ThyssenKrupp s’enrichit sur la guerre et le génocide
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 7 octobre 2024
Beaucoup sont en colère. En colère contre le génocide à Gaza. Contre les bombes qui tombent sur des civil-e-s, des écoles et des hôpitaux. Contre le réarmement militaire au niveau mondial. Contre le sang versé et les déplacements forcés de millions de personnes. Contre la propagande en faveur d’une « capacité guerrière » et d’une Allemagne « en état de se défendre ». Contre les livraisons d’armes et les profits de l’industrie d’armement et contre le projet de rétablissement d’un service militaire obligatoire. Contre l’assassinat automatisé à travers des attaques de drones dirigées par l’IA.
Beaucoup trop de colère.
Cette rage s’est déchaînée hier.
Contre l’entreprise d’armement ThyssenKrupp. Hier, trois poids-lourds ont été incendiés sur le site industriel de ThyssenPlastics à Berlin et le feu a été mis à un entrepôt. Lire la suite
Camions carbonisés, explosions, tags anti A69 : ce que l’on sait du violent incendie à Toulouse
ActuToulouse/Ouest France/La Dépêche, 21 octobre 2024
Plusieurs explosions ont déchiré la nuit et tiré du lit de nombreux Toulousains réveillés en sursaut. Lundi 21 octobre 2024, vers 4 heures du matin, un violent incendie s’est déclaré dans l’enceinte de l’entreprise Spie Batignolles, située quartier Gramont, à Toulouse. Lorsque les sapeurs-pompiers du SDIS 31 (Service départemental d’incendie et de secours de la Haute-Garonne) sont intervenus sur place, sept camions étaient la proie des flammes. Un huitième a été sauvé de justesse. Les explosions perçues par les riverains n’étaient autres que les pneus des poids lourds soumis à des températures trop extrêmes pour qu’ils y résistent.
Spécialisée dans les travaux de construction, l’entreprise Spie Batignolles intervient notamment sur les deux gros chantiers du moment en région toulousaine : celui de la ligne C du métro de Toulouse ; mais également sur celui de l’autoroute A69, qui doit relier Toulouse à Castres. Un chantier qui fait l’objet de vives contestations depuis de longs mois, de la part de militants écologiques. Lire la suite
Le vendredi 18 octobre 2024, trois ministres se sont déplacés à Fécamp en Seine-Maritime pour annoncer un nouveau projet de parc éolien en mer. L’Etat et les industriels espèrent implanter 200 nouvelles éoliennes, en plus des 71 déjà existantes dans ce parc maritime.
L’éolien industriel en plein essor
En Normandie, d’autres projets éoliens de la sorte sont déjà en cours, et rencontrent des oppositions.
Par exemple au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados), où 64 éoliennes de 175 mètres de haut doivent bientôt être démarrées. A l’annonce du projet, des habitants et des pêcheurs, pour des raisons diverses, se sont mobilisé-es. Malgré tout, le chantier colossal a commencé. En décembre 2023, RTE a mis à disposition les installations de raccordement au réseau électrique. Des centaines de tonnes de câbles ont été installés sous l’eau pour acheminer l’électricité produite par les éoliennes vers la « chambre d’atterage » de Bernières-sur-Mer, qui assure la connexion avec les 24 kilomètres de câbles souterrains menant au poste électrique de Ranville. Éoliennes offshore du Calvados (un consortium regroupant EDF Renouvelables, WPD offshore et Enbridge) compte mettre en service les éoliennes en 2025.
