[Reçu par mail, 3 octobre 2024]

Voici ci-joint le nouveau numéro (n°8) de Soleil Noir. Il y est question de la révolte en Kanaky, d’opposition à la guerre, de critique du maoïsme ou encore du nationalisme, du contexte électoral et d’un rappel sur ce que fût le Front populaire pour les exilé-es ou encore de la nouvelle réforme du chômage alors suspendue au moment de la rédaction (pour combien de temps ?). Tout cela est complété par des textes plus théoriques ou poétiques, ou encore une présentation d’André Léo, cette communarde féministe et solidaire de la paysannerie, sans oublier les fameux fragments de révolte.
Il est possible que ce soit la dernière mouture de Soleil Noir.
Débutée comme une aventure individuelle en 2020 au moment du confinement, elle était aussi un appel à devenir collective. Ce qu’elle fût. Or, de numéros en numéros, l’aventure s’est de nouveau rétrécie ces derniers temps, marquant peut-être le temps de passer à autre chose. A bientôt toutefois, sous cette forme ou une autre, pour continuer d’alimenter nos révoltes et nos désirs de détruire le vieux monde.
Vive l’anarchie !
[On peut retrouver les sept premiers numéros de Soleil noir par ici]
Une vie passée devant le trou de la serrure n’est-elle pas bien misérable ? Une vie à lorgner ce que les autres font, à écouter en cachette ce que les autres disent. Une vie de voyeurs, qui s’évertuent à arracher des morceaux d’autres existences, de personnes qu’ils ne sont même pas en mesure de connaître dans leur complexité, mais dont ils violent l’intimité sans aucun scrupule. Il y a ceux qui le font derrière un buisson, ceux qui le font avec l’aide d’un micro caché, ceux qui le font planqués derrière un écran. Et il n’est pas dit que les premiers soient les pires. Au moins, leur passion n’est-elle pas exempte de risques. Pour la satisfaire, ils mettent presque toujours leur peau en danger. Mais que dire des autres, de ceux qui doivent presser un simple bouton et installer une antenne pour envahir en toute tranquillité les émotions et les sensations de leurs cibles ? 


Les rats de bibliothèque qui tomberaient sur les dossiers de l’Archive d’Etat à Rome pourraient bien faire une découverte plutôt bizarre. Dans un des dossiers sur Paolo Schicchi, ils se retrouveraient à un certain moment avec une des premières pages d’un vieux numéro de L’Adunata dei Refrattari, hebdomadaire anarchiste publié à New-York, comportant un trou au milieu, de forme carrée. Eh ?! Qu’est-ce que c’est que ce truc ? La réponse se trouve dans le document suivant, un papier de la police fasciste de l’époque. L’Adunata avait publié une photo récente de l’anarchiste sicilien, alors en vadrouille à travers l’Europe pour tramer contre Mussolini. Parce que la photo de Schicchi présente dans les archives de la préfecture de police était plutôt vieille, remontant à la fin du siècle précédent, il avait été demandé de procéder à la reproduction immédiate de celle publiée dans le journal anarchiste. Des centaines et des centaines de copies de cette photo (dont plusieurs exemplaires se trouvent dans ce même dossier) ont donc été imprimées pour les distribuer aux infiltrés, balances et nervis du régime dispersés à travers tout le vieux continent. Un truc de dingue ! La police fasciste n’avait pas le signalement de Schicchi, et ce sont les anarchistes qui le lui ont fourni ! Merde, quelle erreur terrible ! Il ne nous semble pas que l’arrestation de Schicchi en 1930 soit attribuable à cette photo, mais en vrai, l’Adunata aurait pu se passer de ce coup là.





On vient d’apprendre le décès par auto-immolation d’un tractopelle se trouvant sur le chantier du 39, rue des deux communes à Montreuil la semaine dernière.
