
[Trouvé sur Indymedia Nantes, 20 octobre 2023]
Florilège des révoltes suite à l’assassinat de Nahel, A5, 60 p. septembre 2023
Introduction
Suite à l’exécution de Nahel par les flics lors d’un contrôle routier le 27 juin 2023, des révoltes ont embrasé les nuits de la France entière. Ce qu’il s’est passé, les traces que ces quelques nuit sont laissées, sont inoubliables pour chacun-e les ayant vécues. Pour que l’on puisse transmettre ces histoires, ces ressentis, il faut y mettre des mots, faire des récits. C’est grâce à de multiples textes, initiatives,auxquels cette chronologie prétend modestement participer, que l’on peut arracher au récit du pouvoir ces actes révoltés, et en tirer nos propres bilans dans l’espoir que ça recommence et que la prochaine fois ça aille plus loin dans la remise en cause de ce monde de domination.
Quand il se passe ce que j’ai l’impression d’avoir attendu depuis toujours – pas juste les bras croisés dans une attente passive, mais ce pourquoi je me bouge à peu près quotidiennement dans l’espoir de rencontrer des complices qui partagent ma rage, ce pourquoi je tente de faire des trucs qui pourraient résonner dans le cœur d’inconnu‑es- je me sens partie prenante de la révolte, à la première personne,et j’ai envie d’y porter mes rêves de liberté. C’est pour ça que je suis descendue dans la rue qui grondait sous mes fenêtres, et même si je suis a priori pas la plus représentative des émeutièr-es, j’ai envie de participer à faire vivre ces émeutes et m’en nourrir.
(Pour lire la suite… imprimer le PDF)
Note : les chronologies utilisées par les auteur.es de la brochure font l’objet de mises à jour régulières sur ce site, en les complétant « à l’envers » avec des attaques qui n’avaient alors pas été portées à notre connaissance, mais le deviennent suite aux vagues d’arrestations ou de procès post-émeutes qui n’ont malheureusement pas cessé depuis juin.

Dans la nuit du 19 au 20 novembre, nous avons attaqué l’alimentation électrique de deux sites de production du groupe Aubert et Duval :





Il y a quelques jours, entre l’adoption définitive de la loi dite « Plein emploi » (avec ses 15 heures d’activité hebdomadaire obligatoire pour les bénéficiaires du RSA) et celle en cours d’examen contre les immigrés et les demandeurs d’asile *, les progressistes en toge et en cravate ont fini par trouver un petit motif de satisfaction. Ouf, enfin une victoire des libertés formelles sur la raison d’Etat, enfin de quoi continuer à défendre coûte que coûte les institutions de la domination, qui après tout comportent aussi quelques garde-fous bien méritoires contre l’injustice.
Comme vous le savez peut-être, pour construire une autoroute, on doit couper des arbres. Ils ne tombent pas tout seul, depuis des décennies qu’ils plongent leurs racines embêtantes dans une terre hostile pleine de trucs vivants et grouillants. Fort heureusement, des entreprises spécialisées s’en occupent, et le monde va mieux.