé aux émeutes de Beaumont-sur-Oise qui ont suivi l’assassinat d’Adama Traoré par les gendarmes. Ces émeutes avaient enflammé la ville et des communes voisines pendant quatre nuits consécutives en juillet 2016, les révolté-e-s s’en prenant notamment à des bâtiments institutionnels et aux gendarmes. Des tirs au fusil de chasse dans leur direction semblent constituer l’accusation la plus grave dans le dossier, utilisée pour justifier le chef d’inculpation de « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Des dizaines de gendarmes se sont portés parties civiles.
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Brochure : BlablADN

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blablADN. Tout cramer pour brûler plus longtemps : un guide pour ne pas laisser de traces, A5, juin 2021, 52 p.

Pourquoi cette brochure ?

La preuve par l’ADN est aujourd’hui largement utilisée par le système judiciaire comme outil de répression. Dans ce contexte-là, la circulation d’informations pas vérifiées comme « l’acétone détruit les traces ADN » met en danger les personnes face à la répression. Le but de cette brochure est à la fois de comprendre comment les flics identifient une personne avec l’ADN, et de proposer des pistes pour s’en protéger.

On aimerait voir disparaître les taules, les tribunaux et les comicos et toutes celles et ceux qui participent à la machine à réprimer. L’idée ici est de participer à construire une culture de la sécurité autour des empreintes génétiques. On va surtout parler d’ADN, qui n’est qu’une question parmi plein d’autres autour de la sécurité face à la répression.

La preuve par l’ADN est un élément de croyance scientifique. Peu importe notre état de croyance par rapport à la science, les juges, elleux, enferment des personnes sur ces bases. On va utiliser un point de vue scientifique, qui est un point de vue partiel. On ne propose pas ici de réflexion critique sur l’usage des techniques scientifiques autour de l’identification par l’ADN, ni sur la science en général. Et pourtant y’a de quoi.

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Soleil noir n°2 – mai 2021

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Si notre soleil est noir, c’est parce qu’une tâche se pose chaque jour sur notre cornée : là, troublant notre idéal domination, oppression, exploitation. L’ombre pesante du pouvoir et de l’autorité vient obscurcir notre goût insatiable de vivre et notre désir de liberté et d’égalité.

Soleil Noir devient pour ce second numéro une aventure collective. Pour autant, vous ne trouverez ici ni le Nous d’une position – d’un Parti pas si imaginaire que ça par exemple –, ni celui d’une Organisation, mais des textes, des analyses, des infos qu’il semblait important de mettre en circulation. Souvent glané dans des revues amies, ou rédigé par nos soins ou collectivement dans des assemblées ou des collectifs, tout ce « fatras » cherche à « éclairer » les situations que nous vivons, à alimenter nos révoltes et nos désirs de détruire ce vieux monde.

Si Soleil Noir n’est pas écrit à partir d’une position homogène et monolithique, il n’en demeure pas moins que notre « rédaction » partage de réelles affinités. Loin des poses militantes, pragmatiques ou radicales, et du goût consensuel de la composition politique, l’aventure vise à renouer avec un anarchisme autonome des structures politiques et syndicales, participant à son humble mesure à combattre ce monde d’exploitation et de dominations.
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Publication : Avis de tempêtes n°41 – mai 2021

Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°41 (mai 2021) vient de sortir.

« Mais qu’est-il donc passé par la tête de vieilles ganaches galonnées, suivies par des militaires d’active trois semaines plus tard, pour se livrer à un exercice aussi vulgaire que d’adresser une longue plainte au pouvoir en place ? Ah, mais c’est qu’il est plus facile de déployer toute l’étendue de ses talents de bourreau en étant couvert par Papa-Etat face à des villageois insurgés (ou même pas) des quatre coins du monde, voire derrière l’écran meurtrier d’un drone… que lorsqu’il s’agit de lui quémander un peu d’attention comme n’importe quel citoyen imbécile.
Si l’élection présidentielle de l’année prochaine a certainement quelque chose à voir avec ces missives au ton aussi menaçant que leur analyse est réactionnaire, comment ne pas y voir non plus un avatar de ce que le syndicalisme policier compte de plus avilissant ? D’abord on hausse le ton et on frappe du poing sur la table, puis on deale quelques miettes avant de rentrer dans les rangs et de continuer à faire son sale travail. Certes, en la matière, il est évident que la besogne de ces pétitionnaires en treillis n’est pas tout à fait ordinaire, puisqu’elle consiste à mener directement, à appuyer ou à soutenir une infinité de bains de sang sous forme de massacres, d’assassinats « ciblés » et de tortures, le tout au service d’un terrorisme de masse qui s’incarne dans le plus froid des monstres froids. Et plus exactement encore, en service commandé de tout ce qu’un même territoire compte de puissants et de leurs intérêts variés, industriels, financiers, commerciaux, énergétiques ou politiques, afin d’écraser ce qui viendrait les menacer, à l’extérieur comme à l’intérieur des frontières. Et ce, indépendamment du prétexte initial invoqué pour lancer des orages de feu et d’acier ou déployer toutes les armes contre-insurrectionnelles à leur disposition. »