A Dieppe, Le Trepport et Barfleur, des projets similaires sont à l’étude. Il y aurait aussi deux projets imaginés au large du Cotentin. Lire la suite
Nous vous avons vu. Nous vous avons entendu. Vous êtes désormais partout. Nous savons qui vous êtes. Vous êtes ces 99 % qui protestent contre les excès du capitalisme et les abus de l’État. Vous êtes les 99 % qui exigent des réformes électorales, des alternatives sociales, des subventions économiques et des mesures politiques. Vous êtes les 99 % angoissés de perdre votre futur, de n’être plus capables de vivre comme vous l’avez fait jusqu’à présent : un boulot, un revenu, un crédit pour la maison, une retraite. Vous laisser vivre, au minimum. Faire carrière, au maximum. Voilà ce que vous demandez. Vous ne voulez pas payer la « crise », vous voulez que tout redevienne comme avant. Que personne n’éteigne les écrans qui ont jour après jour asséché votre vie, la privant de tout sens et de toute émotion, la condamnant à la tristesse de la survie. Et tout cela, vous le demandez aux gouvernements et aux banques, afin que la démocratie soit : des gouvernants non plus intéressés au pouvoir mais au bien commun, des banquiers non plus intéressés au profit mais au bonheur des populations. Comme dans les contes, comme dans les films. Lire la suite
Au plus profond de la nuit, la lune est la plus claire. Plongée dans l’effervescence écologiste et le sabotage anti-industriel dans les contrées allemandes, ed. Cahiers Takakia, été 2024, 36 p. A5
Quatrième de couverture
Début mars 2024, en plein milieu de la nuit. Près de Berlin, à Grünheide, tout s’arrête au sein de la giga-usine de fabricant de voitures électriques Tesla, récemment implantée au détriment d’une forêt. Les milliers d’ouvriers et d’ingénieurs assistent impuissants à l’arrêt des chaînes de production. En cause ? Le sabotage incendiaire de l’alimentation électrique de l’usine, revendiqué aussitôt par un groupe Volcan, contre le greenwashing du capitalisme et le progrès industriel. Les autorités allemandes et Elon Musk dénoncent les « écoterroristes ». Mais cette action n’est que le dernier épisode d’une escalade offensive contre la société techno-industrielle dans les contrées allemandes. Lire la suite
Luigi Galleani, Contre la guerre, contre la paix, pour la révolution sociale, ed. Anar’chronique , octobre 2024, 136 pages
(6 euros – 4 euros pour les distros)
Quatrième de couverture
Avant la Première Guerre Mondiale, les organisations ouvrières en Europe avaient beaucoup œuvré pour organiser les ouvriers et les enrégimenter dans leurs structures, tout en se donnant des airs subversifs à grand renfort de propagande. Elles couraient derrière le nombre d’adhérents, plus intéressées à les habituer à suivre les ordres d’en haut, qu’à tenter d’en fortifier les consciences et les volontés. Que des millions d’adhérents se croyant émancipés – eux qui auraient peut-être pu empêcher la guerre s’ils l’avaient osé –, aient fini par aller au front après que leurs chefs aient brutalement retourné leurs vestes, voilà la « démonstration la plus putride des organisations prétendument subversives ». Cela ne découragea pas des anarchistes de promouvoir certaines propositions ambitieuses, comme Luigi Galleani dans son article « Contre la Guerre, contre la Paix, pour la Révolution ». Face à la perspective alors courante à cette période (se préparer à prendre la revanche dès que la guerre se terminera), Galleani opposait la conviction qu’au vu de la situation sociale et économique, l’insurrection allait éclater avant la trêve dans un des pays d’Europe, afin d’empêcher que sur les ruines de la guerre, la paix ne réorganise l’ancien ordre social. La proposition était lancée : l’heure de la révolte approchait, le moment opportun de l’insurrection allait venir, et il fallait s’y préparer. Lire la suite
Francois (Martinique) 17 octobre 2024 : supermarché Carrefour Market après pillage
A la Martinique, les émeutes et les pillages font au moins « 65 millions d’euros » de dégâts pour les entreprises
Le Monde, 18 octobre 2024 (extrait)
Supermarchés, entrepôts, concessionnaires automobiles et loueurs de véhicules, magasins d’électronique, établissements de restauration… La liste des entreprises martiniquaises dévalisées et incendiées durant ces nuits d’émeute est longue et variée. « Nous avons recensé 115 entreprises, pour une perte totale estimée – pour les stocks et les bâtiments – entre 65 et 75 millions d’euros », résume Philippe Jock, le président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Martinique. Dans celles-ci, jusqu’à 950 salariés pourraient être concernés par des mesures de chômage partiel, selon les estimations de la CCI, et « plus de 300 emplois sont menacés ; certains seront perdus », poursuit M. Jock. Une mauvaise nouvelle pour cette île de 350 000 habitants, où 11 % de la population était au chômage en 2023, selon des données publiées par l’Insee, en juin.
Outre ces pertes directes, nombre d’entreprises ont souffert des importantes difficultés de circulation causées par les barrages routiers érigés par les émeutiers ou par les opérations escargot à répétition, organisées par des syndicats en soutien au mouvement contre la vie chère. Les fermetures d’écoles, le couvre-feu – en vigueur jusqu’au 21 octobre – sont autant de raisons qui incitent les Martiniquais à rester chez eux. Lire la suite
Après le naufrage. A propos de l’anarcho-électorat de l’été 2024, ed. Joie et tension, octobre 2024, 24 pages
Nous avons écrit ce texte en l’honneur de tous.te.s nos camarades qui se sont pressé.e.s dans les isoloirs en juin et en juillet dernier pour déposer leur bulletin dans les urnes, en y glissant au passage leur dernière parcelle de dignité et en abandonnant toute velléité révolutionnaire.
