Archives de catégorie : Répression

Nanterre (Hauts-de-Seine) : l’Etat se venge de l’incendie de son sanctuaire

Emeutes après la mort de Nahel : un jeune de 19 ans condamné à deux ans de prison ferme pour l’incendie du tribunal d’Asnières
France Info/Le Figaro, 8 février 2024

Le parquet avait requis une « punition ». Le tribunal de Nanterre a condamné, dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 février, un jeune de 19 ans à deux ans d’emprisonnement ferme pour avoir incendié le tribunal d’Asnières (Hauts-de-Seine) lors d’une nuit d’émeutes après la mort de Nahel, fin juin 2023. Le jeune majeur a écopé de cinq ans d’emprisonnement, dont trois assortis d’un sursis probatoire avec obligation de travailler et de suivre un stage de citoyenneté. Ses deux coprévenus, tous deux âgés de 20 ans, ont été relaxés.

Quelques heures plus tôt, le ministère public avait requis jusqu’à cinq ans de prison ferme contre les trois jeunes. « Que faut-il à cette jeunesse pour qu’elle comprenne qu’il y a des sanctuaires ? », s’était-il interrogé. Selon l’avocate de l’agent judiciaire de l’État, les dégâts causés se chiffrent «à des millions d’euros». Depuis les faits, les activités du tribunal de proximité ont été délocalisées à Colombes pour une durée prévisionnelle de quatre ans.
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Paris : les péniches des Jeux Olympiques et des bourges sur le grill [MàJ]

Quatrième incendie de péniches à Paris : qui en veut au Petrus III ?
Le Parisien, 27 janvier 2024 (extrait)

Une torche à la main, Gérard éclaire ce qu’il reste de l’intérieur de sa vedette hollandaise, amarrée au bout du port de l’Arsenal, quai de la Bastille (Paris XIIe). Bris de verre, suie, odeur de brûlé… Le Petrus III est désormais entouré de barrières. Pour la seconde fois de la semaine, il a été la cible d’une main incendiaire, dans la nuit de vendredi à samedi.

Mais cette fois, les dégâts sont considérables. Qui en veut donc tant au Petrus III, prisé des stars, et retenu pour participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, comme le confirme Paris 2024 ? « J’aimerais bien le savoir, et voir cette personne droit dans les yeux », nous répond Gérard, le propriétaire, venu avec sa fille ce samedi 27 janvier au matin pour constater l’ampleur des dégâts.
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Les accusé.es de l’affaire du 8 décembre font appel

[Note : le détail du délibéré de la seizième chambre du tribunal correctionnel de Paris rendu le 22 décembre 2023 contre les sept accusé.e.s en anti-terrorisme de l’affaire du 8/12 se trouve ici]


Appel de la décision de justice

Les six inculpé.es condamné.es à du sursis probatoire et à l’inscription au FIJAIT font appel de la décision de justice. Cinq d’entre elleux ont une peine ferme aménageable en bracelet électronique avec exécution provisoire (de 8 à 12 mois), ce qui signifie que l’appel n’est pas suspensif de leur peine.

Seul l’inculpé qui écope de 2 ans avec sursis simple sans inscription au FIJAIT ne fait pas appel.

Lors des rendez-vous avec la juge d’application des peines anti-terroriste (JAPAT) du 15 et du 22/01/24, cette dernière a décidé de suspendre la peine ferme aménageable en bracelet des cinq condamné.es concerné.es, considérant que l’appel est suspensif, malgré l’exécution provisoire requise. En temps normal, la mention d’exécution provisoire est ajoutée à la peine (prononcée ici par la juge Roux) pour empêcher justement que l’appel suspende la peine à exécuter.
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Barcelone (Espagne) : espionnage et vidéosurveillance devant la maison de compagnonnes anarchistes

Traduit de l’espagnol de barcelona.indymedia, 1er janvier 2024

Le 22 décembre dernier dans le quartier de Gracia (Barcelone), la police a installé une caméra de vidéosurveillance devant la maison de quelques compagnonnes anarchistes. La caméra était située sur le côté du toit d’un restaurant, juste en face de la maison en question. Elle était protégée par un boîtier en verre foncé et pointait directement vers la porte de la maison squattée des compas (comme on peut le voir sur la photo), raison pour laquelle il est impossible de croire qu’il s’agissait d’une mesure de « sécurité » du restaurant, qui dispose déjà de son propre système de « sécurité ». Le restaurant a refusé de donner des explications cohérentes à ce propos.