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Publication : Sans détour n°4, journal anarchiste apériodique

Le cinquième numéro du journal anarchiste apériodique Sans Détour vient de sortir.

Édito de ce numéro:

Qu’est-ce pour nous, Mon Cœur, que les nappes de sang
Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris
De rage, sanglots de tout enfer renversant
Tout ordre ; et l’Aquilon encor sur les débris

Et toute vengeance ? Rien !… – Mais si, toute encor,
Nous la voulons ! Industriels, princes, sénats,
Périssez ! puissance, justice, histoire, à bas !
Ça nous est dû. Le sang ! le sang ! la flamme d’or !
[…]

Arthur Rimbaud (1872)

Cent-cinquante ans se sont écoulés, mais l’épaisseur du temps et le poids de l’oubli ne suffisent pas pour que l’événement que fut la Commune soit définitivement passé. D’autre part, le caractère indéterminé de l’avenir, qui demeure fondamentalement à écrire – compagnons, compagnonnes, tout reste à jouer ! – ne saurait se plier à nos désirs, à nos projections ou à nos cauchemars. Nous savons que nous vivons notre vie à la croisée des possibles, sans être tenus par des comptes d’hier en suspens, des comptes à régler qui nous incitent à revendiquer que le futur est à nous. Nous ne montons pas à bord du train de l’histoire en route – et d’ailleurs aucune place ne nous est réservé à son bord -, dans l’ambition de le remettre dans une prétendue bonne direction, préoccupés par le souci de s’assurer qu’il existe une gare hospitalière à l’horizon. Aucune certitude consolatrice, rien ne doit nous revenir, rien ne nous reviendra tôt ou tard, par la force des choses. Quoi de plus étrange, d’ailleurs, que cette manie de chercher à réveiller les morts pour leur demander où est passé le testament ? Malgré cela, nous éprouvons une vigoureuse satisfaction, bien
qu’éphémère, à l’idée que nous pouvons faire notre possible, et que le faisant, nous le dessinons, sourds aux sirènes du cynisme, de l’attente et du calcul. Nous l’éprouvons aussi quand nous parvenons à conjuguer nos aspirations avec notre engagement, notre réflexion avec notre action, notre éthique et nos principes avec nos moyens et nos façons d’agir, nos imaginaires avec un regard lucide sur la réalité, nos rêves démesurés de liberté avec les différents aspects d’une lutte que nous vivons au jour le jour.
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Publication : Avis de tempêtes n°40 – avril 2021

Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°40 (avril 2021) vient de sortir.

« Peut-être le temps est-il venu pour essayer de revenir sur les hypothèses organisationnelles, le refus ou l’absence de celles-ci, au sein de la petite galaxie d’individus, de petits groupes, de projets divers et variés, de constellations de lutte, qui se reconnaissent dans le combat pour l’anarchie, un combat certes aux méthodes variées, mais qui se livre ici et maintenant. Un combat qui place le problème de la destruction au cœur. Destruction de ce qui fait obstacle à la liberté et à l’anarchie, plutôt que son aménagement.
Cela étant dit, entendons-nous bien. La destruction n’est pas seulement une affaire de feu, de sabotage, d’insurrection ou d’armes. Si d’un côté, la destruction implique la suppression matérielle des structures et des personnes autoritaires, de l’autre, elle implique une critique corrosive des rapports sociaux qui soutiennent, favorisent et reproduisent ces structures, jusqu’à toucher nos propres responsabilités, nos propres compromis, nos propres renonciations, qui sont autant de briques du bâtiment sociétal qu’il s’agit de démolir. La destruction n’est pas tellement une affaire de guerre, où les lignes de démarcations se tracent entre amis et ennemis ; celle dont nous parlons va bien plus loin qu’un tel schéma sans doute trop facile pour expliquer la pérennité de l’oppression et de l’exploitation dans le calvaire de l’histoire humaine. Puis, la destruction, comme fait matériel violent n’est pas réductible au simple acte de la destruction (qu’elle s’exprime contre des choses ou contre des hommes ne fait, de ce point de vue, aucune différence : l’acte de détruire implique toujours l’emploi de la violence – qu’elle soit offensive ou défensive, justifiée ou pas, ce sont, en fin de compte, des débats que chacun et chacune doit résoudre avec soi-même, sans les béquilles qu’une quelconque idéologie, système philosophique ou conviction religieuse peut lui offrir). Il faut non seulement des bras, mais aussi la tête ; pas seulement une préparation mentale, mais aussi le cœur ; pas seulement un effort et une conviction individuelle, mais peut-être aussi un soutien de proches. »