Nous sommes heureux.ses de constater qu’iels ont aujourd’hui le gouvernement qu’iels méritent, et un ministre de l’Intérieur dont iels peuvent être fier.e.s.
Parce qu’iels ont contribué par leur vote à justifier ce gouvernement, et surtout à justifier l’État et l’exploitation, nous souhaitions leur rendre hommage avec ce second texte. Mieux, puisque Le citoyennisme qui vient, à notre grande surprise, a semblé choquer certain.e.s anarchistes autoproclamé.e.s – alors même que ce texte ne faisait que rappeler succinctement les fondamentaux de l’anti-électoralisme et de l’anti-étatisme – nous avons décidé d’en développer ici le contenu. En d’autres termes, c’est une façon de dire qu’on persiste et signe. Lire la suite
une bande armée de travelos qui voulaient en découdre, Trans ultra violence, octobre 2024, 16 p.
Soyons clairEs : Nous sommes des anarchistes queers et criminels, et ce monde ne nous suffit pas, et ne nous suffira jamais. Nous voulons anéantir la morale bourgeoise et réduire ce monde en poussière. Nous sommes là pour détruire ce qui nous détruit.
Mary Nardini Gang, Intimité Criminelle
TRANS ULTRA VIOLENCE
Samedi 5 octobre, tout un emballement médiatique a eu lieu autour d’une action initiée par l’AG Antifa Paname pour tenter d’interrompre la journée de dédicaces de Stern et Moutot et de tous leurs amis fascistes. Interceptées par un déploiement massif de la BRAV-M avant de pouvoir s’approcher de la péniche où avait lieu la sauterie transphobe, 63 personnes ont été interpellées et une cinquantaine ont été mises en garde à vue par les keufs – une personne dort actuellement en taule suite à la détention provisoire prononcée par un chien de juge tandis qu’une autre va devoir pointer au commissariat dans le cadre d’un contrôle judiciaire.
Tout de suite, la préfecture et le parquet ont joué les enchères de la meilleure histoire à raconter aux journaleux de préfecture : 64 antifas masquées ont été arrêtées en possession d’armes blanches et d’explosifs ! Les exagérations par le biais qualifications juridiques sont routinières et attendues : en effet, certaines personnes sont venues équipées de matraques télescopiques, de fumigènes, de mortiers d’artifice, de pétards, d’œufs de peinture ou d’un opinel (qu’il traînait au fond d’un sac ou qu’il fut destiné à un faf, on ne le saura jamais…). Évidemment, tout le monde s’était masquée ou cagoulée ; on aura cependant évité le dramatisme du dress code black bloc, l’antifascisme étant semble-t-il la tendance fashion de la rentrée. Ce banditisme vestimentaire est allé arracher leurs meilleures larmes aux transphobes du weekend : Stern comme Moutot n’ont eu de cesse de chouiner dans d’innombrables tweets sur les (valides et légitimes) menaces de mort et atteintes à leur vie, ou la récente annulation de leur événement versaillais. Lire la suite
Bulletin Antinucléaire D’Anarchistes BOUM (badaboum), n°2, octobre 2024, 32 p.
Editorial
Ceci est un bulletin anarchiste contre le nucléaire. Ce bulletin est tiré pour la première fois en mars 2024, dans un contexte de développement accru de l’industrie nucléaire dans le monde, et, avouons-le, dans une ambiance morose d’a aiblissement des luttes et de la critique anti-nucléaire. De fait, une partie du mouvement s’est davantage repliée sur des logiques cogestionnaires de l’existant et sur la recherche d’alternatives.
Si nous avons voulu nous lancer dans la création d’un pareil papier, c’est parce que nous sommes un certain nombre à ne pas nous résoudre à accepter cette situation. A ne pas vouloir vivre sous le joug d’un autoritarisme industriel dévastateur. C’est par l’action directe (sous toutes ses formes), que nous envisageons d’en finir avec lui. Sans forcément grand espoir mais avec détermination.