Il faut dire que les compagnonnes ont été arrêtées le 23 août dernier, accusées d’avoir participé aux actions de la manifestation du 1er mai. Il s’agit d’une affaire répressive gérée par la Brigade de l’extrémisme violent des Mossos d’Esquadra, une brigade des services de renseignement qui s’est désormais spécialisée contre les anarchistes. Après des mois d’enquête, les compas ont été arrêtées devant chez elles et, depuis lors, des membres de la police secrète ont été aperçus aux alentours de l’immeuble.

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Toulouse : un compagnon anarchiste arrêté le 20 décembre [MàJ]

Mise à jour (Indy Nantes, 2 janvier)
Pour écrire au compagnon anarchiste arrêté à Toulouse le 20 décembre 2023 et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses (jusqu’à son procès le 1er février), adresser un mail à lettreaucompagnon@riseup.net
Il comprend l’Occitan, le Francais, l’Espagnol, le Catalan, l’Anglais et l’Italien. Il est bienvenue de faire circuler cette adresse mail et sa demande de recevoir du courrier, à condition que la diffusion de l’adresse ne soit pas accompagné d’un discours innocentiste.


Un compagnon anarchiste arrêté à Toulouse le 20 décembre
Indymedia Nantes, 27 décembre 2023

Arrêté lors d’une manifestation contre la loi des retraites le 6 juin dernier, il avait comparu libre devant le tribunal début juillet. Le compagnon avait été condamné à 10 mois de sursis, 5 ans d’interdiction de manif en Occitanie, et de lourdes amendes et des dédommagements pour les flics.

Le 20 décembre 2023, il a été arrêté dans un parc, par des flics en civil (l’ayant apparemment suivi à vélo) et qui lui ont annoncé un mandat de recherche le concernant. L’avocate qui avait défendu les flics lors du procès en juillet aurait dit qu’à la sortie de ce procès, elle a été bousculée et elle accuse le compagnon. Lors de sa garde à vue il lui a été quasi impossible de rencontrer un.e avocat.e, la plupart des commis.es d’office refusant probablement de défendre un client contre une de leur consoeur.

Le vendredi 22 décembre, après son déferrement et une nuit passée à la maison d’arrêt, il a comparu devant le tribunal. Le compagnon a demandé un délai pour préparer sa défense. La juge a décidé de le placer en détention provisoire jusqu’à son procès, qui aura lieu le 1er février au tribunal de grande instance de Toulouse.Le compagnon est donc aujourd’hui incarcéré à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses.

Nous tenons à lui souhaiter force et détermination.

Les barreaux n’arrêteront ni notre rage, ni notre solidarité !

Paris : 23 années de taule distribuées contre les sept accusé.es de l’affaire du 8 décembre

[Note : Pour saisir la longue construction à charge de la DGSI et du Parquet national anti-terroriste (PNAT) contre les accusé.es de l’affaire du 8 décembre (notamment Libre Flot) et suivre leur défense devant les juges, des compte-rendus détaillés de la douzaine d’audiences du 3 au 27 octobre sont disponibles sur le Blog des comités du 8 décembre. On peut les lire ici. Le réquisitoire du parquet anti-terroriste se trouve là.
Le délibéré de la seizième chambre du tribunal correctionnel de Paris, vient de tomber aujourd’hui 22 décembre : condamnations pour « association de malfaiteurs terroriste » (avec inscription au fichier dédié, Fijait) et des peines de prison sans réincarcération immédiate (sursis probatoire de trois ans) ou avec aménagement possible du ferme restant à effectuer après la préventive (bracelet électronique).

  • Florian – 5 ans dont 30 mois avec sursis probatoire. Fijait.
  • Simon – 4 ans dont 25 mois avec sursis probatoire. Fijait.
  • William – 3 ans dont 20 mois avec sursis probatoire. Fijait.
  • Bastien – 3 ans avec sursis probatoire. Fijait.
  • Camille – 3 ans dont 2 ans avec sursis probatoire. Fijait.
  • Manuel – 3 ans dont 15 mois avec sursis probatoire. Fijait.
  • Loïc – 2 ans de sursis simple. Pas de Fijait.
  • Tous ont aussi interdiction de porter une arme pendant dix ans. Et tous se voient frappés d’une interdiction d’entrer en contact les uns avec les autres toute la durée de leur peine.
  • Concrètement, cela donne aussi : F, 8 mois sous bracelet ou en détention en fonction du JAP / S, 12 mois sous bracelet / W, 12 mois sous bracelet / C, 8 mois sous bracelet / M, 11 mois sous bracelet.
  • S’agissant de l’inscription au Fijait, cela signifie l’obligation de pointer tous les 3 mois au comico et de demander l’autorisation pour sortir du territoire français pendant 10 ans. L’inscription au Fijait est de 20 ans.