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[Tract] : Contre la construction d’une nouvelle prison en Seine-Saint-Denis (et partout ailleurs…)

Contre la construction d’une nouvelle prison en Seine-Saint-Denis (et partout ailleurs…), 8 pages, A5, mars 2021

Extrait de la conclusion :

La construction d’une prison révèle tout un pan de ce qui est nécessaire à son existence. En effet, un lieu d’enfermement ne sort pas de nulle part, il ne peut voir le jour que par le travail d’un ensemble de personnes et d’entreprises. Certaines sont déjà connues pour avoir mené les études d’impact du projet (Egis, Technosol, Even conseil, CDVIA, B&L évolution, cabinet Earth avocats). D’autres vont bientôt être choisies pour la conception et la construction, peut-être parmi les entreprises du BTP comme Bouygues, Eiffage ou Vinci qui continuent de construire de nombreux lieux d’enfermement. À cela s’ajoutent celles qui fourniront les éléments spécifiques comme les portes, les serrures, les barreaux, les meubles, les barbelés, les systèmes de surveillance et de brouilleurs d’ondes, etc. Avant le début du chantier, il est possible de saboter la machine qui se met en branle. Car ces entreprises ont des bureaux, des lieux de productions, des entrepôts, des véhicules, ainsi que du matériel, des données informatiques et du personnel circulant entre ces différents sites. Autant de cibles disséminées sur le territoire qui offrent des prises concrètes et accessibles pour enrayer le processus de construction.
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Brochure : Face to face. Attacks against power in France

Face à face avec l’ennemi. Un aperçu d’une année d’attaques contre le pouvoir en France (2020-2021), en anglais, 20 pages, avril 2021

Une traduction de l’introduction :

La domination a acquis un rythme de mutation éblouissant. Le voile des avancées technologiques est en train de recouvrir le monde tel que nous le connaissions. Le désastre écologique n’est pas « en train d’arriver », il est déjà là. Tandis que le progrès industriel avance triomphalement, l’instabilité à tous les niveaux (social, politique, économique, écologique) est croissante. Un défi difficile pour ceux qui vont continuer à lutter pour la liberté comme totalité, et pas comme négociation sur la longueur de nos chaînes. Les vieux modèles d’intervention révolutionnaire sont en train de disparaître en même temps que presse l’urgence de nouvelles perspectives.
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Tract : Excursions dans le monde d’après

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Excursions dans le monde d’après

Travaille, consomme et ferme ta gueule !
C’est le propre des technocrates et autres experts et expertes de considérer qu’un désastre est une opportunité. C’est le cas du président fondateur du Forum économique mondial de Davos, Klaus Schwab, qui profite de la pandémie mondiale du coronavirus de 2020 pour promouvoir sa restructuration de l’économie et proclamer la quatrième révolution industrielle. Il le fait aux côtés de Thierry Malleret, conseiller des PDG et des politiques, dans un ouvrage au titre explicite : Covid-19, la grande réinitialisation, publiée en juin 2020 par le Forum économique mondial. Il s’agit d’accélérer le développement du numérique et des nouvelles technologies, pour restructurer l’économie mondiale.