L’idée pour ce bulletin est d’y faire vivre une critique anti-autoritaire, anarchiste, de la société nucléaire, et de causer des résistances que rencontre cette dernière. Et s’il nous paraît essentiel de lutter en ce sens, c’est notamment parce que le nucléaire constitue, du moins en France, un pilier majeur de l’Etat et du capital, des structures sociales que nous voulons abattre. Parce que la société telle qu’elle est nous est insupportable, parce qu’en finir avec la société capitaliste et industrielle est impossible tant qu’existe le nucléaire, nous choisissons, comme d’autres avant nous, d’attaquer cette industrie stratégique. Lire la suite de l’édito et le sommaire
Dans la nuit du 8 octobre, le siège social de Latécoère à Toulouse (Quartier Roseraie) a vu ses vitres étoilées et sa façade maculée de peinture rouge. Avec un gros tag « Fabrik de mort ».
Dans le vieux cimetière de Ramonville, la tombe de Pierre-Georges Latécoère, fondateur de l’entreprise, a aussi été tachée à la peinture rouge et tagguée « Assassin » et « Vendeur de mort ».
Ces actions symboliques répondent à l’appel « à agir contre le militarisme et le nationalisme » issu du salon du livre anarchiste des Balkans 2024 (on met le texte à la fin de cet article).
Pour les raisons qui nous ont fait viser cette entreprise, on peut lire ce texte.
Sabotons leurs chemins de guerre Indymedia Lille, 4 octobre 2024
La nuit du 3 au 4 Octobre 2024, nous avons saboté les voies ferrées au départ de Toulouse en direction sud -sud-ouest . Un tag a été laissé a proximité « Sabotons leurs chemins de guerre ».
Les chemins des guerres néolibérales traversent tous les pays grâce aux chemins de fer.
La guerre impériale se construit ici en Europe. L’infrastructure des transports est une base essentielle de son déploiement.
La TSI (Transatlantic Security Initiative) dans le cadre de son programme européen de mobilité militaire a produit un rapport en avril 2020. L’objectif est d’augmenter la capacité de fret et de connection digitale intra et extra européenne. Ce rapport se traduit par de nouveaux accords entre les sociétés ferroviaires et les entreprises militaires. Lire la suite
(Colombelles) Contribution aux journées d’action transnationales contre le militarisme et le nationalisme
Dans le cadre des journées d’action transnationales contre le militarisme et le nationalisme proposées à l’issue du salon du livre anarchiste des Balkans 2024, nous avons choisi d’attaquer un point de l’alimentation électrique du pôle technologique « Effiscience » à Colombelles (France). Nous avons incendié un poste électrique sur le site pour essayer de mettre à l’arrêt plusieurs entreprises :
Safran Data Systems qui fait de la recherche et de l’innovation de
télémesure depuis des satellites à usage militaire et vend ses
technologies à diverses armées. Lire la suite
Voici ci-joint le nouveau numéro (n°8) de Soleil Noir. Il y est question de la révolte en Kanaky, d’opposition à la guerre, de critique du maoïsme ou encore du nationalisme, du contexte électoral et d’un rappel sur ce que fût le Front populaire pour les exilé-es ou encore de la nouvelle réforme du chômage alors suspendue au moment de la rédaction (pour combien de temps ?). Tout cela est complété par des textes plus théoriques ou poétiques, ou encore une présentation d’André Léo, cette communarde féministe et solidaire de la paysannerie, sans oublier les fameux fragments de révolte.
Il est possible que ce soit la dernière mouture de Soleil Noir.
Débutée comme une aventure individuelle en 2020 au moment du confinement, elle était aussi un appel à devenir collective. Ce qu’elle fût. Or, de numéros en numéros, l’aventure s’est de nouveau rétrécie ces derniers temps, marquant peut-être le temps de passer à autre chose. A bientôt toutefois, sous cette forme ou une autre, pour continuer d’alimenter nos révoltes et nos désirs de détruire le vieux monde.
Vive l’anarchie !
[On peut retrouver les sept premiers numéros de Soleil noir par ici]
Une vie passée devant le trou de la serrure n’est-elle pas bien misérable ? Une vie à lorgner ce que les autres font, à écouter en cachette ce que les autres disent. Une vie de voyeurs, qui s’évertuent à arracher des morceaux d’autres existences, de personnes qu’ils ne sont même pas en mesure de connaître dans leur complexité, mais dont ils violent l’intimité sans aucun scrupule. Il y a ceux qui le font derrière un buisson, ceux qui le font avec l’aide d’un micro caché, ceux qui le font planqués derrière un écran. Et il n’est pas dit que les premiers soient les pires. Au moins, leur passion n’est-elle pas exempte de risques. Pour la satisfaire, ils mettent presque toujours leur peau en danger. Mais que dire des autres, de ceux qui doivent presser un simple bouton et installer une antenne pour envahir en toute tranquillité les émotions et les sensations de leurs cibles ? Lire la suite