Ultragauche : sept sympathisants condamnés à des peines allant jusqu’à deux ans et demi de prison
Le Monde/AFP, 22 décembre 2023

Sept sympathisants d’ultragauche jugés pour association de malfaiteurs terroriste ont été condamnés, vendredi 22 décembre par le tribunal correctionnel de Paris, à des peines allant de deux ans de prison avec sursis à cinq ans de prison dont trente mois avec sursis probatoire.
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Saint-Jory (Haute-Garonne) : l’amitié jusqu’au bout de la nuit

Leur ami détenu, ils tentent de mettre le feu à la gendarmerie
France3/La Dépêche, 20 décembre 2023

Trois individus, tous âgés de 18 ans, ont été appréhendés par les gendarmes de la section de recherches, assistés par la brigade de recherches de la compagnie Toulouse Saint-Michel, pour leur implication présumée dans l’incendie criminel de la gendarmerie de Saint-Jory.

Cette affaire démarre le soir d’Halloween. Peu avant minuit, une dizaine de personnes vêtues de sombre, avec des masques, des cagoules ou des capuches lancent des « mortiers » en direction des forces de l’ordre. L’un des suspects est interpellé puis placé dans une cellule de garde à vue.

Quelques minutes après cette arrestation, ses amis auraient décidé de lui rendre visite. Au milieu de la nuit du 31 octobre, trois personnes se faufilent par l’arrière de la caserne de gendarmerie. Le visage dissimulé par des capuches, ils traversent les logements jusqu’à se rapprocher des geôles. Leur camarade se trouve toujours à l’intérieur mais impossible de l’aider.
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Santiago (Chili) : Francisco condamné à 86 années de taule et Mónica à 12 ans + leurs déclarations devant les juges

Traduit de l’espagnol de informativo anarquista, 8 décembre 2023

Aujourd’hui 7 décembre 2023, la 6e Cour pénale orale de Santiago a décidé de prononcer de longues peines contre la liberté de nos compagnon.nes, tentant de frapper et d’enterrer dans le béton les idées et les pratiques anarchistes avec cette sentence gerbante. En détail, les condamnations sont les suivantes :

Mónica Caballero a été condamnée à 12 ans de prison, pour complicité dans la double attaque explosive contre l’immeuble Tánica en février 2020.

Francisco Solar a été condamné à un total de 86 ans de prison. Cela concerne : deux envois de colis piégés (à la caserne 54 des carabiniers, blessant huit d’entre eux, et à l’ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense Rodrigo Hinzpeter, en juillet 2019) : 12 ans + 12 ans. Un chef d’accusation de tentative d’homicide sur des carabiniers : 15 ans. Un délit de blessures graves contre un carabinier : 6 ans. Un délit de blessures moins graves : 600 jours. Cinq délits de blessures légères : 100 jours (pour chacun d’entre eux), soit 500 jours. Un délit de dommages aggravés (la caserne) : 818 jours. Un chef d’accusation pour tentative d’homicide contre Hinzpeter : 12 ans. Deux délits de pose d’un engin explosif (Tánica) : 12 ans + 12 ans.

On saura dans les prochains jours si l’une ou l’autre des parties de la défense fait appel des condamnations, sinon il n’y aura pas de modification des peines imposées par les juges.

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Les bouffons constitutionnels et les mouchards électroniques

Il y a quelques jours, entre l’adoption définitive de la loi dite « Plein emploi » (avec ses 15 heures d’activité hebdomadaire obligatoire pour les bénéficiaires du RSA) et celle en cours d’examen contre les immigrés et les demandeurs d’asile *, les progressistes en toge et en cravate ont fini par trouver un petit motif de satisfaction. Ouf, enfin une victoire des libertés formelles sur la raison d’Etat, enfin de quoi continuer à défendre coûte que coûte les institutions de la domination, qui après tout comportent aussi quelques garde-fous bien méritoires contre l’injustice.