Si la réalité de la vie ne s’épuise pas dans la programmation du devenir par ces visionnaires, le développement de la cybernétique est bel et bien enclenché. Certains processus sont en cours et se sont accélérés avec la crise sanitaire, laissant craindre un nouveau pas vers la soumission à la méga-machine. Jamais n’aura été aussi pertinent cet énoncé de Lewis Mumford dans un chapitre sur le devenir des mégapoles :
« La civilisation moderne n’est plus qu’un véhicule gigantesque, lancé sur une voie à sens unique, à une vitesse sans cesse accélérée. Ce véhicule ne possède malheureusement ni volant, ni frein, et le conducteur n’a d’autres ressources que d’appuyer sans cesse sur la pédale d’accélération, tandis que, grisé par la vitesse et fasciné par la machine, il a totalement oublié quel peut être le but du voyage. Assez curieusement on appelle progrès, liberté, victoire de l’homme sur la nature, cette soumission totale et sans espoir de l’humanité aux rouages économiques et techniques dont elle s’est dotée. L’homme, qui s’est assuré une domination incontestable sur toutes les espèces animales d’une taille supérieure à celle des virus et des bactéries, s’est avéré incapable de se dominer lui-même ».

Les virus, justement, viennent rappeler la fragilité de la civilisation moderne. La crise sanitaire et ses mesures de contrôle ont mis nos sociétés à nu : la priorité est de produire et de consommer « essentiel », le reste étant relégué à des agréments inutiles. Se rencontrer, participer à des collectifs, se balader, profiter d’un spectacle ou d’une exposition sont quelques exemples d’activités support de la vie sociale pourtant considérés comme des ajouts suppressibles selon les circonstances. Les prothèses technologiques sont venues se substituer aux pratiques concrètes, mettant en jeu les corps et la rencontre physique. Jamais le slogan « Travaille, consomme et ferme ta gueule » n’avait été si pertinent.
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Publication : Avis de tempêtes n°39 – mars 2021

Avis de tempêtesbulletin anarchiste pour la guerre sociale n°39 (mars 2021) vient de sortir.

« Si nous nous éloignons un peu de la vie quotidienne de tous les jours, et que nous cherchons à réfléchir à un niveau macroscopique, l’extension du moloch techno-industriel qu’on pourrait nommer à l’instar de Lewis Mumford, la « Mégamachine », semble aussi aller de pair avec une augmentation de sa vulnérabilité. Plus les systèmes sont complexes, plus les techniques se complexifient, plus ils sont vulnérables à une simple panne, à un incident, à un imprévu qui n’affecte dès lors plus seulement un composant isolé, mais l’ensemble du système. Günther Anders le résumait ainsi : « Plus la grande machine est vaste, plus ses éléments qui, avant de fusionner en elles, fonctionnaient comme des machines individuelles, sont sérieusement en danger », avant de déduire logiquement que « plus le complexe est vaste, plus la catastrophe sera grande lorsque le complexe tombera en panne. » Il s’agit bien sûr d’une thèse – ou plutôt, d’une constatation – qui est depuis longtemps prise à cœur par les ingénieurs du système. La fragilité des réseaux informatiques, la dépendance d’un réseau électrique centralisé, la production à flux tendu qui vise à limiter les stocks, l’interconnexion des systèmes (même les plus « vitaux » tel que la distribution de l’eau potable qui dépend du bon fonctionnement de pompes électriques) : cela ne cesse d’inspirer des milliers d’études, de projets et de stratégies visant à augmenter la « résilience » des systèmes – non sans constater amèrement que, face au progrès technologique, c’est un peu comme chercher à colmater une fuite en ouvrant le robinet. »

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Affiche : Ils nous ont volé la nuit

traduit de l’italien de infernourbano, 20 février 2021

Ils nous ont volé la nuit.
Nous avons oublié la date du début du couvre-feu, et nous sommes peut-être en train d’oublier lentement nos nuits en compagnie de la lune, des amis, des amants, des étoiles. Quelqu’un d’autre nous dit comment les passer entre les murs de chez soi. Ils tentent à présent de tout discipliner avec l’excuse du virus : comment nous relationner les uns aux autres, qui voir, où aller, les horaires… Et nous nous retrouvons à vivre des journées rythmées par le travail, la télé, l’ordinateur, le supermarché et la famille. Ils choisissent la couleur des lieux où nous vivons, et sur cette base construisent sur notre dos l’une ou l’autre cage. Et chaque jour ils inventent une nouvelle incohérence qui finit par nous façonner l’existence.

Depuis des mois, nous sommes enfermés à domicile, des dizaines de millions de personnes enfermées par peur ou résignation. Et même la police ne semble plus nécessaire pour dompter ces peurs. Nous nous découvrons silencieux et obéissants.
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