C’est en effet jeudi 16 novembre que le Conseil constitutionnel a rendu sa décision à propos de la fameuse « loi Justice » du 11 octobre dernier, en décidant notamment d’invalider l’article 6 qui permettait l’activation à distance judiciaire de tout appareil électronique à l’insu de son possesseur, afin de procéder à des sonorisations et des captations d’images par les flics. Ce qui nous donne d’un côté un président du Conseil national des barreaux de France se disant «particulièrement satisfait », et d’un autre la déception du syndicat policier Alliance, qui attendait impatiemment de pouvoir mettre en œuvre « cette disposition de bon sens et primordiale pour lutter contre la moyenne délinquance comme contre le haut du spectre de la criminalité». Voilà pour le spectacle démocrate.
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Hambourg (Allemagne) : l’État ne lâche pas l’affaire contre la compagnonne du Banc Public

[La procédure en cassation (nommé « révision » en allemand) du procès dit du Banc Public contre trois anarchistes de Hambourg, a connu un nouveau rebondissement. En juin 2022, la Cour fédérale de justice (BGH) avait confirmé la condamnation de novembre 2020 à 22 et 19 mois de prison ferme contre les deux compagnons, supérieure à leur détention préventive, les conduisant à purger ce reliquat carcéral du printemps à l’été dernier. Quant à la compagnonne, sa peine de 20 mois de taule avait été suspendue en début d’année. Mais c’était sans compter sur la soif de représailles du procureur général…]


Libération conditionnelle annulée contre la compagnonne anarchiste dans le procès dit du Banc Public
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 16 novembre 2023

Après que la peine de prison contre la compagnonne dans le procès dit du Banc Public ait été suspendue au début de cette année, le procureur général Schakau, dans sa soif de représailles, n’a bien sûr pas pu lâcher l’affaire et a de nouveau fait appel. Cette procédure en cassation (« révision ») a maintenant été acceptée par la Cour fédérale de justice lors d’une audience. Cela signifie que dans un avenir encore inconnu, il y aura un nouveau procès devant le tribunal de grande instance de Hambourg, au cours duquel il sera décidé une nouvelle fois si la peine de 20 mois de prison prononcée à son encontre est assortie d’un sursis ou non.

Après que les deux autres compagnons aient entièrement purgé leur peine de prison au cours de l’été, nous devons continuer à attendre un jugement définitif pour la compagnonne.

Nous affrontons cette période d’attente épuisante ensemble et continuerons à faire ce chemin solidairement !

Force et rage !
Liberté et bonheur !

Strasbourg (Alsace) : l’État continue de se venger contre les émeutiers

Emeutes: quatre ans ferme pour avoir incendié une mairie
de quartier à Strasbourg

AFP, 16 novembre 2023

Un jeune homme de 19 ans a été condamné jeudi à quatre ans de prison ferme pour des dégradations commises à Strasbourg lors des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, dont l’incendie d’une mairie de quartier.

Interpellé mardi [14 novembre] au terme d’une enquête qui a permis de l’identifier sur des images de vidéosurveillance et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, ce jeune homme sans casier judiciaire a été jugé en comparution immédiate après sa garde à vue. Le tribunal de Strasbourg l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire durant trois ans avec obligation de travail et obligation d’indemniser les parties civiles.

Le 29 juin, le jeune homme avait formé des barricades, tiré sur les forces de l’ordre avec des mortiers et, en compagnie d’autres personnes, était entré par effraction dans la mairie de quartier Neuhof-Meinau. Il avait mis le feu à de l’essence déversée par un autre émeutier, puis avait volé un drapeau de la France. Les dégâts sont estimés à 800.000 euros, a souligné l’avocat de la mairie et de l’Eurométropole de Strasbourg, Me Gauthier Bautz.
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Lecce (Italie) : un mouchard GPS sous la voiture d’un compagnon

Trouvaille
Traduit de l’italien de Disordine, 9 novembre 2023

L’Etat ne t’abandonne jamais.

Mardi 7 novembre à Lecce, nous avons découvert un mouchard GPS sous la voiture d’un compagnon. Le dispositif était alimenté avec des piles et placé sous la carrosserie du véhicule, à l’arrière, juste après le pare-choc, fixé avec de puissants aimants.

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Mont-de-Marsan (Landes) : gare aux flics en civil dans les tribunaux…

Mont-de-Marsan : sept gilets jaunes condamnés pour avoir tenté d’incendier l’Urssaf et la direction des impôts
France Bleu, 6 novembre 2023

Les faits remontent au 4 février 2019, avec à chaque fois le même mode opératoire : des pneus ont été incendiés à l’entrée des bâtiments de la direction départementale des finances publiques et de l’Urssaf. L’Urssaf avait d’ailleurs été particulièrement touchée, avec une porte d’entrée et un sas détruits, et des bureaux rendus inutilisables par la fumée, soit plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts [et plus précisément 390 000 euros de dégâts et quatre jours de fermeture].

Si les enquêteurs sont parvenus à remonter jusqu’à ces sept personnes, c’est notamment grâce à une conversation qu’ils ont surpris le lendemain des faits. En effet, le 5 février 2019, un autre sympathisant du mouvement des gilets jaunes est jugé par le tribunal de Mont-de-Marsan. Cet homme est accusé d’avoir participé à une action coup de poing qui a eu lieu un mois plus tôt devant la préfecture des Landes. Une manifestation non déclarée qui avait failli dégénérer.
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Ton téléphone est un mouchard. L’exemple du mouvement des gilets-jaunes

[Note : la reproduction des deux articles de presse de gôche ci-dessous constitue un complément contre-informatif à l’analyse du rapport annuel de la Commission nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR), qui avait été publiée ici sous le titre Le chiffre du jour : 89 502 mesures d’espionnage préventif.]


En pleine crise des « gilets jaunes », jamais une surveillance aussi massive n’avait été déployée
Le Monde, 10 octobre 2023

Dans « Le Côté obscur de la force », qui paraît chez Flammarion mercredi 11 octobre, le journaliste Vincent Nouzille propose une enquête fouillée sur ce qu’il appelle les « dérives du ministère de l’intérieur et de sa police ». « Le Monde » publie en avant-première des extraits concernant le mouvement social qu’a connu la France en 2018

C’est un secret d’Etat jusque-là bien préservé que nous dévoilons ici : en pleine crise des « gilets jaunes », les services de renseignement français ont mis sur écoute et géolocalisé des milliers de manifestants. Jamais une surveillance aussi massive n’avait été déployée. Jamais autant d’individus en même temps n’avaient été concernés. Jamais de tels moyens techniques n’avaient été combinés pour savoir où des citoyens allaient se rendre, et tenter d’interpeller en amont ceux qui étaient suspectés, à tort ou à raison, de s’apprêter à commettre des violences.
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Paris : le parquet anti-terroriste réclame 6 ans ferme contre Libre Flot

Périgueux (Dordogne), 12 octobre 2023

[Note : Pour comprendre la longue construction à charge de la DGSI et du Parquet national anti-terroriste (PNAT) contre les accusé.es (notamment Libre Flot) et suivre leur défense devant les juges, des compte-rendus détaillés de la douzaine d’audiences qui ont eu lieu depuis le 3 octobre sont disponibles sur le Blog des comités du 8 décembre. On peut les lire ici. Le délibéré a été fixé par le tribunal au 22 décembre prochain.]


Procès pour terrorisme d’ultragauche : jusqu’à six ans de prison ferme requis pour les sept personnes jugées
Le Monde, 26 octobre 2023

Les procureurs ont ciblé Florian D., un combattant revenant du Kurdistan syrien [Rojava], en tant que cerveau, moteur et animateur du groupe dit du « 8 décembre 2020 ». Il est le seul des prévenus dont le Parquet national antiterroriste réclame le retour en détention.

Sans lui, les six autres prévenus ne seraient pas sur le banc des accusés. Cette affirmation, les deux représentants du ministère public l’ont répétée à plusieurs reprises lors de leur réquisitoire à deux voix qui a duré près de cinq heures, mercredi 25 octobre, au procès du groupe d’ultragauche du « 8 décembre 2020 » jugé pour « association de malfaiteurs terroriste ». « Il ne s’agit pas d’une procédure portant sur une organisation armée mais sur un homme [Florian D.] revenant du Rojava (le Kurdistan syrien) et qui, fort de son expérience militaire, a eu pour objectif de former une milice armée en France dans le but de mener des actions de guérilla en agrégeant des proches qui adhéraient à son projet », a assuré le procureur du Parquet national antiterroriste (PNAT).
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